Mobilisation contre le nouveau «Plan de redressement» des Papeteries de Lédar à Saint Girons
Plus de 800 personnes formaient le cortège qui s’est rendu, sous l’œil bon enfant des forces de l’ordre, du quartier de Lédar à la mairie de Saint Girons, puis devant la sous-préfecture.
Derrière le projet consistant à réaliser 700.000 euros d’économies équivalent à la suppression de 25 emplois équivalent temps plein, c’est pour les syndicats, la disparition pure et simple de l’usine qui se profile.
La séparation voulue par la Direction Générale du groupe Matussière et Forest des centrales électriques et de l’usine laisse en effet mal augurer de l’avenir.
Pour bien comprendre la situation de Lédar, il faut revenir deux ans en arrière, quand le fonds de pension américain Matlin Patterson , «spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficultés» a racheté les ¾ des actions du groupe Matussière et Forest.
Il faut savoir aussi que les actionnaires de ces fonds de pensions (majoritairement des retraités «étasuniens») exigent un rendement de leurs placements de l’ordre de 12%. L’usine de Lédar, dans sa structure actuelle dégage bien des bénéfices, mais des bénéfices inférieurs à ces fameux 12%.
La stratégie des nouveaux propriétaires consiste à séparer les centrales hydrauliques, parfaitement rentables selon les normes des fonds de pension, de l’usine qui l’est moins. Et c’est bien ce qui est proposé et que refusent les salariés : la cession des centrales, qui entraînera rapidement la fermeture de la papeterie proprement dite.
On connaît bien ce problème à Saint Girons puisque c’est ce processus même qui a été appliqué il y a quelques années aux Papeteries Berges, qui ne comptent plus aujourd’hui qu’une dizaine d’employés chargés principalement d’éviter que le matériel restant et les bâtiments ne tombent en ruines.
Cette disparition programmée serait dramatique pour le Couserans car, au-delà du symbole, c’est tout un pan de l’économie qui va s’effondrer. On estime généralement qu’un emploi à la papeterie génère deux à trois emplois externes, et dès lors, ce ne sont plus 117 emplois qui disparaîtraient mais bien entre 200 et 300.
Photos: ©AriegeNews 2007 |