Foix: Inauguration de l�exposition: Montségur, village ariégeois�
Tel est le titre de l’exposition que nous proposent les archives départementales de l’Ariège jusqu’au 14 mars 2008.
On a beaucoup parlé, dit, écrit sur Montségur, l’histoire générale du site restait pourtant à faire. Claudine Pailhès, directrice des Archives, s’est penché sur les registres paroissiaux, les procès verbaux de police, les archives communales et celles de la famille de Lévis…
Anne Brenon a travaillé sur l’épopée cathare, étroitement liée au site et Michel Barrère a fait parler les vestiges archéologiques pour au final, appréhender l’histoire de ce village dans sa globalité…
Un village qui a surgi dans l’Histoire, porté par le souffle d’une très grande œuvre littéraire.
La plus ancienne mention du pog de Montségur qu’on trouve dans un texte médiéval figure parmi les 96 000 alexandrins occitans de la fameuse Canson, chanson inachevée de la croisade contre les albigeois.
Ce manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France, date probablement du milieu du XIIIe siècle, soit une vingtaine d’années avant la tragédie du siège.
C’est ensuite dans les archives inquisitoriales, dans les dépositions de justice des 19 survivants du siège et du bûcher de 1244 que l’on trouve un nombre de mentions éparses parmi lesquelles les origines du «castrum»
Au début du XIIIe, la place de Montségur est aux mains des seigneurs de Péreille, vassaux du Comte de Foix.
En 1245 Gui de Lévis la récupère, en fait hommage au roi et l’inquisition s’empresse de démembrer les dernières ruines de ce qui fut et restera désormais le mythe du dernier fief hérétique à se jouer du pouvoir régalien.
Il faudra attendre plusieurs années pour que le souvenir de la malédiction attachée au site s’estompe et que la famille de Lévis ne jette les bases d’un petit château au goût du jour (murailles orientées vers la Terre Sainte de l’actuel château).
Au temps et au lendemain du siège, il n’y avait pas de communauté villageoise à Montségur, tout au plus un habitat isolé constitué d’une ou deux fermes occupées par des bergers.
Les premières informations nominatives sur Montségur nous sont livrées par le rôle des censives (assiette de l’impôt) de 1485: il y avait 4 familles (toutes des Autier) plus un noble, Gaston de Mostron (sachant qu’à la même date on dénombrait 37 familles à Montferrier).
Les documents présentés dans le cadre de cette exposition montrent que la population du village sous l’ancien régime est constituée d’une communauté paysanne.
Ainsi, sur les registres de censive, le nombre important d’hommes de labeur, de brassiers, la vie pastorale représentent l’essentiel de l’activité avec le filage de la laine…
«Un village ordinaire, une heure de gloire dramatique au XIIIe siècle, un village qui retombe dans l’oubli, une histoire retrouvée et mise en valeur à l’époque contemporaine…/…/… quarante ans seulement dans l’histoire.
Il n’y eut pas d’avant et, longtemps, il n’y eut pas d’après à Montségur ou si peu… Un château, une garnison, un curé…/…/… Sur ce petit village pyrénéen, l’Histoire revint au XIXe siècle dans un souffle passionnel.
Elle s’imposa de l’extérieur aux habitants qui ne la cherchaient pas. Montségur au XIIIe siècle avait été «la tête et le siège» de l’hérésie. Aux XIXe et XXe siècles, il redevint un haut lieu de l’esprit, y compris dans toutes ses déviances»
Aujourd’hui ce site phare du tourisme ariégeois draine des centaines de milliers de visiteurs.
Une passionnante exposition qui permet d’appréhender l’histoire de ce petit village dans la globalité des siècles… et peut être de mieux évaluer le ras de marée médiatique suscité par la période cathare qui ne constitue qu’une courte parenthèse dans la vie de ce village d’Ariège.
Montségur, village ariégeois Exposition aux Archives Départementales de l’Ariège jusqu’au 14 mars Tous les jours sauf les samedis et dimanches
Archives Départementales 59, chemin de la Montagne 09000 FOIX Tél: 05 34 09 36 80 Catalogue de l’exposition (ISBN : 2-86009-015-0) 28€
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2007 |