L�Estive rend hommage à Jean Rouch dans le cadre du mois du court métrage
Jean Rouch est mort accidentellement le 18 février 2004 au Niger, dans cette Afrique qu’il avait tant filmée, étudiée et aimée.
On peut dire qu’il a inventé la profession d’ «éthocinéaste»: ses films sont aussi précieux sur les peuples africains que déterminants dans l’histoire du cinéma. Jean Rouch était une constante référence pour les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Godard ou Rivette reconnaissent leur dette envers les audaces des «Maîtres fous» ou de «Moi, un noir»
Né en 1917, fils de Jules Rouch, météorologue, explorateur (il a participé à une expédition polaire avec Jean-Baptiste Charcot en 1908-1910), Jean fut l’élève de Marcel Maus et de Marcel Griaule, qui documentait ses recherches ethnographiques avec des films.
C’est en tant qu’ingénieur des Ponts et Chaussées qu’il découvre l’Afrique en 1941. Il est alors responsable d’un chantier au Niger. C’est à cette époque que date sa passion pour ce continent. Après un bref passage comme journaliste à l’Agence France-Presse (AFP), il reviendra en Afrique où il devient ethnologue réputé.
En 1953, chargé de recherches au CNRS, il crée le Comité du film ethnographique, dont le siège est au Musée de l’Homme, avec Enrico Fulchignoni, André Leroi-Gourhan, Henri Langlois et Claude Lévi-Strauss.
Au cours de ses cinquante années de carrière, il réalise plus de cent vingt films. Président de la Cinémathèque française de 1987 à 1991, il est en 1993 lauréat du Prix Internationale de la paix. Jean Rouch est mort en février 2004 dans un accident de voiture au Niger.
Dans le cadre du mois du documentaire, l’Estive scène nationale de Foix et de l’Ariège rend hommage à Jean Rouch. Le public ariégeois pourra découvrir quatre de ses courts-métrages filmés en Afrique avec la passion que pouvait lui inspirer ce continent mais également avec une technique bien particulière qui lui permettait de s’approcher au plus près du sujet.
Quatre courts-métrages de Jean Rouch à l’Estive
Durée 1h28 Les tambours d’avant-1972 (11’): les gens de Simiri au Niger battent le tambour pour éloigner les sauterelles. Le quatrième soir le preneur de son et moi-même entrons dans la danse et tournons en un seul plan séquence un moment fort d’un rituel de possession, cet essai de film ethnographique à la première personne.
Les maîtres fous- 1955 (26’) : dans la ville d’Accra des émigrants de la pauvreté brusquement plongés dans un nouveau mode de vie. Apparaissent des troubles mentaux et aussi de nouvelles divinités. Une grande cérémonie rituelle a lieu, avec son cortège de possessions. Le lendemain nous retrouverons les possédés dans la ville. Grâce au rituel, ils ont réussi à intégrer leurs troubles mentaux dans la vie collective de la société.
La Goumbé des jeunes noceurs-1965 (26’): une association de jeunes gens à Abidjan dans la quartier populaire de Treichville. Ils se réunissent pour d’extraordinaires séances de chants et de danses «modernes»
Les veuves de 15 ans-1966 (25’) : les «yéyés» français. Le cinéaste observe le comportement de deux très jeunes filles dans la société «yéyé» parisienne, dont nous suivons les aventures. L’une est sérieuse, l’autre pas!
L’Estive Scène Nationale 20, avenue du Général de Gaulle BP95 09007 Foix Tél : 05 61 05 05 55 http://www.lestive.com
Crédit photos: ©L'Estive - Fond Rouch
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