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Les chiens dangereux sont sur la sellette en Ariège
Une petite fille de 15 mois mordue le 19 août dernier par un «American Staffordshire terrier», n’a pas survécu à ses blessures et est décédée quelques jours plus tard à Reims.
Récemment cette race de chien de combat, un croisement de bouledogue et de terrier a été impliquée dans un accident et une troisième agression a eu lieu où trois personnes ont été hospitalisées à Cambrai après avoir été mordues par leur Rottweiler.
Face à la recrudescence des accidents occasionnés, souvent dans la sphère privée par ces chiens introduits en France il y a 25 ans, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur a annoncé lors d’une réunion tenue lundi dernier qu’il fallait évaluer la législation existante en la matière (lois de 1999, 2001 et 2007), interdire les croisements de chiens dangereux avec ceux qui le seraient moins, contrôler l’importation et la commercialisation de ces animaux (particulièrement pour ceux provenant d’Europe de l’Est).
«Les vétérinaires pourraient ainsi intervenir à chaque vente de chiens catégorie 2, les plus dangereux et les propriétaires de ces chiens devraient suivre des formations», soulignant notamment la dangerosité de leurs animaux et la conduite à garder au quotidien.
Enfin la ministre a adressé mardi à tous les préfets une circulaire afin qu’ils veillent à la stricte application de la loi, à l’intensification des contrôles, se substituant s’il le faut aux maires qui n’auraient pas pris dans leurs communes les mesures nécessaires contre les chiens dangereux.
Petit retour en arrière. Votée par le gouvernement Jospin en 1999, les premières mesures contre les chiens dangereux (à cette époque on parlait beaucoup de Pitbulls) font la distinction entre les chiens d’attaque et de défense.
On considère comme «chien d’attaque» (ou catégorie 1), les animaux qui ne sont pas inscrits au livre généalogique et dont la morphologie se rapproche des races «Staffordshire terrier», «American Staffordshire terrier» (ces deux races sont également appelées Pitbulls), Mastiff ou Tosa.
Leurs propriétaires doivent dans les lieux publics les tenir en laisse avec une muselière, les faire stériliser, il leur est interdit d’en faire l’élevage ou de les céder. On compte environ 9.000 de ces chiens sur le territoire national.
Les chiens de garde ou de défense (catégorie 2) regroupent quant à eux les «Staffordshire terrier», «American Staffordshire terrier», Mastiff ou Tosa dont l’appartenance à la race est attestée de manière formelle par le livre des origines françaises.
On y retrouve également des chiens comme les Rottweiler. Ils ne sont pas soumis à une obligation de stérilisation, on doit cependant les promener dans les lieux publics en laisse et muselés. On en compte pas moins de 71.000 en France.
La détention des deux catégories nécessite une déclaration en Mairie (art. 211-3 du code Rural) et la capacité de présenter à tous représentants des forces de police les documents inhérents à leur possession.
Bien entendu il est interdit aux mineurs et aux personnes dont le casier judiciaire n’est pas vierge de posséder ce type de chiens. Cependant depuis le vote de cette loi, l’efficacité de ces mesures était discutable car le nombre de morts n’avait pas pour autant diminué.
Aussi face à cette situation, Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur décide de durcir l’arsenal législatif en novembre 2006 en faisant voter le doublement des peines de prison pour détention de chien de 1ère ou 2ème catégorie sans autorisation.
Il avait même à l’époque ajouté: «si même un jour on peut aller jusqu’à l’interdiction de la possession de ces animaux, ce serait parfait», les qualifiant de véritables «armes»
C’est ce qu’a fait le parlement néerlandais (dans un pays pourtant réputé pour sa liberté) en interdisant tout simplement la possession des chiens de type «Pitbull» définis par une description physique détaillée sans s’attacher à la race ni au pedigree.
Rappelons que depuis 1989, 28 personnes sont mortes sous les crocs de ces molosses, la plupart du temps ce sont des jeunes enfants ou des personnes âgées, sans parler des milliers qui se font mutiler.
Le premier ministre interrogé sur le plateau de TF1 dimanche dernier a estimé qu’il fallait «mettre en place une réglementation plus sévère, parce qu’il n’y avait pas de raison de laisser courir des risques à des enfants et à des personnes simplement pour faire plaisir à des gens qui veulent entretenir des chiens qui n’ont pas leur place dans la société, dans la ville»
Dans le département de l’Ariège on remarque depuis plusieurs mois une forte présence de ces chiens dits dangereux. La préfecture de l’Ariège nous a communiqué le nombre de chiens comptabilisés par les maires du département.
Concernant les chiens de première catégorie, on en dénombre 17, contre 205 pour les chiens de deuxième catégorie, soit un total de 226 individus (en précisant toutefois que cette liste devrait être prochainement remise à jour et qu’elle est basée sur les déclarations des propriétaires en mairie).
Nous nous sommes mis en relation avec la Société Protectrice des Animaux (SPA), qui n’a pas semble-t-il de tels pensionnaires dans ses locaux. Le responsable nous a indiqué qu’il y avait des éleveurs parfaitement identifiés en France mais souvent, il s’agissait localement d’élevages clandestins.
«Les particuliers dégagent des revenus en revendant les chiots, c’est souvent du bouche à oreille, sans parler des filières parallèles, des trafics douteux…on peut tout imaginer mais il est vrai que les contrôles devraient être systématiques. Les propriétaires devraient être responsabilisés et les chiens dressés»
Aujourd’hui le problème reste entier et les autorités étudient les meilleures pistes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Crédit photo: Charles Ferguson |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 02/09/2007 |
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