Commémoration du centenaire du classement de l'église cathédrale Saint-Maurice de Mirepoix comme monument historique
C'est en présence de Mme Ettori, conseiller général, de M. Cazenave, maire, de M. Augot, architecte des Bâtiments de France, de M. Aliquot, conservateur des antiquités religieuses de l'Ariège, de Mme Quillien, premier adjoint, de M. Lagarde, directeur de l'office de tourisme, et d'une grande assemblée de Mirapiciens, que s'est déroulée dimanche dernier la commémoration de ce centenaire.
Le projet était de rassembler dans l'église cathédrale tous ceux à qui elle tient à coeur, tant du point de vue religieux que patrimonial. C'est la raison pour laquelle il fut soutenu et encouragé par les autorités civiles et religieuses, ainsi que les responsables de la préservation du patrimoine et de l'architecture.
Mme Michèle Pradalier-Schlumberger, présidente de la Société archéologique du Midi de la France, avait accepté dès le début du projet de faire la présentation historique de l'église cathédrale. Elle la connaît dans ses moindres détails, ayant travaillé à maintes reprises sur ce monument, et notamment sur les clés de voûte que nous connaissons mieux grâce à elle.
Sa présentation, limpide et synthétique, permit de suivre l'évolution de ce bâtiment, complexe, depuis les origines, et montra que loin d'être une église à l'architecture homogène, elle était en réalité faite de cinq églises successives.
Eglise paroissiale lors de la reconstruction de Mirepoix après l'inondation de 1289, elle se compose en 1298 d'une nef et de huit chapelles. Lors de la création du diocèse de Mirepoix par le pape cadurcien Jean XXII en 1317, elle devint donc cathédrale. Le premier véritable évêque bâtisseur fut Pierre de Lapérarède, dominicain ami du pape Jean XXII. La cathédrale présente alors un immense chevet bordé de chapelles rayonnantes.
Peut-être l'architecte mirapicien Pierre Poisson, qui travailla au Palais Vieux des Papes en Avignon, joua-t-il un rôle dans ces travaux, mais nulle preuve ne l'atteste. La Guerre de Cent Ans et la peste noire interrompirent ensuite les travaux, comme dans tout le midi toulousain, et ce n'est qu'au début du XVe siècle que l'évêque Guillaume du Puy projeta un transept, qui ne fut jamais réalisé, laissant en place un faux-transept.
Philippe de Lévis, entreprit de grands travaux au début du XVIe siècle, apposant des arcs doubleaux diaphragmes, une charpente (sur une nef en bien piteux état, selon les documents d'archives), érigeant un clocher, de même qu'à son abbaye de La Grasse, et faisant construire le palais épiscopal, le porche d'entrée de style gothique flamboyant et la chapelle Sainte-Agathe, avec le maçon Georges Terret.
Au XIXe siècle, selon la description du baron de Guilhermy, l'église cathédrale de Mirepoix est très étrange, dissymétrique, avec une nef désaxée, et les restes du cloître de Guillaume du Puy.
Ce sont les travaux de 1857 qui lui ont donné son aspect actuel, sous l'égide de Viollet-le-Duc, avec les architectes Cals et Coma. Il fallait régulariser et élargir la nef dans le prolongement du chevet, et pour cela, le mur sud fut repoussé et engloba le clocher. De cette époque datent les ouvertures circulaires ornées de vitraux, rappelant l'église Saint-Michel de Carcassonne.
Le XIXe siècle s'appliqua toutefois à respecter l'esprit du XIVe siècle. Répondant à des questions, Mme Pradalier-Schlumberger souligna l'importance des clés de voûte de trois des chapelles rayonnantes, celles représentant saint Michel, la Vierge à l'Enfant et saint Dominique, toutes trois attribuées au maître de Rieux, sculpteur toulousain dont le véritable nom était Pierre de Saint-Emilion.
Elle précisa encore l'importance et la qualité du pavement de la chapelle épiscopale, mais il aurait fallu bien plus de temps pour rendre grâce à toutes les beautés que contient l'église cathédrale de Mirepoix!
Après cette remarquable présentation archéologique du monument, la messe fut concélébrée par Mgr Perrier et le père Ottaviani, dans un très bel esprit humaniste et oecuménique. Un vin d'honneur offert par la paroisse et la municipalité fut offert à tous les participants et permit de célébrer avec beaucoup de convivialité et de chaleur le centenaire du classement de l'église cathédrale de Mirepoix.
Comme l'ont dit avec humour Mgr Perrier et le père Ottaviani, «Rendez-vous dans cent ans pour une autre commémoration semblable !»
Par email, Martine Rouch |