Quand l�art contemporain et l�art roman cohabitent en parfaite harmonie
 Nul n’aurait imaginé un aussi bel écrin pour les œuvres de Frédérique Montane…
Cette plasticienne de talent, installée dans le département de l’Ariège depuis quelques années, précisément en 1998 est l’invitée du festival Cybèle 08 à Saint-Jean de Verges où l’on peut découvrir ses œuvres dans une exposition intitulée «Mater-Matrice», à l’intérieur de l’église romane du village.
La douceur des camaïeux de ses œuvres s’intègre parfaitement aux couleurs chaudes de la chapelle.
Les travaux présentés sont des lavis, une technique qui utilise l’eau, élément féminin par définition, ainsi que des pigments ocres issus des pigments de la terre, le brou de noix pour les couleurs satinées et l’encre bleue en écho à ses souvenirs d’écolière.
L’ensemble réunit donc les trois éléments dans des formes placentaires, la roue revient de manière récurrente, symbolisant à la fois l’immortalité et la renaissance mais aussi la spirale dans une dynamique «fécondatoire»
La gestuelle donne l’impulsion, le mouvement graphique que la technique du lavis vient diluer, dissoudre le pigment pour le recomposer ensuite en transparence … Le choix du papier n’est pas neutre.
«Ce sont des rouleaux de papier d’imprimerie récupérés, jaunis par les années, explique Frédérique Montane, les couches se superposent, au final c’est la transparence qui ressort, avec un travail de traces…
Je suis plasticienne mais sculpteur à la base, les volumes sont importants dans ma création»
C’est auprès de Madeleine Tezenas du Montcel qu’elle découvre la sensualité du modelage et c’est en ouvrant son atelier toulousain dans les années 1986 qu’elle peut s’adonner à sa passion et s’essayer dans des œuvres monumentales, souvent des commandes pour espaces publics (bas-reliefs pour les communes de Nailloux et Calmont dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution, Vierge à l’enfant à l’église de Miramont dans le Gers, Diane chasseresse pour une résidence immobilière à Toulouse).
Contrairement aux idées reçues ces commandes lui ont permis de sortir des sentiers battus, de s’exprimer: «il n’y a pas de contraintes, cela permet le dépassement de soi»
Mais c’est dans l’Ariège qu’elle trouve aujourd’hui son inspiration. Après une formation de taille de pierre et restauration du patrimoine à l’institut de la pierre de Rodez, Frédérique Montane travaille également sur les Monuments Historiques …et c’est dans une église romane qu’elle expose jusqu’à la fin du mois, la boucle est bouclée.
«Dans mon travail, il y a souvent des références à l’archéologie, ce retour en arrière est important… l’esthétique romane pour symboliser la féminité me semblait évidente, la douceur des voûtes en berceau, les arrondis de l’abside, le traitement des chapiteaux aux décors végétaux, l’équilibre des volumes…
Tout ce qui est symbolique me touche, l’art roman s’inspire de la féminité, au contraire du gothique, davantage phallique, masculin avec ses arcs brisés, ses flèches …»
Les artistes ont souvent des rapports au sacré car le sacré permet de délivrer un message d’universalité.
«J’ai tout de suite été attirée par l’art roman, ajoute la plasticienne, et le travail présenté ici correspond à quelque chose d’intime, autour de la maternité… Je me suis battue depuis trois ans pour réaliser cette exposition, c’est une victoire pour les plasticiens que de pouvoir confronter l’art contemporain aux monuments historiques»
«Mater-Matrice» église de Saint-Jean de Verges jusqu’au 3 juin (de 15h à 19h) Cette exposition est présentée en partenariat avec l’association Mille Tiroirs Visites commentées et renseignements à la Mairie: 05 61 05 35 60
Frédérique Montane Tél: 05 61 68 58 34 Site: www.artistecontemporain.org
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |