Appelez-moi Mady �
Mady de la Giraudière est un peintre mondialement connu, ses tableaux sont accrochés aux cimaises des plus grands musées.
A travers ses toiles c’est un peu de son Ariège natale qui fait le tour du monde. Elle nous a reçus dans son intérieur en toute simplicité, entourée de ses animaux familiers (ses chats, Nokia son boxer ou Chapatouf représenté devant sa cheminée) et des souvenirs plein la tête.
«Ma tête est comme un grenier, peut être pas aussi poussiéreux mais plein de souvenirs, ainsi mes tableaux d’été les plus réussis, je les ai peints en hiver et vice versa»
Mady de la Giraudière est un des plus célèbres peintres naïfs de son temps mais nous n’aborderons pas ici l'art naïf ni même le style pictural figuratif, la minutie apportée aux détails, l'emploi de couleurs gaies (en aplats) ou de sujets populaires (paysages campagnards, costumes folkloriques, animaux domestiques).
La peinture de Mady se ressent, on l’aime ou pas. Et quand on évoque son travail, elle répond dans un sourire «je tchaoupine…» Pourtant, s’il est bien quelque chose que notre ariégeoise prend au sérieux, c’est bien la peinture.
«dans la vie il y a trois choses que j’aime faire : conduire ma voiture, faire la cuisine et surtout peindre. Je peins tous les jours et toujours avec le même plaisir… je ne peux pas m’en passer !» et Mady d’ajouter «pour être peintre, il faut être très sérieux, je ne prends pas grand-chose au sérieux, sauf mon travail»
Et son talent est à la mesure de sa gentillesse et de sa simplicité. De plus c’est un être solaire qui rayonne d’ondes positives et de bonne humeur, tout cela elle le partage généreusement… et pour qui veut bien l’écouter, elle sait raconter de belles histoires.
«La première fois que j’ai peint, j’avais 5 ans et c’était le portrait de mon père et de ma mère que j’ai représenté en pieds (en montant sur les barreaux de mon lit) sur la tapisserie toute neuve de ma chambre.
A l’époque je n’avais pas de crayons de couleur et c’est avec un tube de rouge à lèvres de maman que j’ai réalisé cette première œuvre…/…/… maman était furieuse mais papa m’avait compris, lui… c’était le représentant direct du Bon Dieu sur terre ! …/…/… mes parents voyageaient beaucoup et pour se faire pardonner, ils me rapportaient des boîtes de crayons de couleur.
Je n’arrivais pas à les entamer, elles étaient si belles…/…/…c’est une vieille vocation, je n’ai jamais reçu de cours, mon père avait fait un an aux Beaux-Arts mais il avait dû y voir des choses terribles pour m’empêcher d’y aller après mon bachot… pourtant je me voyais bien un grand carton vert sous le bras, une faluche sur la tête, allant boire un pot au Père Léon… pour moi c’était le comble…»
Dans son livre Un si long Chemin, Mady évoque ainsi ce passage décisif de sa vie: «Mais pourquoi ce non catégorique ? C’était pourtant de mon père que je tenais ce don, et c’était bien lui qui m’avait donné ma première boîte de peinture et les autres. Je n’ai pas discuté, non par crainte ou respect, mais par peur de peiner, il était si bon»
Mais qu’importe, elle rencontre peu de temps après le pape des Naïfs, le défenseur des autodidactes, le grand Anatole Jakovsky.
«C’est dans une rue de Toulouse que je rencontre la perle de la chance. Un ami qui connaissait mon goût pour le barbouillage me conseilla vivement d’aller voir, à Paris, une de ses relations, propriétaire de galerie»
Celle-ci lui fait rencontrer le maître, Mady évoque en ces termes leur première rencontre: «j’avais si peur que mes doigts tremblants n’arrivaient pas à dénouer la ficelle remise à la diable autour des toiles. Monsieur Jakovsky, un homme glacial au fort accent roumain, retira pour la nettoyer sa pipe du coin de ses lèvres et me posa une question insolite: Aimez-vous faire la broderie ou la cuisine?
Oui Monsieur, répondis-je sans mentir, en alignant tant bien que mal mes toiles contre les chaises, fauteuils. Il examina longuement mon travail, il a eu le temps de fumer deux pipes puis se tourna vers moi, et me dit: Eh bien la broderie et la cuisine, laissez tomber et faites de la peinture! Mon cœur allait éclater de joie, je rentrais chez moi à Lavelanet et je peignais. Deux ans après sur une cinquantaine de toiles, 28 étaient retenues pour une exposition à Paris»
Mady de la Giraudière est restée depuis cette époque fidèle à la galerie Bénézit… et à l’Ariège car si cette première exposition parisienne lui a donné ce satisfecit indispensable pour sa carrière d’artiste et lui a ouvert les portes du vaste monde, l’Ariège «c’est une racine que j’ai dans le cœur» dit-elle et qui inspire ses tableaux: paysages, montagnes, vieilles pierres sont souvent présents dans ses tableaux.
Mais il y a aussi des œuvres plus intimistes où davantage orientées vers le sacré: ainsi l’exposition qu’elle prépare à La Baule sur de très petits formats ou le Chemin de Croix qu’elle s’apprête à offrir à l’église paroissiale de Lavelanet. Elle s’en explique: « Je rends à Dieu ce qu’il m’a donné» ... et la générosité de Mady n’a pas de limites…
Mady de la Giraudière reçoit sur rendez-vous à Lavelanet au: 05 61 01 03 12
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |