Seix: du château au centre d'interprétation
C’est au cœur des Pyrénées ariégeoises, dans l’écrin de verdure du Haut-Couserans, que le château de Seix avec ses deux tours, son échauguette et son mur d’enceinte, domine les toits de ce petit village et rappelle aux visiteurs qu’il occupait encore jusqu’à une époque récente, un emplacement stratégique sur la route des cols transpyrénéens: passage des convois muletiers, contrôle des douaniers ou surveillance des garnisons militaires.
Déjà Charlemagne avait confié aux habitants de Seix, dont la devise était «Soum de Seich, Cap de Paur» (je suis de Seix, jamais peur), la garde de la frontière, en contrepartie, ils pouvaient porter les armes et jouissaient d’un statut privilégié. La construction du « château du Roy », antérieur à l’actuelle bâtisse, autrefois édifié sur la terrasse supérieure, faisait partie d’un système de défense de la vallée, dont les ruines des forteresses de Mirabat et de la Garde restent encore le témoignage. Le château que l’on connaît aujourd’hui n’aurait été édifié qu’aux alentours du XVe siècle: au-delà du rôle militaire, il s’agit d’une véritable maison-forte avec tours et meurtrières, entourée de murs, réunissant au nord et au sud deux tourelles aux toits d’ardoise.
La partie quadrangulaire du bâtiment, sans doute des XVI et XVIIe siècles servait d’habitation et a été remaniée au fil des siècles pour répondre aux exigences de la mode en matière d’architecture ou aux besoins croissants de confort : ainsi certaines fenêtres ont été agrandies au XIXe pour augmenter l’éclairage des pièces habitées. Les plus anciens témoignages historiques de l’occupation du château datent du XVIe siècle puisqu’à cette époque il abritait les consuls de la ville puis il devient la propriété d’une famille noble d’origine italienne, les vicomtes de Casa Balbi, qui l’occupera jusqu’au milieu du XXe siècle.
La famille de Balby dont ont distingue le blason au-dessus de la porte d’entrée du château de Seix vient de Calabre. En effet, René de Balby est appelé par le roi d’Aragon, en 1391, afin de défendre les droits hérités de Gaston Fébus, sur le comté de Foix. Il épouse Hyacinthe de Lomagne, fille du Vicomte du Couserans et l’un de leurs descendants s’installe au château de Seix.
Dans les années 1990, le château est racheté par la Communauté de communes du Canton d’Oust, inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1994, il abrite désormais un centre d’interprétation du patrimoine réalisé avec le soutien financier du département de l’Ariège, du conseil régional Midi-Pyrénées et de l’Europe.
Une restauration intelligente et une muséographie adaptée, font du centre d’interprétation des vallées du Haut-Salat un outil patrimonial indispensable pour mieux connaître et appréhender la forte tradition agricole et pastorale de la région, le paysage marqué par les échanges transfrontaliers, les hommes d’hier et d’aujourd’hui qui vivent en osmose avec ce territoire préservé des trois vallées du Salat, du Garbet et de l’Alet. A la différence des musées et de leurs collections artistiques ou ethnographiques, un centre d’interprétation a pour vocation d’offrir aux visiteurs à travers des expositions interactives, des maquettes multimédia, des projections… des animations qui lui permettront de découvrir et de s’approprier, fut-ce le temps d’une visite, la vie dans les vallées du Haut-Couserans, un espace authentiquement montagnard. Château de Seix Centre d’interprétation du Haut-Salat: 05 34 14 02 11 Accessible aux personnes en situation de handicap
Photos: ©AriegeNews 2006 Office du tourisme du Haut-Couserans: 05 61 96 00 01 http://www.haut-couserans.com/ |