Foix: Action de la CGT pour la reconnaissance de la pénibilité au travail
 L’Union Départementale CGT de l’Ariège a appelé les salariés du secteur public et privé à se mobiliser mardi à 17h devant la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ariège pour manifester contre la dégradation des conditions de travail.
Malgré les giboulées, ils étaient une trentaine à s’être mobilisés sur les allées de Villote.
Le choix de cette date n’est pas neutre car il s’agit actuellement de la 16e négociation avec le patronat pour la mise en place de mesures spécifiques de cessation d’activité avant 60 ans, pour les salariés ayant été exposés à des conditions de travail pénible.
Didier Mezin délégué départemental, est loin de partager la position du Medef: «C’est inadmissible, le salarié devrait à minima être âgé de 58 ans, avoir quarante ans d’activité, et trente ans d’exposition aux travaux pénibles et insalubres, dont dix ans cumulant trois critères de pénibilité…
Mais après trois ans de négociations, rien n’est prévu pour les salariés qui subissent au quotidien les nouvelles formes de management avec pour seul crédo le rendement, l’augmentation de la charge de travail, les pressions psychologiques, la non reconnaissance des compétences ou la précarité de l’emploi»
La précarité de l’emploi revient dans toutes les conversations… Pour Joël Lavail fonctionnaire des finances: «même dans un bureau, il y a des pressions, des objectifs à atteindre.
Dernièrement un employé de banque s’est pendu sur son lieu de travail, preuve que tout n’est pas rose.
Sous prétexte de regroupement des services, on supprime des postes et la charge de travail augmente pour les autres, au même titre que le stress. Les employeurs ne font plus d’efforts, il y a tellement de demandeurs d’emplois !»
Pour EDF, même laïus: «le métier de monteur est difficile, on est dehors par tout type de temps, explique Sébastien Cruz. Depuis que l’on a des objectifs à atteindre, il y a une pression terrible !»
Chez Aubert&Duval: «le manque de reconnaissance est palpable dans tous les corps de métiers, ajoute Brice Lagarosse. Même derrière un ordinateur il peut y avoir pénibilité morale. Mais c’est encore plus marqué dans les tâches physiques que sont l’estampage, le traitement thermique… bien que ces postes aient été aménagés il reste de gros efforts à réaliser.
Ajouté à cette pénibilité, il y a avec la multiplication des CDD, une précarité de l’emploi qui se traduit par des troubles proches de la dépression… de plus, l’assistante sociale est à mi-temps par mesure d’économie !»
Les négociations devraient théoriquement aboutir le 25 mars, puisqu’elles étaient selon la loi Fillion de 2003, un préalable au nouveau rendez-vous 2008 sur les retraites, qui doit commencer début avril.
François-Xavier Clédat, chef de file du Medef, a proposé mardi soir aux syndicats, lors de la 16e séance de négociations, de faire un état des lieux du nombre des salariés susceptibles d'être touchés par la mise en place d'un «dispositif pénibilité»
Un rendez-vous est donc donné pour une réunion complémentaire le 21 avril avec l'idée de missionner l'Igas (inspection générale des affaires sociales), une proposition qui est loin d’avoir rencontré l'adhésion syndicale.
«On a le sentiment de recommencer les négociations comme il y a trois ans» selon les délégués CGT.
Photo et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |