Jean-Pierre Fabre, éleveur de montagne en Ariège touché de plein fouet par les conséquenses de la fièvre catarrhale
L’épidémie de Fièvre catarrhale ovine touche le département de l’Ariège depuis le mois dernier, sème son lot de désolation dans le cheptel des éleveurs ariégeois mais semble avoir une prédilection pour la plaine ou le piémont, les zones humides.
Comme nous l’indiquait Pierre Jabert, directeur départemental des services vétérinaires: «l’épidémie suit les voies de communication, qui elles même suivent les rivières, les zones humides […]les conditions d’altitude semblent de nature à freiner le développement de la maladie»
Nous avons rencontré un éleveur bovin à Montaillou, village ariégeois à 1300m d’altitude sur le canton d’Ax les Thermes. Jean-Pierre Fabre, après une solide formation, a repris dans les années 1990 l’exploitation de ses grands-parents et il est désormais à la tête d’une centaine d’hectares.
«Je suis naisseur, c'est-à-dire que j’ai un troupeau de 45 mères, des gasconnes et je fais venir des veaux précoces que je commence à commercialiser au 15 août, cela me permet de payer mes frais de fenaison: gas-oil, bâches, travaux à façon […]
Aujourd’hui je ne peux pas vendre mes veaux alors que mon élevage n’est pas touché par la maladie. Je n’ai rien vendu depuis début janvier, ma trésorerie est au plus bas et la banque commence à éternuer […]
La vaccination contre le Sérotype1 va considérablement allonger les délais de commercialisation, il y faut attendre au bas mot 60 à 80 jours entre la vaccination, le rappel, l’incubation […] c’est dramatique! De plus je n’ai pas l’infrastructure adaptée pour accueillir les bêtes qui vont rentrer d’estive, il faudra acheter de l’herbe, des aliments […] agrandir les hangars»
C’est un terrible coup du sort pour cet éleveur qui a toujours fait son travail au mieux, il n’arrive pas à comprendre pourquoi les services vétérinaires ont demandé de vacciner contre le Sérotype 8 alors que c’est le 1 qui touche le département…
«Ne pouvaient pas-t-ils le prévoir, anticiper ?» Désarroi, sentiment d’injustice, colère… l’élevage ariégeois de montagne n’est peut-être pas touché directement par la maladie mais il est économiquement ravagé car les mesures administratives s’imposent à tout le territoire.
Un arrêté préfectoral en date du 2 septembre durcit encore davantage les conditions de circulation des animaux en exigeant une vaccination en cours de validité pour tous les animaux quittant une exploitation infestée, ainsi que pour les animaux passant d’une zone réglementée 1 à une zone indemne BTV1.
Le 3 septembre au soir, le bilan de la progression de la FCO dans le département était de 461 déclarations de suspicions enregistrées par les services vétérinaires dont 170 concernant des suspicions ovines, 7 suspicions caprines, 288 suspicions bovines.
Au niveau de la vaccination, le vaccin contre le BTV1 est livré, le 8 est en contrôle libératoire, il ne va pas tarder à arriver en nombre dans le département. La vigilance est de mise mais qui se préoccupe du drame humain qu’engendre cette épidémie?
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |