L�ours a frappé par deux fois les éleveurs de la commune de Goulier
Le mois dernier, Joseph Bernadac avait fait les frais de la visite du plantigrade à Olbier.
Celui-ci avait choisi parmi son parc à moutons, sa plus belle brebis. Dans la nuit de vendredi à samedi dernier c’est sur la commune de Goulier que l’ours a fait parler de lui.
Alors qu’on avait signalé sa présence quelques jours plus tôt près des ruches de Siguier, l’animal très peu farouche, se rapproche de plus en plus des habitations et c’est dans la grange de Roland Denjean à quelques encablures des premières maisons du village qu’il est venu chercher sa proie, qu’il a d’ailleurs consommé sur place.
L’éleveur encore sous le choc, raconte cette histoire peu ordinaire: «la veille j’avais trouvé mon troupeau dispersé sur l’estive. Une de mes agnelles avait une ecchymose sur les reins, comme si elle avait pris un mauvais coup... après lui avoir administré quelques médicaments, je l’ai conduite dans la grange pour qu’elle y passe la nuit…/…/… le lendemain matin je rentre dans la grange pour voir l’état de l’animal.
A ma stupéfaction, plus de mouton… par contre de la laine dans l’embrasure de la fenêtre et une quantité de poils bruns qui me font penser tout de suite à ceux d’un ours. Je jette un œil par l’ouverture et je constate que la végétation est piétinée…/…/… je fais rapidement le tour de la grange et je découvre des empreintes d’ours… à quelques mètres, dans la végétation foulée par le prédateur, la carcasse à moitié dévorée de l’agnelle !»
D’après Sébastien Pauly, technicien de la mission technique ours à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui s’est déplacé dans la journée de samedi et a réalisé des prélèvements sur la carcasse: «l'ours serait entré dans la grange par une ouverture pour prendre l'agnelle, avant de la tuer et de la manger à une dizaine de mètres du bâtiment, situé à la sortie de Goulier. On a retrouvé des traces d'ours, des empreintes et des poils à proximité»
Dans la soirée de samedi, c’est au-dessus de chez Marcel Denjean qu’un autre éleveur aurait observé l’ours.
Vers 20h, Jean-Paul Bertrand vient de porter un peu de sel à ses 58 brebis. Alors qu’il s’apprête à repartir, il distingue sur la crête une masse sombre.
«L’ours me toisait à soixante-dix mètres, j’ai eu beau crier, le menacer du bâton avec le chien qui aboyait, le plantigrade est resté sur son postérieur, en hochant la tête .../.../... je suis salarié aux Eaux du Montcalm, je ne peux passer nuit et jour à garder mes bêtes! Il y a trois ou quatre ours dans le secteur... ils descendent toujours plus près des habitations et ils n’ont pas du tout peur de l’homme… jusqu’au jour où il y aura un accident…»
La polémique opposant les partisans de la réintroduction des ours slovènes et les éleveurs n’a pas fini d’agiter les Pyrénées ariégeoises.
Photo et vidéo: ©AriegeNews 2007 |