Une journée avec l'équipe du suivi ours
L'organisation du suivi de l'ours brun a été confiée depuis 1983 à l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) par le ministère en charge de l'environnement.
Il repose sur la mise en place d'un réseau composé de membres répartis sur l'ensemble des Pyrénées, le réseau ours brun, animé par l'équipe technique ours.
Ces membres sont spécialement formés pour identifier des indices d'ours et appliquer les protocoles de suivi.
Sébastien Pauly est technicien à l’équipe technique ours en Ariège, il réalise un suivi classique à raison de trois localisations par semaine et c’est au cours d’une des ses missions hebdomadaires que nous l’avons suivi sur les traces de l’ours Balou.
Celui-ci a avait défrayé la chronique en septembre 2008, victime du tir accidentel d’un chasseur sur la commune de Prades, il avait été blessé à la patte avant droite.
Lâché sur la commune d’Arbas le 2 juin 2006, il pesait à l’époque 88kg; aujourd’hui Balou a 7 ans et pèse dans les 150kg.
Il a l’habitude de prendre ses quartiers d’hiver dans le secteur de Naguilhes sur la commune d’Orlu. L’équipe du suivi l’a observé à sa sortie de tanière le 10 mars, il semblait en bonne santé et posait ses quatre pattes au sol.
Depuis le début de la semaine dernière il a été localisé dans la vallée d’Orlu avant de rejoindre un territoire qu’il a beaucoup fréquenté à l’automne dernier.
«Nous n’avons pas relevé de prédation concernant Balou, explique le technicien, son régime au printemps est protéiné, il se nourrit de fourmilières, de couvains de larves quand il s’en prend à une ruche (et non pas au miel), de charognes (animaux victimes des chasseurs ou de coulées de neige), de fruits d’automne et de végétaux […]
C’est le début de la saison du rut, jusqu’à la mi-juin ses organes sont stimulés, il ne se déplace par forcément pour trouver une femelle- actuellement nous en avons localisé une côté espagnol et la seconde est sur la Haute-Garonne- mais il peut réaliser d’importants déplacements sur 30km en 24h […] il est difficile de le suivre sur ces périodes-là»
Les dernières traces observées vendredi indiquait sa présence dans la forêt de Bélesta, entre le chemin des Mutuelles, Espezel et la forêt de Sainte-Colombe: «nous avons averti Olivier Bedos, éleveur ovin dans cette région de la présence du plantigrade, indique Sébastien Pauly.
Nous le faisons systématiquement bien que ce ne soit pas notre mission première mais depuis que les ours sont équipés, si nous avons connaissance de la présence de l’ours sur un secteur, nous contactons les éleveurs avec qui nous entretenons de bonnes relations»
Dans son véhicule équipé d’une antenne omnidirectionnelle le poste est calé sur la fréquence de Balou qui, à ce jour gardera son collier en l’état.
Nous rencontrons sur la jasse des Mutuelles un exploitant forestier avec qui le technicien échange des informations sur les routes forestières à emprunter, sur les dernières observations qu’il aurait pu réaliser au cours de ses déplacements en forêt.
Mais après avoir passé le secteur au peigne fin, le récepteur ne signale aucun écho du plantigrade…
En début d’après midi Patrice Lorenzato, agent technique de l’environnement à l’ONCFS du département de l’Aude et Adrien son stagiaire se joignent à nous et nous nous dirigeons, après avoir fait un crochet dans la forêt de Picaussel, Puivert, sur la commune de Comus en direction des Gorges de la Frau où l’ours a longuement été observé à l’automne dernier.
Les techniciens se relaient avec une antenne directionnelle, permettant d’affiner les positions dans un périmètre de 200 à 300 mètres après le report des directions sur la carte (principe de triangulation).
Le signal devient enfin perceptible, il nous conduit au Belvédère de la route des Sapins et de là au Pas de l’Ours le bien nommé où le signal s’emballe… Balou est à 400m au-dessous dans un petit bois.
