Papeteries de Ledar à Saint Girons: c�est vraiment fini!
La cour, jonchée de papier, est quasiment vide, l’entrée est même redevenue libre dans ce qu’il faudra bien s’habituer à appeler les anciennes usines de Lédar.
Après des mois de conflit, des semaines de négociations et d’attente, après trop de promesses non tenues, de tergiversations perpétuelles, de valses hésitations à trop de temps, de trahisons et de lâchages, les ouvriers couserannais, découragés, ont fini par baisser les bras.
Dans l’usine occupée, l’assemblée générale de ce lundi noir a choisi de ne pas continuer l’aventure.
Certes, les deux tiers des votants s’affirmaient prêts à continuer, mais avec vingt neuf départs avérés, parmi lesquels nombre de techniciens, électriciens et mécaniciens, persévérer était vraiment trop risqué.
«Vouloir continuer dans ces conditions devenait suicidaire !»
Depuis la vente des centrales, au printemps 2007, chacun savait, plus ou moins inconsciemment, que l’usine était condamnée. Le lourd silence de l’Etat, le soutien trop tardif des élus et des collectivités territoriales, le fatalisme d’une population qui n’a peut-être pas pris l’exacte mesure du drame qui se nouait sur les bords du Lez, ont eu raison de la volonté des ouvriers.
«Quel gâchis, déplore ce technicien découragé. D’autant plus que la souscription marchait bien ! Et puis, continue-t-il d’une voix atone, au delà des licenciements, c’est tout un pan de notre culture collective qui s’effondre, et cela aussi est très grave»
Et demain?
Si l’on met de coté quelques quasi sexagénaires proches de la retraite et quelques spécialistes qui n’auront pas trop de mal à retrouver du travail, voire à s’installer à leur compte, ce sont plusieurs dizaines d’employés et d’ouvriers, n’ayant d’autre qualification que celle de bien connaître des machines aujourd’hui obsolètes, qui se retrouvent sur le carreau, avec l’épée de Damoclès que constitue l’obligation d’accepter un travail dans des conditions «raisonnables»
Alors, il reste les centrales, ces trop fameuses centrales, qui sont arrêtées depuis le début du conflit, mais qui sont protégées par le respect de l’outil de travail, et le stock, sûrement le meilleur atout des salariés pour négocier un plan de licenciements et des mesures d’accompagnement à la hauteur de la situation.
Et puis il reste cette solidarité de montagnards qui a permis, comme le rappelle le président Bonrepaux à des pays comme le Tarasconnais et le Pays d’Olmes de se sortir de crises du même type.
«Il ne faut pas désespérer» Acceptons en l’augure, mais pour beaucoup la nuit sera longue.
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2008 |