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Agriculture & Environnement |
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Alerte à la fièvre catarrhale en Ariège
 C’est à l’initiative du GDS 09 (groupement de défense sanitaire), de la DDSV (direction des services vétérinaires), du SNGTV (regroupement des vétérinaires du département) qu’à eu lieu à la chambre d’agriculture de Foix, la dernière réunion d’information sur la fièvre catarrhale.
Après Pamiers, le 14 avril et Saint-Girons, le 16 avril qui ont réuni près de 500 personnes, les éleveurs de la haute Ariège et du Pays d’Olmes se sont retrouvés autour de Jean-Pierre Alzieu, vétérinaire à Varilhes, Patrick Ferrié, responsable du GDS et Pierre Jabert de la DDSV pour faire le point sur cette redoutable maladie aujourd’hui aux portes de Midi-Pyrénées.
La fièvre catarrhale ovine, FCO ou encore «blue tongue» est une maladie virale non contagieuse pour l’homme touchant seulement les ruminants.
Mais comme l’a précisé dans son exposé de présentation Jean-Pierre Alzieu:
«il n’y a pas de transmission d’animal à animal, la fièvre catarrhale est une maladie vectorielle qui se transmet à la faveur d’un insecte piqueur le «Culicoïdes Imicola», un moucheron de 1mm que l’on rencontre dans les zones australes et dont seules les femelles sont hématophages.
Ce moucheron est en même temps vecteur et multiplicateur du virus. Il pique un animal déjà contaminé, développe le virus et peut piquer des animaux sains au gré de ses déplacements pendant trois semaines, durée de sa vie» |
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Aujourd’hui on connaît 24 sérotypes de ce virus, la pathogénicité est variable entre chacun de ces sérotypes et on ne peut envisager aucune protection croisée.
En Europe, la maladie est initialement apparue dans la bassin Méditerranéen, en Espagne (Baléares), en Grèce, Italie et Corse pour les sérotypes 1,2,4,6, 9 et 16 (le sérotype 1 est apparu en dans le sud de l’Espagne et en Italie en 2007).
Classiquement la maladie ne s’exprimait que chez les ovins, rarement chez les bovins et les caprins qui servent de réservoir au virus.
Mais le sérotype 8 rencontré dans le nord de l’Europe depuis 2006, encore mal connu, déclenche également des symptômes cliniques chez les bovins.
Arrivé vraisemblablement avec des fleurs en provenance d’Afrique du Sud, via l’aéroport d’Amsterdam, ce moucheron vecteur a commencé à faire des ravages dans les pays du nord de l’Europe.
Premiers foyers déclarés à l’été 2006 dans les Pays Bas.
 | Réunion d’information sur la fièvre catarrhale Chambre d'Agriculture de Foix - Avril 2008 | Et Jean-Pierre Alzieu d’ajouter: «des travaux scientifiques en Belgique et en Allemagne ont permis de mettre au jour les habitudes du «Culicoïdes Imicola» dont la période optimale d’activité est au printemps jusqu’au début de l’automne.
Il pond dans des milieux humides (eau stagnante, reliquats d’ensilage, vieilles bouses), les larves se conservent pendant l’hiver …
L’actuel réchauffement climatique constitue un facteur de prolifération de cette maladie.
Ces insectes ont une formidable capacité d’adaptation, ils sont emportés par le vent jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres.
Ils sont aussi très présents dans les stabulations d’où la nécessité d’adopter des mesures d’hygiène complémentaires à la vaccination»
Concernant la pathogénie du virus, à partir d’une incubation de 8 à 18 jours, celui-ci se multiplie dans le sang (paroi de l’appareil respiratoire, muqueuses vasculaires…).
Les moutons constituent l’espèce la plus sensible avec une incubation d’une semaine, de fortes fièvres, un abattement important, des symptômes congestifs et hémorragiques (oedèmes de la face, érosion gingivales, congestion des muqueuses («blue tongue» ou congestion de la langue).
Dans une étude de 2007 réalisée en Belgique, la morbidité (pourcentage des animaux malades) des moutons est de 20% et leur mortalité de 12,5% ; chez les caprins les chiffres de morbidité sont de près de 24% avec 3% de mortalité.
Concernant les bovins, la morbidité est de 5,22% et 0,43% de mortalité. Il faut aussi souligner que 40% des bovins sont séropositifs soit 1 bovin sur 2, les veaux sont infectés à travers l’utérus et on observe de nombreux avortements.
Le début de l’infection se caractérise par une forte fièvre, les animaux souffrent d’oedèmes de la face et de jetages hémorragiques, d’hypersalivation, des oedèmes au niveau des pieds entraînent des boiteries, des lésions des mamelles.
Cependant comme le précise Jean-Pierre Alzieu «il faut différencier la fièvre catarrhale de la fièvre aphteuse, ne pas hésiter dès les premiers symptômes à alerter le vétérinaire qui réalisera un prélèvement pour un diagnostic de laboratoire plus précis, réalisé au LVD de Foix»
La fièvre catarrhale est une maladie de la liste «A» de l’office international des Épizooties, nécessitant une déclaration immédiate et sa gestion est régie par des règles internationales.
Dès la découverte d’un foyer, un périmètre interdit est délimité (20km autour du foyer), puis une zone tampon de 70km. Ces deux zones constituent la zone réglementée (ZR) à l’intérieur de laquelle les animaux peuvent circuler librement s’ils ne présentent pas de signes cliniques. En zone indemne (c’est le cas pour l’Ariège) les mouvements s’effectuent sans contrainte.
La prévention contre cette maladie peut être menée sur deux fronts: - lutter contre les insectes vecteurs contaminés en enduisant les animaux d’insecticide (de la famille des pyréthrinoïdes) et prévoir aussi une désinsectisation des logements - la vaccination
La maladie est aux portes de Midi-Pyrénées, la vaccination contre le sérotype 1 est actuellement conduite de façon obligatoire dans le Gers, les Landes, les Pyrénées Atlantiques et Hautes Pyrénées.
Concernant le sérotype 8, elle est encore facultative mais a débuté pour les broutards destinés à l’Italie (elle sera obligatoire pour la campagne 2008-2009).
«La fièvre catarrhale est en plein développement et la stratégie vaccinale permet de gérer la pénurie. Il faut 18 mois pour réaliser un vaccin… Des contrôles ont été effectués pour des autorisations temporaires…
On a gagné 6 mois mais les doses du vaccin BTV8 ne seront disponibles qu’à l’été dans le département (85.000 doses sont prévues pour les petits ruminants en juillet et 62.000 doses pour les bovins).
La vaccination a commencé par le nord où le foyer d’infection est plus important et par les bassins laitiers… Cette vaccination massive permettra de réaliser un matelas immunitaire.
Sachant qu’aujourd’hui l’Ariège est en zone indemne, dès que l’on procède à la vaccination, on passe en zone règlementée avec toute les entraves à la circulation du bétail que cela peut engendrer»
La vaccination se fait en deux injections à 3 ou 4 semaines d’intervalle (une seule injection avec rappel pour les petits ruminants). L’Europe prend en charge le vaccin et 50% du coût de la vacation avec un plafond de 2€ par ovin et 0,75€ par petit ruminant.
L’Etat verse également une indemnisation pour les mortalités liées à la fièvre catarrhale pour les cheptels déclarés infectés: 600€ pour les bovins et 100€ pour les ovins adultes.
Patrick Ferrié a précisé qu’une caisse de solidarité était mise en place par le GDS, permettant ainsi de participer au coût des traitements des animaux dans les foyers.
Hervé Peloffi, président de Synergie a ajouté: «les professionnels ont réfléchi pour palier à ce délai pour les animaux à l’exploitation. Cependant je tiens à préciser que la maladie n’est pas encore arrivée en Ariège, les vaccinations ont débuté en France … avec un peu de chance nous passerons à côté.
Aujourd’hui il faut anticiper, notamment pour les broutards destinés à l’exportation, repousser leur date du départ. Pour cela il faut mettre les partenaires autour d’une table, sensibiliser les banquiers et négocier les taux, les fabricants d’aliments…
Nous allons rencontrer nos collègues de Haute-Garonne et de l’Aude… Concernant la vaccination, toutes les estives ne sont pas équipées de parc de contention. Il existe une subvention de 80% permettant l’achat de parcs mobiles pour des structures de GP pu de FP… il faut pour cela monter des dossiers pour l’automne»
Les éleveurs un peu désarmés par les perspectives d’une telle maladie ont ensuite pris la parole pour demander des précisions en relation avec les spécificités de leurs élevages respectifs.
L’objectif d’une telle réunion étant de les informer et de les sensibiliser aux premiers symptômes des animaux (signes cliniques), à la désinfection et à la vaccination, si la fièvre catarrhale devait toucher le département de l’Ariège.
Pour en savoir plus: http://agriculture.gouv.fr Note d'information du Ministère de l'Agriculture (Avril 2008 - format PDF - 312 Ko)
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 27/04/2008 |
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