«En ce moment, il est inactif, indique Sébastien Pauly, l’ours a essentiellement une activité nocturne»
Nous empruntons un chemin qui nous conduit à l’intérieur de la forêt car à plusieurs endroits les techniciens ont installé «des appâts à térébenthine»: un morceau de grillage imbibé de cette essence qui attire les ours et sur lequel ils laissent de précieux indices: des poils.
Ils sont prélevés et envoyés pour expertise au laboratoire de Grenoble.
Nous découvrons des empreintes dans le sol détrempé «elles datent de la nuit dernière»; nous arrivons à une fourmilière littéralement explosée, un essaim de guêpes visité «c’est plus ancien, cela date de l’an dernier» estiment les techniciens; une griffade sur un arbre, un autre tronc de sapin qui aura servi de grattoir et sur lequel on pourra réaliser des prélèvements de poils…
Enfin une crotte qui elle aussi sera analysée en laboratoire: «on peut lire à livre ouvert ce qu’a mangé Balou: des végétaux essentiellement, des fourmis, des insectes, des bourgeons»
Avant de quitter la zone, Sébastien fait l’état des observations de la journée à Frédéric Decaluwe, ingénieur adjoint à l’ONCFS en charge de l’équipe technique ours et du réseau ours brun avant de rappeler l’éleveur local pour le prévenir de la présence du plantigrade.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
Lien permanent vers l'article: http://www.ariegenews.com/news-8666.html
05/05/2009 | 22:27
Il repose sur la mise en place d'un réseau composé de membres répartis sur l'ensemble des Pyrénées, le réseau ours brun, animé par l'équipe technique ours.
Ces membres sont spécialement formés pour identifier des indices d'ours et appliquer les protocoles de suivi.
Sébastien Pauly est technicien à l’équipe technique ours en Ariège, il réalise un suivi classique à raison de trois localisations par semaine et c’est au cours d’une des ses missions hebdomadaires que nous l’avons suivi sur les traces de l’ours Balou.
Celui-ci a avait défrayé la chronique en septembre 2008, victime du tir accidentel d’un chasseur sur la commune de Prades, il avait été blessé à la patte avant droite.
Lâché sur la commune d’Arbas le 2 juin 2006, il pesait à l’époque 88kg; aujourd’hui Balou a 7 ans et pèse dans les 150kg.
Il a l’habitude de prendre ses quartiers d’hiver dans le secteur de Naguilhes sur la commune d’Orlu. L’équipe du suivi l’a observé à sa sortie de tanière le 10 mars, il semblait en bonne santé et posait ses quatre pattes au sol.
Depuis le début de la semaine dernière il a été localisé dans la vallée d’Orlu avant de rejoindre un territoire qu’il a beaucoup fréquenté à l’automne dernier.
«Nous n’avons pas relevé de prédation concernant Balou, explique le technicien, son régime au printemps est protéiné, il se nourrit de fourmilières, de couvains de larves quand il s’en prend à une ruche (et non pas au miel), de charognes (animaux victimes des chasseurs ou de coulées de neige), de fruits d’automne et de végétaux […]
C’est le début de la saison du rut, jusqu’à la mi-juin ses organes sont stimulés, il ne se déplace par forcément pour trouver une femelle- actuellement nous en avons localisé une côté espagnol et la seconde est sur la Haute-Garonne- mais il peut réaliser d’importants déplacements sur 30km en 24h […] il est difficile de le suivre sur ces périodes-là»
Les dernières traces observées vendredi indiquait sa présence dans la forêt de Bélesta, entre le chemin des Mutuelles, Espezel et la forêt de Sainte-Colombe: «nous avons averti Olivier Bedos, éleveur ovin dans cette région de la présence du plantigrade, indique Sébastien Pauly.
Nous le faisons systématiquement bien que ce ne soit pas notre mission première mais depuis que les ours sont équipés, si nous avons connaissance de la présence de l’ours sur un secteur, nous contactons les éleveurs avec qui nous entretenons de bonnes relations»
Dans son véhicule équipé d’une antenne omnidirectionnelle le poste est calé sur la fréquence de Balou qui, à ce jour gardera son collier en l’état.
Nous rencontrons sur la jasse des Mutuelles un exploitant forestier avec qui le technicien échange des informations sur les routes forestières à emprunter, sur les dernières observations qu’il aurait pu réaliser au cours de ses déplacements en forêt.
Mais après avoir passé le secteur au peigne fin, le récepteur ne signale aucun écho du plantigrade…
En début d’après midi Patrice Lorenzato, agent technique de l’environnement à l’ONCFS du département de l’Aude et Adrien son stagiaire se joignent à nous et nous nous dirigeons, après avoir fait un crochet dans la forêt de Picaussel, Puivert, sur la commune de Comus en direction des Gorges de la Frau où l’ours a longuement été observé à l’automne dernier.
Les techniciens se relaient avec une antenne directionnelle, permettant d’affiner les positions dans un périmètre de 200 à 300 mètres après le report des directions sur la carte (principe de triangulation).
Le signal devient enfin perceptible, il nous conduit au Belvédère de la route des Sapins et de là au Pas de l’Ours le bien nommé où le signal s’emballe… Balou est à 400m au-dessous dans un petit bois.
«En ce moment, il est inactif, indique Sébastien Pauly, l’ours a essentiellement une activité nocturne»
Nous empruntons un chemin qui nous conduit à l’intérieur de la forêt car à plusieurs endroits les techniciens ont installé «des appâts à térébenthine»: un morceau de grillage imbibé de cette essence qui attire les ours et sur lequel ils laissent de précieux indices: des poils.
Ils sont prélevés et envoyés pour expertise au laboratoire de Grenoble.
Nous découvrons des empreintes dans le sol détrempé «elles datent de la nuit dernière»; nous arrivons à une fourmilière littéralement explosée, un essaim de guêpes visité «c’est plus ancien, cela date de l’an dernier» estiment les techniciens; une griffade sur un arbre, un autre tronc de sapin qui aura servi de grattoir et sur lequel on pourra réaliser des prélèvements de poils…
Enfin une crotte qui elle aussi sera analysée en laboratoire: «on peut lire à livre ouvert ce qu’a mangé Balou: des végétaux essentiellement, des fourmis, des insectes, des bourgeons»
Avant de quitter la zone, Sébastien fait l’état des observations de la journée à Frédéric Decaluwe, ingénieur adjoint à l’ONCFS en charge de l’équipe technique ours et du réseau ours brun avant de rappeler l’éleveur local pour le prévenir de la présence du plantigrade.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 05/05/2009 | 22:27 | Lu: 59530 fois
dans la même rubrique > ariège > agriculture et environnement
- Une pétition internationale en faveur de l'ours dans les Pyrénées
- Saint-Girons: Nourriture en partage
- Ours dans les Pyrénées: un chiffre stable à la fin 2012
- Dernière ligne droite avant les transhumances en Ariège
- Foire de Tarascon: tradition et pastoralisme au carrefour des vallées
- Le «Galavard» du Terrefort, une valorisation réussie de la filière porcine locale
- Eco-pâturage à Foix: des moutons d'Ouessant pour une expérimentation écologique de la tonte
- Pour le syndicat apicole ariégeois, le moratoire de 2 ans interdisant certains pesticides n'est...
- Météo: les cultures accusent le coup et les maraîchers broient du noir
- Roumengoux: asperges blanches et vertes sont de saison au Panier de Séverine
- La Chambre d'agriculture de l'Ariège attend beaucoup de son entretien privilégié avec Jean-Marc...
- Assemblée Générale des chasseurs de l'Ariège: «ras le bol d'une réglementation environnementale...

Sur les traces de l'ours Balou... avec les techniciens du suivi
fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





