Fièvre Catarrhale ovine: début des vaccinations en Ariège
La situation épidémiologique évoluant de manière exponentielle, le ministère de l’agriculture a décidé au 29 août d’élargir la zone de vaccination obligatoire contre le sérotype 1 à six nouveaux départements*: l’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, les Pyrénées Orientales, le Tarn et le Tarn et Garonne et une partie du lot et de l’Aveyron.
Il a par ailleurs durci les conditions de circulation des animaux en exigeant une vaccination en cours de validité pour tous les animaux quittant une exploitation infectée, ainsi que pour tous les animaux passant d’une zone réglementée 1 à une zone indemne BTV1.
Concernant le département de l’Ariège, vendredi 29 août à 20h, le bilan de progression de la fièvre catarrhale était de 315 déclarations de suspicions enregistrées par les services vétérinaires dont 107 concernant des suspicions ovines, 5 suspicions caprines, 189 suspicions bovines.
157 élevages ont déjà fait l’objet d’une confirmation par analyse virologique du sang ou des organes des animaux atteints. La présence du Sérotype 1 a été confirmée par l’AFSSA (laboratoire national de référence) sur 30 de ces foyers.
Les premières livraisons de vaccins BTV1 ont eu lieu chez les vétérinaires vendredi et la vaccination a été lancée dès samedi matin.
C’est chez un éleveur ovin de Saint-Félix de Rieutord que nous avons assisté aux premières injections: «on n’attendait pas les vaccins aussi tôt, se félicite Jean-Pierre Alzieu, vétérinaire à Varilhes, chargé de vacciner le troupeau de Christian Derramond, soit 1 100 tarasconnaises.
«15 de mes bêtes sont déjà mortes, explique l’éleveur, mais ayant assisté aux réunions préparatoires au printemps, nous avons donné l’alerte dès les premiers symptômes, on a gagné du temps»
Le troupeau avait déjà été vacciné contre le sérotype 8, et ce matin chaque bête acheminée dans les espaces de contention à été vaccinée avec le Zulvac 1 ovins (vaccin contre le sérotype 1) et dûment désinsectisée avant de rejoindre leur champ.
Seule la vaccination BTV1 est aujourd’hui obligatoire, elle nécessite deux injections successives à 21jours d’intervalle.
«Les animaux ont été désinsectisés il y a 10 jours, commente le Dr Alzieu, le temps que le vaccin injecté par voie sous cutanée fasse sont effet (que le taux d’anticorps monte) il faut compter six semaines, entre temps il faut empêcher les moucherons de piquer ces animaux, d’où la nécessité de désinsectiser en même temps que l’on vaccine»
Pierre Jabert, directeur des services vétérinaires et Jean-Marc Duché, secrétaire général de la Préfecture étaient également sur place, pour veiller au bon déroulement de l’opération, rappelant afin de mettre fin à toute rumeur infondée que la FCO n’est pas transmissible à l’homme et que le lait, la viande, le fromage, tout produit issu des élevages ovins, caprins et bovins, en l'état ou transformé, est consommable.
«Au départ le foyer est arrivé du Couserans suivant peu à peu les zones de rivière, explique le DDSV. A l’heure actuelle seules quelques zones d’estives sont indemnes. Les quantités de vaccins BTV1 sont aujourd’hui limitées (20 000 doses pour la semaine alors que le cheptel à vacciner compte pas moins de 200 000 animaux).
En attendant une grosse dotation de doses disponibles à partir de mercredi 3 septembre nous avons dû établir une stratégie vaccinale. De plus, face à une situation épidémiologique qui explose, le ministère a décidé que ne sorte de la zone 1 seulement les animaux vaccinés.
Le vaccin n’agit que 42 jours après la première injection, entre-temps il faut procéder obligatoirement à leur désinsectisation […] chaque troupeau a un numéro et un vétérinaire attitré (vétérinaire sanitaire travaillant sous mandat de l’Etat, il y en a 45 par département, une vingtaine en zone rurale qui se font seconder par des assistants des écoles vétérinaires).
Ils sont seul habilités à procéder aux vaccinations et doivent rédiger par la suite un certificat de vaccination. Nous sommes ici dans une exploitation contaminée, les ovins ne pourront donc sortir dans un autre élevage que dans 42 jours»
Quant à la stratégie évoquée par Pierre Jabert, elle a été mise en place au sein du groupe de travail constitué lors du dernier comité de pilotage FCO auquel participent des membres de la FDSEA, la Confédération, le GPS, OPA, vétérinaires et DDSV.
L’aspect économique a vite pris le pas sur l’aspect sanitaire proprement dit.
«L’urgence sanitaire tient à la désinsectisation, a ajouté le DDSV, il faut faire prévaloir l’avenir économique des exploitations avec la vaccination des animaux transhumants, des broutards en plaine et tous ceux qui sont destinés au négoce**; puis, la vaccination des ovins puis des bovins dans les exploitations infectées suivie des autres exploitations»
Ce schéma de vaccination doit être compris comme un guide général qui devra être adapté aux situations particulières. La mise à jour de l’évolution de la maladie et de l’avancement de la campagne de vaccination sera régulièrement mise à jour par la Préfecture de l’Ariège.
Le coût des vaccinations sera examiné la semaine prochaine avec la commission bipartite en charge de la tarification de l'ensemble des actes de prophylaxie obligatoire.
*en complément des 9 départements où elle est engagée depuis plusieurs semaines: Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gers, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées. La désinsectisation des animaux est obligatoire depuis le 22 août et renouvelable à intervalle de trois semaines.
**Pour pouvoir exporter ces animaux sur l’Italie ou l’Espagne, il est demandé un temps de latence d’au moins 60 jours après la seconde injection. Soit pour vaccination de BTV1 réalisée au 15 septembre, une expédition à compter du 6 décembre (81 jours), délai pouvant être ramené au 15 novembre avec réalisation d’un contrôle sanguin de virémie négatif au 60e jour.
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |