La Scène Nationale de Foix présente: «Le Procès» d'après l'oeuvre de Franz Kafka
Un cauchemar hilarant!
On limite trop souvent l’œuvre de Kafka à l’adjectif "kafkaïen". L’administration et la bureaucratie sont bien présentes dans le Procès, mais comme un thème parmi d’autres. Ce cliché masque les singularités bien réelles, ainsi que la dynamique proprement délirante du récit.
Tout d’abord, le personnage de Josef K.: "on se le représente toujours littéralement accablé. Au contraire, K. passe son temps à réagir avec courage, avec entrain, et je dirais même, avec naïveté"
C’est un ressort très important: chaque rencontre lui redonne espoir, le relance dans sa quête d’une improbable rédemption ; au fil même du dialogue, il ne cesse de courir après sa chance et d’y croire. Certes, son affaire est d’une complexité et d’une absurdité diaboliques, mais il ne renonce jamais à tenter d’en venir à bout. Nous mettrons en scène un K. plus proche de Tintin que de Job.
Chez Kafka, toujours une femme survient et chaque fois, c’est pour le héros la charmante occurrence de s’abandonner un peu, juste un peu, à l’érotisme puis de se retenir comme au bord d’un gouffre.
Kafka est "bringuebalant" : concrètement, son univers chaotique se présente comme un dédale que Josef K. ne cesse de parcourir en tout sens, d’une niche à l’autre. Une petite machinerie de célibataire!
Le décor? Du noir: un escalier branlant avec une rampe en fer, un plumard douteux, une porte trop basse ou trop étroite, une ampoule nue qui éclaire vaguement… une vraie misère pour une histoire de fous, haletante, cruelle mais par dessus tout drôle.
"La force de ce Procès est de même nature que celle du Malade imaginaire. L’ambition artistique est première et subjugue. On n’a donc pas à vous parler en priorité d’un spectacle monté avec des comédiens " différents ", sauf que sans nul doute cette "différence" donne des êtres qui ont une force très particulière et un engagement fascinant.
Il y a quelque chose de naturellement grinçant dans la représentation , quelque chose de grotesque donné par les costumes, les maquillages, les paroles échangées, et quelque chose de sourdement angoissant et de déchirant, qui appartient à Kafka et que les interprètes nous rendent sensibles. On les salue, tous, qu’ils aient de longues partitions ou qu’ils apparaissent en plusieurs figures cocasses ou inquiétantes.
Une troupe unie et qui laisse chacun s’exprimer personnellement. Pour rire de ce rire qui dit la férocité du monde avec des hommes et des femmes qui nous donnent, en plus, une superbe leçon de dignité et de courage" Armelle Héliot.
Mardi 6 février à 20h45 à L’Estive de Foix Réservation: 05 61 05 05 55
Crédit photo: ©LOT
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