Retour après restauration de toiles peintes en Basse-Ariège
Le service de la Conservation Départementale des Antiquités et Objets d'Art travaille à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine artistique mobilier conservé dans le département.
Celui-ci recouvre l'ensemble des oeuvres d'art publiques ou privées conservées dans des édifices, très divers, à l'exclusion des collections des musées régies par le statut particulier des collections publiques. La Conservation Départementale des Antiquités et Objets d'Art dépend du Ministère de la Culture, Direction du Patrimoine.
Ce service est placé sous la responsabilité d'un conservateur nommé par le Ministre de la Culture, qui s'appuie sur la Commission Départementale des Objets Mobiliers composée de membres qualifiés nommés par le Préfet, de représentants des élus, maires, conseillers généraux et des services de l'Etat.
Dans le département de l’Ariège c’est à Claude Aliquot qu’incombe cette mission. Il effectue des visites régulières dans les communes afin de recenser et photographier chaque objet.
Depuis la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, tous les objets conservés dans les édifices cultuels sont de la propriété de la commune (ou de l’Etat pour les cathédrales), au même titre que les édifices eux-mêmes.
Ces objets mobiliers ne peuvent, d'aucune manière, être restaurés, modifiés ou vendus à l'initiative des paroissiens ou des curés desservants qui ne sont qu'affectataires.
Afin de protéger ces objets répertoriés, ils sont soumis à l'examen de la Commission des Objets Mobiliers qui se réunit à la Préfecture pour examiner les oeuvres présentées par le conservateur des A.O.A et se prononcer sur leur protection.
Toute intervention sur un objet protégé classé ou inscrit ne peut avoir lieu sans autorisation préalable (DRAC, Préfecture). Deux cas de figure se font jour : pour les objets classés, les travaux de restauration sont exécutés sous le contrôle du conservateur des A.O.A et de l'Inspecteur des Monuments Historiques.
Sur le montant des travaux, le propriétaire peut demander des participations de 50% de l'Etat. Enfin pour les objets inscrits, un programme annuel de travaux est proposé par le Conservateur des A.O.A à la C.R.M.H. (la participation de l'Etat peut atteindre 25%).
La semaine dernière le conservateur des AOA a fait procéder à un ensemble de retour d’œuvres en Basse-Ariège, en présence des autorités responsables et des restaurateurs de l’entreprise Malbrel à Gaillac (81).
Première livraison: Eglise de La Tour du Crieu en présence de Jeanine Darrieutort, maire de La Tour du Crieu et de Jeanne Allix, responsable de l’association culturelle locale. Il s’agit du retour d’une toile peinte représentant l’Ascension du Christ (inscrite à l’inventaire supplémentaire au titre des MH le 9 novembre 1999), datable de la fin du XIXe siècle et qui pourrait d’après le conservateur être l’œuvre de Pedoya. Le montant des travaux (restauration de la peinture et du cadre) s’élevait à 4100 euros hors taxes, subventionnés à hauteur de 25% par le ministère de la culture, 15% par le conseil régional et 10% par le conseil général.
Deuxième livraison: Mairie de Pamiers en présence de Roger Ribaute, adjoint au Maire à la Culture. Deux tableaux ont réintégré les lieux : une très belle Allégorie de la République réalisée par Hippolyte Lazerges (1817-1887), troisième quart du XIXe siècle. Le coût des travaux de restauration s’élevait à 4 482 euros (répartition des crédits identique). La seconde toile, un Louis XV datant du XVIII e siècle, une œuvre non signée mais inscrite à l’inventaire supplémentaire au titre des MH le 8 novembre 2000. Le coût des travaux de restauration avec cadre en bois doré s’élevait à 5 202 euros (répartition des crédits identique). Ces deux toiles grands formats retrouveront une place de choix dans l’escalier monumental conduisant à la salle du Conseil municipal.
Enfin à Saverdun, La Nativité de la Vierge et non comme on l’avait évoqué jusqu'à présent Nativité de l’enfant Jésus. En effet l’encrassement du tableau ne permettait pas de lire le listel : « Salve Maris Stella », les personnages sont donc Anne et Joachim et non pas Marie, Joseph et les bergers.
Cette œuvre du XIXe n’est pas signée mais elle a été inscrite à l’inventaire supplémentaire au titre des MH le 23 juillet 1999. Le coût des travaux de restauration s’élève à 2 767 euros (répartition des crédits identiques).
Ce programme d'interventions aura pour but de prolonger la vie matérielle de ces tableaux, par des traitements de consolidation et de nettoyage. La restauration est aussi un moment privilégié pour redécouvrir ces œuvres souvent méconnues.
Remerciements à Claude Aliquot Photos: ©AriegeNews 2007 - CA
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