La Bastide de Sérou: trois amazones reprennent les rênes d’Equizones
Construit en 1992 afin de promouvoir le cheval de Mérens, le centre national du cheval de Mérens jouait depuis quelques temps la belle endormie dans son écrin de verdure de La Bastide de Sérou.
Depuis le mois d’avril, Sandra Ciano a repris les rennes de la structure en s’entourant de Stéphanie Dobosz pour le tourisme équestre et l’élevage et Delphine Weiler, le secrétariat, l’accueil et l’accompagnement des randonnées.
«Je les connaissais un peu et j’avais envie de travailler et de développer les activités du centre équestre avec elles, explique la jeune gérante, elles sont impliquées dans l’affaire… et pour l’accueil, la qualité et l’esthétique, les filles c’est tout de même mieux»
Chacune de ces trois «amazones» possède sa spécialité dans le centre, désormais baptisé Equizones, résolument orienté vers le développement du tourisme équestre dans le séronais.
Dans cette optique les prestations sont renouvelées et élargies: balades de deux heures, une demi-journée, randonnées à thèmes, gastronomiques, visite de musées, de parcs animaliers (ferme du mohair, aux reptiles), rando célibataire ou à la carte.
Le poney-club accueille les enfants à partir de 2 ans et permet aux tous petits de se familiariser avec les animaux, d’apprendre des rudiments de manière ludique avant d’aborder plus tard la technique.
Il y a aussi du Horse-ball, les cours à l’année, en groupes, semi-privés et privés, en famille… des spectacles vont régulièrement être proposés dans le splendide manège couvert, le premier a eu lieu il y a quelques semaines avec la troupe Alégria et les enfants du séronais, un vrai succès.
«Notre clientèle s’est renouvelée, il y a beaucoup de jeunes, précise Sandra, les adhérents du club constituent une clientèle à l’année et nous travaillons également avec les comités d’entreprise qui organisent des séjours à la carte.
L’été, elle s’élargit aux vacanciers ou aux résidents du village de vacances et du camping qui viennent volontiers pratiquer l’équitation sans forcément être des cavaliers avertis…
Des stages sont également proposés ainsi qu’un travail suivi avec les scolaires sur plusieurs mois. Il faudrait pourvoir maintenant proposer un hébergement de qualité dans la région, cela nous permettrait de décliner la gamme de nos prestations»
Le centre abrite depuis son origine le centre régional du Sherpa Mérens, une association qui statue sur l’orientation globale de la race au travers de la commission du livre généalogique, aux côtés des Haras Nationaux.
Ses autres rôles sont la promotion de ce cheval, par les foires et salons nationaux, internationaux, et la mise en rapport entre éleveurs et utilisateurs d’un côté, et acheteurs potentiels de l’autre…
«La confiance avec les éleveurs reviens peu à peu. Parmi nos objectifs, ajoute Sandra, nous souhaitons re-développer le Mérens par les concours de race, comme aujourd’hui où vous pouvez assister dans la carrière principale au concours des mérens mâles de 2ans, mais aussi en proposant des randonnées à dos de Mérens (de nouveaux chevaux sont arrivés au centre) ou des stations de monte avec deux étalons au palmarès prestigieux (Lino de Bessède et un Cadet Brotis).
De plus le centre représente une vitrine pour les éleveurs de Mérens qui souhaitent valoriser leurs produits, les professionnels de la structures peuvent préparer leurs chevaux pour les concours et les faire travailler dans des installations fonctionnelles et sécurisées: un manège couvert, une carrière sablée, un rond de longe…»
Nous quittons Sandra qui s’occupe d’un groupe au poney club pour rejoindre Stéphanie au départ d’une promenade car découvrir l’Ariège sur le dos d’un Mérens, il n’y a rien de mieux !
«C’est une race fiable, explique la jeune femme, si bien que 80% des chevaux qui sortent en rando sont des Mérens… on est au centre national du cheval de Mérens avant tout.
Surtout que l’on assiste à une diminution des naissances, on essaie de remédier à cela en manipulant les poulains avant trois ans. Il n’y a pas si longtemps, ils restaient jusqu’à l’âge de trois ans dans leurs montagnes, si bien qu’ils avaient ensuite peur de tout: le dallage au sol du centre équestre suffisait à les effrayer.
La nouvelle génération des éleveurs se remet en question. Personnellement en tant qu’éleveur j’ai ici 15 chevaux et deux étalons agréés haras et j’ai gagné 80 concours en trail depuis 1997.
En cinq ans, l’équitation américaine a explosé mais tout cheval ne peut pas venir à l’équitation américaine, en quarter horse, le stud book est trop important. Ici les étalons sont disponibles au printemps pour les saillies, on installe des box pour faire naître sur place.
Sachant qu’une jument suitée à une semaine peut être re-saillie, tout éleveur qui met un étalon de valeur sur sa jument préfère souvent faire naître en toute sécurité»
Stéphanie enfile sa paire de sharps, enfonce son chapeau sur la tête, prodigue les consignes élémentaires pour tenir sur un cheval et la voilà partie à la tête du groupe vers une nouvelle aventure.
Enfin nous retrouvons Delphine à l’accueil, elle gère les plannings et répond au téléphone, toujours avec le sourire.
«Aujourd’hui c’est un peu spécial car nous avons en plus le concours local d’élevage de Mérens» Justement avant de partir, allons voir le jury qui depuis 14h30 examine la vingtaine de Mérens mâles de 2 ans inscrits pour cette épreuve.
Il décide de décerner son prix au n°17, Roka du Gay de Philippe Laguerre de Prayols. Sylviane Foisnel, présidente du Sherpa, explique qu’il s’agit là d’un lot moyen.
«Nous attribuons une note synthétique au cheval, sur le modelé, les allures, il y a un classement qui permet aux meilleurs d’obtenir une bonification au concours épreuve, pour les autres, on donne un conseil»
Quant à Bernard Viaque responsable des Haras Nationaux de Tarbes et membre du jury: «il faut savoir que ces chevaux n’ont que deux ans, ils peuvent évoluer, il faut les suivre. Et c’est ce que font les Haras Nationaux depuis 30 ans pour la race Mérens, en aidant à sa relance à travers le Sherpa, en accompagnant les éleveurs.
Mais à présent c’est à eux à se prendre en main, à définir ce qu’ils veulent, les critères de sélection… j’ai été surpris de voir en 15 ans le cheval de Mérens se métamorphoser de cheval de labeur en cheval de loisir et de sport… il a su prendre le train en marche, s’adapter à ce que demande la clientèle aujourd’hui sans pour autant changer de caractère»
A priori les responsables du Sherpa Mérens sont ravis d’avoir de nouvelles interlocutrices à la tête du centre équestre, souhaitons tous nos vœux de réussite à Equizones et aux trois jeunes femmes qui le pilotent, une vitrine pleine de charme pour le centre national du Mérens qui prend aussi un coup de jeune.
Equizones - Centre National de Mérens Le Bourtoul - 09240 La Bastide de Sérou Tél : 05 61 64 62 11 Site: www.equizones.com
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |