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    Agriculture & Environnement    
20/08/2007 imprimer envoyer � un ami commentaires(5)
Haute-Ariège: Prédation sur trois génisses dans le secteur de l�Artigue

 Des éleveurs nous ont signalé samedi 18 août la découverte de trois cadavres de génisses non loin de l’orris du Pujol, après le bois de Fontanal, en direction du pla de Pujol, au pied du Montcalm où avait lieu au même moment la célèbre course qui conduit chaque année près de 300 concurrents à gravir le toit de l’Ariège.

Nous nous rendons sur site dimanche matin accompagné par Jean-François Denjean et Cédric Bernadac, les deux éleveurs de brebis tarasconnaises du canton, qui connaissent bien le terrain et qui ont accompagné la veille l’équipe du suivi ours sur les lieux.

Après avoir traversé le bois de Fontanal, la hêtraie s’éclaircit au niveau du chemin qui rejoint la DZ, il faut cependant encore monter sur deux kilomètres pour atteindre le pla où nous attend Didier Mathe accompagné par Edith Denjean, que nous avions rencontré le jour de la transhumance en juin dernier.

L’éleveur est totalement effondré, c’est la première fois que l’ours s’attaque à ses vaches:

«Vendredi matin, mon troupeau de 24 génisses était encore en pâturage sur la crête au dessus du Pla de Pujol.

J’étais monté voir les bêtes car depuis une semaine un brouillard persistant accroche la montagne et ne facilite guère la surveillance des troupeaux. Rien à signaler.

Samedi matin à 7h30, un collègue me téléphone que trois de mes génisses sont mortes !

….écoeuré, il y a de quoi,  il n’a même pas tué mes bêtes pour les manger, apparemment il était déjà apasturé, il s’est contenté de jouer avec elles, courir derrière, leur donner des coup de patte, elles sont marquées par des griffes, des hématomes, une a la tête éclatée, il a prélevé les pis et une langue qu’il a consommé…par gourmandise.

J’ai gagné ma journée, c’est une perte de 3000 euros, trois génisses sur un troupeau de 24 c’est beaucoup!

L’an passé c’est sur le troupeau que j’ai en estive au plateau de Beille, cette année c’est ici… je vais finir par tout vendre et m’inscrire au RMI !
» ajoute-t-il dans un élan d’exaspération.

Nous empruntons un petit sentier jusqu’à la clôture, le sol est tapissé de rhododendrons et de fougères en fleurs.
Nous sommes à 1800m d’altitude.

«Samedi vers 11h30 l’équipe du suivi de l’ours est venue sur place, pour la première bête, celle qui est là-haut, il n’y a aucun doute d’après eux, les deux autres plus bas, ils ont fait des prélèvements pour les analyser, voir s’il y a des poils, des griffes, le moindre indice, bien que pour ma part il n’y ait pas de doute non plus, raconte Didier Mathe.

Ils ont rempli leurs grilles de constat, le rapport sera examiné avec la DDEA et le préfet dans la semaine… il faut leur laisser faire leur travail
»

Nous ne pouvons que constater sous les bâches qui protègent les cadavres qui commencent à se décomposer et dégagent déjà une odeur acre, des traces de griffures, du sang, des meurtrissures, des dents cassées, un crâne fracassé…

Autre préoccupation, évacuer les carcasses, avant que les vautours ne commencent leur festin car dans la zone il peut y avoir aussi des randonneurs.

«Heureusement il fait frais depuis deux jours, mais on attend de voir si un hélicoptère peut monter pour les prendre, et si cela est pris en charge par le suivi de l’ours.
Tout cela coûte une fortune à l’Etat, aux contribuables
» ajoute Didier consterné.

En redescendant, Cédric Bernadac et Jean-François Denjean nous expliquent: «le pays est escarpé, les brebis sont gardées en escabot (30-40 bêtes sur une pente), elles vont partout, en plus en ce moment il y a du brouillard.

On ne peut pas les ramasser tous les soirs, compte tenu de la spécificité de notre montagne c’est impossible. De plus, les tarasconnaises qui ne sont pas gardées serrées engraissent mieux, c’est un produit de qualité que nous essayons de faire. La technique de gardiennage libre en escabot, l’engraissement des agneaux et des brebis au trèfle réglissé…

Tout cela fait partie de la tradition mais également de la qualité de cette race locale. On veut continuer à faire notre métier dans de bonnes conditions.
On invite tous les gens qui nous ont mis ces ours à venir passer quelques jour avec nous, dans le brouillard à surveiller nos troupeaux, ils verront ce que c’est que le métier d’éleveur en Ariège
»

Edith Denjean est quant à elle consternée: «Je suis atterrée, affolée… l’ours s’amuse avec les bêtes,  il les tue et s’en va…3 vaches sur 24 s’est important, toutes les bêtes étaient affolées samedi matin, ce sera ainsi tant que l’ours sera dans nos montagnes.

Je voudrais que les gens qui ont décidé de les réintroduire se mettent un seul instant à la place des bergers. Ils élèvent leurs bêtes toute l’année, ils connaissent leur descendance… il faut venir voir la vie des bergers, c’est dur mais c’est leur choix parce qu’ils aiment ce métier
…»

L’exaspération, l’incompréhension, le renoncement, la colère… gagnent le milieu des éleveurs de la Haute Ariège.

Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007
actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 20/08/2007
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