Ludovia à Ax-les-Thermes: l'«e-education» sur le devant de la scène
26/08/2009 | 18:54

74% des 11-15 ans et 84% des 16-24 ans ont accès à internet et sont de grands consommateurs de nouvelles technologies, de l’information et de la communication.

Comme réponse naturelle à ces évolutions, les établissements scolaires s’adaptent donc peu à peu à cette nouvelle donne.

Au service de cette éducation numérique naissante, Ludovia, université d’été de l’e-education, vient de s’ouvrir à Ax-les-Thermes.

Mis en place en 2004, l’évènement regroupe les principaux acteurs du secteur: «Ludovia, ça veut dire sur le chemin de l’éducation par le jeu, explique Eric Fourcaud, chef de projet Ludovia. Ces rencontres rassemblent toute la communauté éducative.

Cela va du chercheur en sciences multimédias artistiques, aux enseignants, aux chefs d’établissements, aux collectivités locales (qui financent l’équipement des collèges et des lycées), en passant par les éditeurs et les fabricants de matériels
»

Lors des discussions ayant lieu dans la salle de conférence, tout le monde semble d’accord: l’entrée du numérique dans les écoles est inéluctable.

Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, insiste: «les enfants commencent à manipuler l’informatique de plus en plus tôt. L’éducation nationale ne peut pas rester à côté. Ce serait comme rester à côté de la société»

Mais si tout le monde semble s’accorder sur ce point, il est désormais question de la mise en œuvre concrète du numérique à l’école: à quelle vitesse faut-il réaliser ce changement? Comment? Et surtout, qui va le financer?

Pour Eric Fourcaud, «doter les écoles et les établissements en matériel reste relativement simple. Par contre, pour faire utiliser les nouveaux outils numériques à l’ensemble de la communauté éducative, il faudra faire de la formation, accompagner le changement, c’est quelque chose qui aura lieu dans 2,3, ou 4 ans»

Serge Bergamelli, directeur régional de la Caisse des dépôts et consignations, va dans le même sens; selon lui, il ne faut pas brutaliser le corps enseignant: «dire à un enseignant: je te donne un ENT et tu vas mieux enseigner l’histoire et la géographie, ce n’est pas possible»

Selon lui, «il y a l’extraordinaire rapidité de la prise de décision politique. Mais une fois que l’outil est en place, il faut dire que: pour 1 euro utilisé pour acheter un logiciel, il faut financer (par des moyens humains ou matériels) les 3 ou 4 euros liés à l’appropriation de l’outil par les personnes. C’est ça qui permettra un véritable changement des pratiques»

De son côté, Henri Emmanuelli, président du Conseil Général des Landes, a regretté les lenteurs qu’il a rencontré dans son département.

Depuis septembre 2001, le conseil général des landes a mis en place une opération baptisée «un collégien, un ordinateur portable»

Mais il déplore: «très franchement, du côté de l’éducation nationale, on a rencontré beaucoup d’inertie dans le département des Landes et en Aquitaine. C’est l’inertie que l’on rencontre lors de l’arrivée de technologies nouvelles.

Il y a toujours une période de recul devant le changement. C’est aussi dû à un manque de formation. Le corps enseignant n’est, en grande majorité, pas encore formé aux technologies numériques
»

Les débats concernant la mise en œuvre de l’e-education se poursuivront jusqu’à vendredi. De quoi, à travers ces débats et ces rencontres, commencer à dessiner l’école de demain.

Renseignements sur www.ludovia.org.

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009 - MB

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 26/08/2009 | Lu: 18227 fois