La Chaine d'informations en Ariège-Pyrénées
La Chaine d'informations en Ariège-Pyrénées
Toute l'actualité télévisée en Ariège-Pyrénées La Chaine d'informations en Ariège-Pyrénées
Mercredi 3 D�cembre 2008 accueil  |  newsletter  |  ariegenews tv  |  contact 
sommaire
Actualités & Economie
Agriculture & Environnement
Jeunesse & Société
Histoire & Patrimoine
Tourisme & Loisirs
La vie des communes
D�bats & Opinions
Tribune libre
Faits divers
Le saviez-vous?
Animations régionales
Courrier des lecteurs
En bref dans l'actualité
Sports
ariegenews tvLa télévision de l'Ariège
Journal télévisé
Emissions TV
Reportages
Interviews
Magazine rural
Culture vidéo
Sports en vidéo
culture
Musique
Littérature
Spectacles
Arts
ariegenews.com
Qui sommes-nous?
Ajouter aux favoris
Retrouvez toute l'actualité ariégeoise en vidéo
    Débats & opinions    
23/07/2007 imprimer envoyer � un ami commentaires(1)
Vicdessos: le dialogue s�installe entre les éleveurs et les représentants de l�Etat

 Face aux importantes prédations répétées dans le département, Philippe Lacube, président de l’association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées a été reçu à Toulouse lundi dernier par Chantal Jouanno, conseillère à l’environnement auprès du président de la République en visite dans la capitale régionale.

De son côté, Jean-François Valette, préfet de l’Ariège a provoqué une réunion mardi après-midi à Vicdessos avec les éleveurs, les élus, les responsables des associations pastorales et Philippe Quainon, directeur de la DDEA.

Face à la forte mobilisation des éleveurs de haute-Ariège, c’est dans la salle des Fêtes de Vicdessos que le maire,  Marcel Bergay, a accueilli tous les intervenants «Nous sommes là aujourd’hui  à la demande de M. le préfet et je souhaite que cette réunion se déroule sous les meilleurs auspices»

Jean-François Valette a remercié en retour le maire pour son accueil et l’organisation au pied levé de cette réunion: «manifestement il y a un accroissement des prédations et des accidents liés à la présence de l’ours, les services de l’Etat sont mobilisés et sur les cas que nous avons constaté, nous rendons le plus rapidement possible nos conclusions (j’en remercie les agents de l’ONCSF) afin d’indemniser au plus vite les éleveurs.

Par rapport à la situation globale de ces prédations, on sent une certaine exaspération de la part de la profession. C’est pour cela que je suis ici aujourd’hui et que je me déplacerais le 30 juillet prochain pour un diagnostic d’estive sur le terrain.

Nous devons être solidaires dans ce genre de situation, pas de discours idéologique et de propos peu nuancés. On ne peut pas revenir sur la réintroduction des ours, elle a un sens mais il y a des problèmes, ce n’est pas en se méprisant, ni en étant agressif qu’on les résoudra.

D’autre part nous avons changé de gouvernement, la ligne de conduite qui nous a été donnée c’est d’avoir une démarche d’écoute et d’ouverture. Au regard des récents évènements, nous pouvons vous donner des réponses en toute franchise et honnêteté
»

Claude Carrière maire d’Ascou: «la situation s’aggrave, les attaques sont permanentes et mettent en péril les estives, les gens qui gèrent l’espace se découragent et le pastoralisme déjà en difficulté va disparaître peu à peu.

Ma question est la suivante: comment peut-on conserver l’ours sur un territoire alors qu’il met en péril le travail des hommes en relation avec les AFP (associations foncières pastorales).

Le pastoralisme est lié au tourisme, les investissements sont énormes pour dynamiser ces structures, ces territoires … l’ours n’est pas une nécessité pour le développement
»

Jean-François Valette: « La condition dans laquelle s’est faite la réintroduction de l’ours a été rapide et réalisée avec un peu de condescendance vis-à-vis des éleveurs.

Je ne suis préfet que depuis six mois et je livre mes impressions: la raison de cette affaire est profonde,  la France est à la pointe en matière de protection des espèces menacées, elle a des engagements avec l’Union Européenne et bénéficie en contre partie de subventions de la part de l’Union Européenne.

Il faut trouver un juste équilibre pour que tourisme et pastoralisme puissent encore cohabiter dans nos montagnes
»

Philippe Lacube: «En tant que président de l’ADDIP, nous avons été reçus pendant plus de deux heures par la conseillère à l’environnement de Nicolas Sarkozy, Chantal Jouanno.

On sent bien que l’approche gouvernementale du dossier a changé, elle ne nous a pas servi les discours convenus sur les anti-ours. Elle nous a expliqué que le pilotage de l’écologie n’est plus basé sur des coups médiatiques mais au quotidien où le respect apporté au travail des éleveurs va de soi.

Quand on entend en préambule que l’éleveur incarne une relation à la nature que le gouvernement veut promouvoir, ça fait du bien aux oreilles! Le 26 juillet ce sera Nathalie Kosciusko-Morizet secrétaire d’état à l’écologie qui nous recevra : le dialogue est établi et la solution peut sortir de la discussion.

Pour en revenir à vos propos M. le Préfet, je ne peux pas vous laisser dire des choses inexactes: on subit des pénalisations pour Natura 2000 mais pour la réintroduction des ours on nous demande rien… il y a plus de 1000 ours en Slovénie et 3000 en Roumanie, je ne pense pas que l’espèce soit en extinction.

De plus ce qui est vrai dans une vallée ne l’est pas dans une autre: pour nous il s’agit d’élevage extensif, en « escabot » On était arrivé au paroxysme de l’incompréhension avec le précédent gouvernement qui n’avait pour référence que l’association ADET Pays de l’ours, une association écologique qui reçoit plus de 200.000€ pour placer des patous dans les Pyrénées…

Aujourd’hui et face aux attaques successives de l’ours, les gens sortent armés la nuit, on en arrive à une situation insurrectionnelle dans le département.

Des solutions durables, il y en a, en Slovénie ou ailleurs, les ours n’errent pas partout, ils sont cantonnés. Il faut écouter les Pyrénées, il n’y a pas eu de concertation… Nous avons remis à Chantal Jouanno un cahier des charges pour une étude de faisabilité du cantonnement des ours dans les Pyrénées… ce qui nous rend optimistes, c’est que les décisions viendront d’en haut
»

Jean-François Valette: «La France a signé une convention, notre parole est engagée… une situation insurrectionnelle, attention, n’engagez pas les gens dans un processus irréversible.

Pour ma part j’ai l’impression d’être méprisé, vous tirez sur l’Etat à vue alors que je fais preuve de bonne volonté et de sincérité. A mon avis le cantonnement n’est pas approprié, il faut améliorer le suivi de l’ours, actuellement on n’est pas en mesure de savoir avec précision où est l’animal, ni d’avertir le maire de la commune où il a été localisé… on est en défaut
»

Alain Naudy, maire d’Orlu: «Depuis huit ans vous êtes le cinquième préfet que je rencontre, on nous a expliqué tout ce qui se passe et il y a de gros soucis : je suis atterré, où est la continuité de l’Etat ici. Joseph Bernadac a quitté Orlu, excédé par les attaques de l’ours, mais ici, aussi au-dessus d’Auzat, ce n’est pas mieux… à force les éleveurs vont décrocher.

Les gens sont prêts à faire n’importe quoi. Le problème est le même depuis 8 ans, certes on a avancé dans les commissions d’indemnisation  mais cela ne résout en rien le problème… quand les gens ne sont plus entendus, ils sont prêts à tout…l’Etat va conduire les Pyrénéens à des actes regrettables
»

Jean-François Valette: «Je n’ai pas peur d’expliquer la position de l’Etat. Là aussi, pesez vos propos, il faut savoir rester modéré. Malgré le manque de preuves probantes j’ai décidé d’indemniser un certain nombre de brebis car en la matière je préfère que le doute profite à l’éleveur.

Mais vous m’accorderez qu’on n’élève pas les  brebis pour les faire indemniser. En revanche pour que la situation en montagne s’améliore, il y a un certain nombre de pistes à explorer, j’attends vos propositions, pour ma part je pense qu’un meilleur suivi de l’ours est nécessaire et réalisable
»

Hélène Huez, ASPAP: «il y aura une évaluation du plan ours fin 2007, on ne peut pas à aujourd’hui faire suivre l’ours, c’est une volonté délibérée de l’Etat dans le rapport Olin.

Quant aux crédits européens, ils passent pour les 2/3 aux associations écologiques proches du gouvernement. Vous parlez de nuances qui manquent d’objectivité dans l’appréciation de la prédation.

C’est un peu, beaucoup, pas du tout… traces interprétables, pas interprétables… soyons respectueux  du travail des éleveurs
»

Jean-François Valette: «Il faut raison garder, je prends ma décision en essayant d’être honnête, l’approximation est la pire des choses, et l’agressivité aussi»

Dominique Destibois, éleveur: « ça fait huit ans qu’on met beaucoup de bonne volonté, on essaie de faire quelque chose mais on est épuisé de monter plusieurs fois par semaine sur les estives, de courir derrière nos bêtes, y compris sur la RN20 parce que nos brebis ont peur de l’ours.

Vos mesures de protection et de suivi ne marchent pas, on arrive à un moment, après tout ce temps, on pense que le cantonnement c’est ce qu’il y a de mieux. La politique gouvernementale en faveur de l’élevage n’est pas brillante… au lieu de penser à réintroduire l’ours, il faut penser à l’air, l’eau et les grands problèmes écologiques.

On demande un rapport carboné pour l’éleveur, chacun devrait avoir un exemplaire du rapport de l’expert… si vous voulez qu’on nous respecte, il faut aussi nous respecter
»

Olivier Bedos, éleveur: «Personnellement je procède au regroupement nocturne, j’ai des patous, un berger et ça n’a pas empêché l’ours de prédater. C’est à désespérer de tout surtout quand les experts ne comptent que 71 bêtes et qu’ils ne voient pas les autres»

Bernard Piquemal, maire d’Auzat, conseiller général du canton: «les problèmes sont légion pour les éleveurs et la vie dans la vallée n’est pas épargnée. Aujourd’hui tous les constats ont été réalisés, les éleveurs attendent des solutions.

