Rio Tinto Alcan: précisions de la direction du site de Sabart à Tarascon sur Ariège
Ancienne usine Péchiney, la dernière de la vallée rachetée par Alcan Inc* puis, depuis octobre 2007, par Rio Tinto, le géant mondial dans le domaine de la production d'aluminium primaire, l’usine de Sabart fait parler d’elle depuis plusieurs mois.
Il est vrai que les anciens de Péchiney, encore meurtris par la fermeture du site d’Auzat, entretiennent des liens très forts avec leur outil de travail.
Dépassés par les règles de la mondialisation qui influent sur les cours de la bourse, les fusions acquisitions, l’agitation des marchés et la crise financière et économique… tout cela est loin de les rassurer.
Dans un tel contexte, le personnel du site de Sabart est inquiet, il a tiré la sonnette d’alarme en septembre dernier (voir notre article du 18 septembre 2008) et a décidé de se mettre a nouveau en grève (une grève tournante, par poste - NDLR) en demandant l’arrêt immédiat de la filialisation.
«Nous voulons savoir quelles sont les garanties sur notre avenir», rappellent les ouvriers en grève.
Juridiquement, l’usine de Sabart, ancienne usine Péchiney,est rattachée à aluminium Péchiney, une société française qui comprend les usines de production de St-Jean de Maurienne, Gardanne et Dunkerque.
Ses activités sont basées sur l’électrométallurgie avec la fabrication de produits usinés à partir de métal solide, des billettes employées pour la réalisation de pièces pour l’aéronautique (Airbus, Boeing, Dassault) et des motoristes (General Electric, Snecma, Rolls Royce).
Les billettes qui sortent de l’usine de Sabart sont d’une qualité suffisamment importante pour la positionner comme leader sur le marché.
Avec ses 48 salariés et une dizaine d’intérimaires, elle produit 6.000 tonnes de billettes par an, un produit spécifique, souvent commandé en petite quantité mais à forte valeur ajoutée puisque capable de résister à des charges compliquées qui se prêtent à des modes de déformation propres aux pièces de l’aéronautique…
Bref des produits exempts de défaut donc recherchés sur un segment de marché qui ne connaît pas vraiment de crise.
Face au dernier mouvement de grève qui touche l’usine de Tarascon-sur-Ariège, nous avons rencontré Patrice Vidal, le responsable du site depuis juillet 2007.
«La filialisation consiste à mettre en cohérence l’organisation industrielle et juridique et faire de cet établissement une société indépendante rattachées au groupe d’affaire Engineered Products (groupe d’exploitation des produits usinés appartenant au groupe minier)»
L’actionnaire principal est toujours Rio Tinto, il s’agit de créer une société de filialisation au sein d’un même groupe industriel. La filialisation demeure une opération juridique ordinaire.
Quant aux craintes des salariés elles concernaient d’abord la perte de leur statut… il est vrai qu’actuellement ils bénéficient de la convention collective de la chimie et d’un statut particulièrement avantageux pour l’aluminium Péchiney.
Lors des négociations entamées depuis plusieurs semaines avec la direction, celle-ci leur a garanti un rapport à l’identique.
«Les statuts seront repris à l’identique […] mêmes intéressements, mêmes gains et participation, […] garantie du CE et de sa dotation, reprise de tous les accords locaux existants»
Dans la perspective de la vente de l’usine, les salariés demandent qu’ils soient sécurisés face à un nouvel acquéreur qui pourrait dénoncer ces accords: «individuellement ces accords seront garantis par une lettre d’engagement visant à la sécurisation de la situation […] la discussion n’est pas terminée»
Le CE a demandé une expertise qui a rendu un résultat positif vis-à-vis de la filialisation.
«Il s’agit de la solution la plus fiable […] notons que nous sommes dans un secteur épargné par la crise, notre souci est davantage de livrer dans les temps que d’aller chercher des clients»
Enfin, les salariés appréhendent une fermeture du site: «elle n’est pas au programme […] si les résultats de la société jusqu’en 2007 n’étaient pas très bons, la mise en place d’actions ont porté leurs fruits en 2008, les résultats sont à la hausse, tout comme nos perspectives et nous avons encore de nombreuses actions à réaliser […]
L’entreprise est rentable […] avoir de bons résultats constitue une assurance pour pérenniser notre production […]il faut faire confiance à l’avenir»
*Alcan a organisé la production en 3 groupes d’affaires: métal primaire, emballage, transformation aluminium.
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |