Foire de Printemps de Tarascon: une réussite totale
Les foires de Tarascon sont certainement les plus anciennes de l’Ariège.
Claude Builhes, la mémoire de ces foires, nous indique que tous les actes conservés aux Archives Départementales les font remonter au XIIIe siècle. Tarascon, au carrefour des vallées, lieu de passage obligé entre la plaine et la montagne reliant le comté de Foix à celui de Catalogne et d’Aragon, est devenu très vite un centre d’échanges commerciaux.
Durant les siècles, les échanges s’intensifient, si bien que Tarascon doit agrandir son foirail (1834), construire une halle aux grains (1885) puis une halle aux pommes de terre (1905) ainsi qu’une bascule publique.
Tombées dans l’oubli au siècle dernier, elles sont remises au goût du jour depuis quelques années grâce à l’investissement des bénévoles, du comité des fêtes, de la confrérie des Pastous et de la maire de Tarascon.
Cette année, pour leur VIe édition, on a assisté à un record d’affluence, notamment pour la journée du 8 mai où plus de 25 000 personnes ont arpenté les rues de la cité conduisant au foirail ou à la place Garrigou.
A Tarascon on vient chercher l’authenticité, le contact direct avec les bêtes et les éleveurs, on apprend les recettes du millas ou des croustades, on déguste le pain chaud sorti du four, on renoue avec les métiers ancestraux (forgeron, vannier, couleur de métaux...), on redécouvre les produits locaux, les traditions qui se perdent dans la nuit des temps ou la profondeur des vallées ariégeoises.
Cette année cependant une nouveauté avec une journée dédiée aux chiens en association avec la fédération départementale de chasse de l’Ariège:
des Anglo-français en passant par les griffons Nivernois, les fox terriers, setters, fauves de Bretagne, gascon Saintongeois ou Ariegeois… des meutes splendides sur airs de trompes de chasse: les sonneurs de trompes de Combelongue de Rimont, seule formation de ce genre en Ariège, nous ont fait partager leur entrain à sonner le chevreuil et le lièvre.
Martial Campguilhem de Mercus nous présente ses «Ariégeois» (une race au nom prédestiné) des chiens «fins de nez, parfaitement adaptés aux endroits difficiles, ils sont excellents pour le lièvre mais on peut également s’en servir au sanglier»
Démonstrations de chiens truffiers et de chiens de berger au travail, sous les ordres de Jean-François Calmet éleveur mais également dresseur de chiens; démonstrations avec un troupeau de chèvres et d’oies avec un border-collie puis avec l’australien «Kelpi», fruit d’un croisement exotique d’un chien courant et d’un dingo.
Lundi 7 mai, inauguration officielle de la Foire mais également journée consacrée aux éleveurs, avec la toujours spectaculaire traversée de la ville par les troupeaux, ainsi qu’aux scolaires venus nombreux découvrir cette «ferme grandeur nature»
Les écoles primaires ont assisté à des séances de tonte de moutons, non pas avec des forces mais à la tondeuse électrique et Claude Bourdié, président de l’association des Pastous a pu leur expliquer la vie des bergers au siècle dernier, avec quelques uns de ses objets de collection en bois.
En tant que vitrine des races locales, on retrouve bien entendu une forte représentation de brebis tarasconnaises, reconnaissables à leurs cornes recourbées et leur abondante toison…avant que Jean-Jacques Laffont ne la reconditionne en matelas de laine ou en couvertures dans sa filature de Niaux.
Chaque année les éleveurs de la vallée invitent les éleveurs du groupe Gascon, les chevaux de Mérens et de Castillon, et pour cette VIème édition, des chèvres en provenance des Pyrénées Espagnoles, ou des races endémiques sauvées de justesse.
Ainsi, Gérard Respaud nous fait découvrir la brebis de race «montagne noire» «Elle était en voie de disparition, précise-t-il, nous sommes trois éleveurs du Mas d’Azil a avoir sauvé 1 500 brebis… au contraire des Tarasconnaises, elles n’ont pas de laine mais donnent des gigots très charnus et une qualité de viande persillée…on les reconnaît car elles sont tachetées»
Une journée qui s’est achevée dans un esprit festif avec l’intronisation dans la confrérie des Pastous d’Aimé Delrieu, dit Aimé de Micou, petit hameau au-dessus de Ganac.
Cet honorable centenaire a connu 15 présidents de la République et, outre une parenthèse de cinq années en captivité en Allemagne (il nous explique qu’il a été libéré par les russes), il a vécu toute sa vie d’éleveur sur le canton.
Aussi les foires de Tarascon ne lui sont pas totalement inconnues… mais c’est incontestablement celle dont il gardera le meilleur souvenir!
Mardi 8 mai, compte-tenu de l’affluence, les troupeaux «pomponnés de frais» nous ont offert tôt dans la matinée une nouvelle traversée de la ville sous la houlette de Joseph Bernadac, président de la foire de Tarascon.
Ensuite le traditionnel défilé du 8 mai accompagné par la Lyre Tarasconnaise, remise des récompenses aux éleveurs avant l’apéritif et le repas: d’un côté plutôt agneau de montagne, de l’autre davantage bœuf gascon… il y en avait pour tous les goûts et toutes les chapelles… le slam du groupe «Familia Métissée» place Garrigou et la Chorale Pyrène au repas Gascon.
Pendant trois jours un feu d’artifice d’animations, de dégustations et des souvenirs pleins la tête …
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007
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