L’Ariège n’a jamais demandé des ours, on ne peut pas demander aux acteurs économiques de respecter des choses qu’ils n’ont pas initiées surtout quand leur travail n’est pas respecté.

La circulaire concernant la responsabilité des élus n’est pas claire. Nous avons organisé une transhumance à Auzat et d’après des photos d’amateur nous sommes passés à 220m de l’ours à Soulcem… moi je me sens responsable s’il arrive un problème à un touriste ou à un habitant.

Et puis je ne pense pas que l’ours soit le meilleur vecteur pour attirer les touristes en Ariège
»

Jean-François Valette: «concernant la responsabilité des maires, il faut bien reconnaître que la réponse était assez informelle. Les maires ont une responsabilité sur ce qui se passe sur leur commune.

Cependant l’ours n’attaque pas l’homme. La réintroduction de l’ours est le fait de l’Etat, c’est donc la responsabilité de l’Etat s’il y a un problème, cela n’empêche pas les maires de nous prévenir si l’ours est signalé sur leur commune
»

André Rouch, président de la fédération pastorale de l’Ariège: «je suis président depuis 10 ans et nous allons fêter les 20 ans de la fédération pastorale.

Vingt années de travail sur la végétation, les bêtes, la gestion de la montagne… tout cela pour assurer le maintien du pastoralisme et le développement local à notre échelle. L’an passé nous avons ré ouvert une école à Sentein… sur ces territoires, il y a une vie, il faut le faire comprendre à tous et la cohabitation avec l’ours n’est pas possible… depuis huit ans on se bat avec ces problèmes.

Les plus dangereux de ces plantigrades pourraient être donnés à des cirques plutôt que d’empoisonner la vie des éleveurs !
»

Philippe Quainon, directeur de la DDEA: « Quant aux expertises on ne peut pas mettre en doute les agents de l’ONCSF, ils sont indépendants.

Et quand ils ne trouvent pas du premier coup le nombre exact de bêtes perdues par l’éleveur c’est souvent du fait des élevages extensifs, sur un terrain difficile et pas de la mauvaise volonté de la part de ces agents qui réalisent un travail honnête.

C’est un procès d’intention qui leur est fait. Concernant les constats, la préfecture s’est émue du dispositif et cette année un nouveau dispositif sera mis en place: on évite les appréciations difficilement interprétables par la suite, se sont des grilles à remplir accompagnées d’une page de commentaires de l’expert et des remarques formulées par l’éleveur ou le gardien présent.

Précédemment, il y avait un enjeu, celui de cocher la case imputable à l’ours et cela a conduit à des situations tendues. Aujourd’hui c’est le directeur qui fait l’instruction et qui transmet sa conclusion au préfet pour que l’on puisse procéder le plus rapidement possible à l’indemnisation.

Si l’expert fait une proposition de classer  incertain, c’est qu’il demande à la commission (à laquelle participe des membres du monde pastoral) d’analyser le dossier, d’appréhender les différents éléments pour voir comment faire bénéficier ce doute à l’éleveur.

Pour les cas proposés non-imputables, les éleveurs ont la possibilité de déposer un recours auprès du préfet et ces dossiers sont examinés dans les mêmes conditions»

Enfin M. le préfet a réaffirmé qu’il souhaitait aider les éleveurs «dans la mesure où les propositions sont raisonnables et réalistes. Au-delà des blocages de principe, la question de modalité des constats, de la rapidité des indemnisations, il ne faut pas s’accrocher sur les mots»

Les propos échangés ont été fermes mais courtois entre Jean-François Valette et les éleveurs. Après le temps du dialogue doit venir celui des propositions.

Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007
Images: Patrick Anné

actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 23/07/2007
Pour visualiser la vidéo contenue dans cette page, vous devez disposer du lecteur Flash 9 ou supérieur. Téléchargez la dernière version en cliquant sur le logo ci-contre.
Important: Le logo HD présent sur certaines vidéos indique que celles-ci sont visualisables en Haute Définition et peuvent nécessiter une connexion supérieure � 512K.
Lien permanent vers l'article:http://www.ariegenews.com/news/news-3359.html Lien permanent vers l'article:  http://www.ariegenews.com/news/news-3359.html
Dans la même rubrique:
Assises de l�urbanisme durable à Foix
La FNACA ignore le 5 décembre.
Prud�hommes: la CFDT veut jouer l�alternative face aux autres centrales syndicales
Pamiers: le «sponsoring» à la baisse en 2009?
La CGT prépare les élections aux Prud�hommes
Marché de Noel à Lavelanet du 19 au 24 décembre 2008
rechercher
rechercher un article:
En bref dans l'actualité
Ouverture de la station de ski des Monts d'Olmes tous les week-end à partir du 29 novembre 2008