Ariège, destination refuges de montagne
18/06/2007 | 09:01

Premier poste avancé en montagne, le refuge et les gardiens qui y travaillent 4 à 6 mois par an, sont parfois mal connus du grand public et des Ariégeois.

Aussi afin d’y remédier, les professionnels se sont regroupés au sein d’une association, l’AGREPY (l’association des gardiens de refuges pyrénéens) qui en relation avec le Comité Départemental de Tourisme de l’Ariège viennent de lancer une vaste opération de communication: 10 000 plaquettes distribuées par l’intermédiaire de magasins de sports, des offices de tourisme et du CDT.

Lors d’une conférence de presse vendredi matin, Frédéric Fernandez, directeur du CDT, Sylvain Frêche, délégué départemental et Stéphane Amiel, vice-président de l’AGREPY, respectivement gardiens des refuges d’En Bays et des Estagnous, ont présenté ces nouveaux outils de communication.

L’Ariège, département de tourisme de montagne par excellence ne compte pas moins de 9 refuges dans les différentes vallées, du Mont Valier au Montcalm en passant par les hautes vallées d’Aston, des Beysines et la réserve d’Orlu.

Le plus ancien, étape du Chemin de la Liberté au Mt Valier, a été ouvert en 1912 à 2246m d’altitude et  le parc de refuges ariégeois est aujourd’hui le plus récent des Pyrénées, chacun ayant sa spécificité : ils ont accueilli en 2006 plus de 19 200 visiteurs (exactement 19 393 nuitées).

«Le grand public se fait une idée souvent éronnée du refuge de montagne: c’est un lieu convivial d’accueil et de repos collectif, entre l’hôtel de montagne et le bivouac. Les gardiens des refuges se sont associés pour réaliser cette plaquette, précise Stéphane Amiel.

Cela correspond à une envie et à un besoin. Une notice fait la promotion de chaque site et un topo explique la vie des gardiens qui doivent gérer l’autonomie énergétique, la nourriture, l’eau, les déchets, l’hébergement, la restauration… nous sommes avant tout des professionnels de la montagne, capables de donner l’alerte et participer aux premiers secours
»

L’isolement c’est un handicap mais c’est aussi le charme d’un refuge.

Accessible à pied à plusieurs heures de route, le ravitaillement se fait par hélicoptère: «quand je fais mes courses, explique Stéphane, c’est cinq tonnes de nourriture acheminées par rotation de 800kg au refuge des Estagnous… un héliportage coûte 1500 euros l’heure, alors pas de temps à perdre !»

Le gardien doit savoir tout faire, économe, cuisinier, serveur, plongeur.
«il m’arrive de faire des repas pour 80 personnes et l’altitude ça creuse !»


On est bien loin des premiers «orrys» en pierres sèches, les constructions se sont considérablement améliorées, tant au niveau du confort que de la gestion de l’énergie: panneaux solaires, cheminée, poêle, gaz… sont les principales ressources avec un groupe électrogène en secours … un véritable exemple de développement durable!

Sylvain Frêche précise: «nous sommes des accompagnateurs en montagne, nous avons validé nos acquis et depuis trois ans il existe une formation de gardien de refuge, c’est un diplôme universitaire équivalent à un bac+2 suivi d’un stage obligatoire de six semaines qui permet de situer si on est véritablement fait pour ce métier à multiples facettes.
Depuis le mois de mars 2007 nous pouvons accueillir des scolaires, deux refuges possèdent déjà l’agrément
»

Les gardiens ont organisé il y a quelques semaines à peine une journée de secours en relation avec le PGHM et les médecins de SAMU.

L’AGREPY a élaboré plusieurs projets parmi lesquels la réalisation d’un document de synthèse valable sur les deux versants des Pyrénées et des formations en anglais ou en espagnol (avec un vocabulaire adapté à la montagne) car si 81% de la clientèle des refuges ariégeois est française, 19% est constituée d’étrangers originaires du Pays-Bas, Espagne, Allemagne ou Grande-Bretagne.

Dès cet été les refuges pyrénéens s’animent à l’initiative de l’association des gardien ariégeois: gastronomie au programme des Estagnous avec les plus grands chefs du département pour une soirée gourmande le 29 juillet.

Ensuite tous les vendredis une soirée thématique, des vignerons d’Ariège au folklore en passant par les contes.
Le gardien de refuge est un métier à part, toujours animé par cet esprit montagnard dont il est le symbole, il évolue avec son temps guidé par des préoccupations de développement durable, de secours mais avec la volonté de répondre aussi bien aux attentes des néophytes que des montagnards confirmés.

Pour en savoir plus sur les refuges
http://www.ariegepyrenees.com/index_hebergements.htm

Photo et vidéo: ©AriegeNews 2007

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 18/06/2007 | Lu: 21042 fois