Fièvre catarrhale ovine: l�élevage ariégeois exsangue après le passage de l�épidémie
«La fièvre catarrhale est aujourd’hui un problème commercial plutôt qu’un problème sanitaire», telle est la position d’Hervé Péloffi, président de la FDSEA qui tire la sonnette d’alarme au nom des éleveurs ariégeois.
Après une première campagne de vaccination contre le Sérotype 8 qui aurait permis de relancer la commercialisation des bêtes au 15 septembre, c’est le Sérotype 1 qui s’est abattu sur les troupeaux, les a disséminés et bloqué toute transaction y compris sur le territoire national.
«Les éleveurs sont acculés et traumatisés, explique M. Péloffi, car ce fléau n’est pas apparu du fait de mauvaises pratiques agricoles, cette épidémie touche de plein fouet l’élevage ariégeois qui pensait après une première alerte et beaucoup de sacrifices être sorti d’affaire […] aujourd’hui on repart à la case départ»…
Avec en plus une perte considérable de confiance vis-à-vis des éleveurs qui jusqu’à présent étaient arrivés tant bien que mal à négocier des délais avec les clients, les coopératives…
Cette semaine le vaccin est à disposition et la campagne a débuté mais il faudra malgré les plans de vaccination, un mois pour vacciner tout le cheptel du département (soit 200 000 bêtes) et espérer relancer la commercialisation en fin d’année.
«Il nous faudra au moins quatre mois pour résorber le retard, ajoute Hervé Péloffi. Il y a certes le souci de la maladie qui vient de traverser le département mais il y a surtout un problème économique majeur qui fait chanceler les piliers de notre économie pastorale […] Actuellement les ovins sont sur les estives en montagne.
Nous avons un marché d’agneaux légers (20kg) avec l’Espagne, ils ne pourront pas partir sauf si les clients acceptent l’abattage en France et la vente de carcasses […] il y a un réel problème de trésorerie! Face aux situations inextricables qui se font jour, espérons qu’il n’y aura pas de gestes désespérés»
Les éleveurs ariégeois se tournent vers l’Etat: «Une enveloppe avait été mise en place en juin pour aider les éleveurs du nord contre le Sérotype 8, nous demandons une mesure identique correspondant aux critères de notre zone […] il s’agissait de 60€ par broutard gardé sur site, il serait logique d’avoir 120€ par broutard car après les avoir immobilisés à cause du Sérotype 8, c’est maintenant le 1 !»
Face à des cas exceptionnels, mesures exceptionnelles, l’élevage ariégeois est touché dans son intégralité et les mesures de circulation des animaux se sont durcies y compris en France où les bêtes sont interdites de circulation d’une zone à l’autre.
«La FDSEA a réussi à négocier avec la MSA le report de l’appel provisionnel demandé normalement fin août, il pourra être réglé le 20 octobre sans pénalité», explique H. Péloffi.
Quant à Synergie Ariège, dont il est également le président: «les salariés sont au chômage partiel mais je veux qu’ils soient sur le terrain, chez les éleveurs pour jouer un rôle de soutien psychologique […] il faut rassurer, écouter, proposer: nous avons mis en place une avance de trésorerie (4 millions + 2 de plus) l’argent de Synergie est mis chez les éleveurs pour les maintenir et n’en perdre aucun […]
La COPAMI a elle aussi consenti des efforts, elle est allée au-delà de ce qu’elle pouvait faire, maintenant les pouvoirs publics doivent venir en aide rapidement»
Hervé Péloffi, pour conclure, nous fait part de sa crainte: «il ne faudrait pas en cours de route que les éleveurs baisse les bras !»
L’élevage ariégeois, reconnu pour être un élevage naturel, de qualité, aura terriblement été impacté par la fièvre catarrhale ovine, tant au niveau sanitaire, économique que psychologique.
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |