Municipales à Saint Girons: 2, 3, 4 ou 5 listes ?
La question se pose en effet du nombre de listes qui seront en lice pour les municipales de mars.
Aussi n’est-il pas trop tôt pour essayer de faire le tour des candidats potentiels, des listes possibles et, pourquoi pas, tenter d’évaluer, d’ores et déjà leurs chances respectives. Chances de monter la liste tout d’abord et chance d’arriver au second tour ensuite.
On peut d’emblée écarter l’hypothèse de ne voir que deux listes en présence, configuration qui, en provoquant une élection à un seul tour, fut fatale à Henri Nayrou en 2001.
A tout seigneur, tout honneur: Bernard Gondran, maire sortant va tenter la passe de trois.
Il a déjà annoncé qu’il serait candidat à sa propre succession. Mais quelles sont ses chances?
Coté positif, il bénéficiera incontestablement de la prime au sortant, en d’autres termes du vote de tous ceux à qui il a eu l’opportunité, en 12 ans de rendre service, et ils sont légion.
Il peut aussi espérer des retours de leader d’opinion qu’il a su placer à des postes clé. C’est la cas par exemple d’Alain Arbogast, instituteur en retraite et président de l’Office de Tourisme de Saint Girons.
Autre point positif, mais qui pourrait avoir son revers: les impôts locaux. Ce sera son principal argument de campagne. Non seulement il n’a pas augmenté les taux d’imposition, mais il les a même légèrement baissé en 2007.
Le revers de cela étant que, même si les taux n’ont pas varié, les impôts ont bel et bien augmenté, et cela pour deux raisons: la première est que les bases d’imposition sont remises à jour chaque année. Ainsi, à taux constant, l’impôt augmente! La deuxième est plus pernicieuse: les impôts de la Ville de Saint Girons n’ont peut-être pas beaucoup bougé, par contre s’y sont rajoutés ceux de la Communauté de Communes de Saint Girons, dont le même Bernard Gondran est Président, et ils sont loin d’être négligeables.
La facture a paru salée à beaucoup, et le tour de passe-passe a été vite éventé.
Coté négatif, et qui est le corollaire du précédent: la ville est très lourdement endettée. Parallèlement, elle n’a réalisé aucun investissement, que ce soit dans le domaine du logement, de l’économie, ou du social. Au contraire, Bernard Gondran a vendu la plupart des biens de la commune: terrains de la gare, anciens abattoirs, immeuble des Myrtilles…
Autre point en défaveur du maire sortant: son image, passablement dégradée. Bien que totalement blanchi par un non-lieu, il doit faire face à la mauvaise impression laissée par les accusations portées contre lui au cours de son second mandat concernant une affaire de moeurs.
Enfin, mais il ne sera pas le seul dans ce cas, le maire sortant risque d’avoir quelques difficultés pour constituer sa liste. Outre quelques défections au sein de son équipe, un certain nombre d’adjoints ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne repartiraient pas avec lui.
On peut penser en particulier à Claude Maurech, premier adjoint et à Gérard Cambus, adjoint aux sports. La question est de savoir quelle équipe ils vont rejoindre…
Actuellement, il semble bien qu’il ne puisse plus compter que sur Odet Soula et Roger Portet, peut-être Marie Madeleine Niocoloff et Michel Graza, fatigué, mais sûrement pas sur Geneviève Chartier, plombée par la déroute de Philippe Calleja, dont elle était la suppléante, aux dernières législatives.
En face, le Parti Socialiste qui a désigné sa tête de liste cet été en la personne de François Murillo, architecte connu et estimé à Saint Girons, Henri Nayrou, leader naturel n’ayant pas souhaité renouveler l’expérience douloureuse de 2001.
Coté positif: le poids incontestable du PS dans la capitale, couserannaise. Il suffit pour s’en convaincre de vois les scores d’Henri Nayrou lors des dernières législatives (63,40% sur Saint Girons même) ou de Ségolène Royal (58,06% au second tour).
Coté négatif: un manque certain de charisme de la tête de liste à qui le PS au niveau départemental aurait préféré Jean Louis Causse (voir plus loin), plus le manque de lisibilité des conseillers d’opposition, qui n’ont jamais réussi, en 12 ans à faire entendre une autre musique que celle d’une contestation finalement assez peu constructive.
Autre faiblesse: les alliés. Le PS va-t-il pratiquer l’ouverture, et si oui, vers qui? Les anciens alliés Parti communiste? Parti radical? Les Verts? Peu probable!
La société civile? Peu probable aussi, tant elle a été déçue en l'absence d'un vrai leader en Couserans capable de construire un projet économique pour le Pays.
Toujours à gauche: Jean Louis Causse, radical de gauche, et qu’une candidature démange d’autant qu’il aurait, comme on l’a vu plus haut, le soutien plus ou moins officieux des édiles départementaux du PS.
Coté positif: un charisme certain, une parole libre et riche, une forte personnalité, des idées à la pelle. Sûrement le plus capable de redonner le goût de se battre aux Saint Gironnais.
Coté négatif: forte personnalité, des idées à la pelle… Le problème de Jean Louis Causse, s’il était candidat au poste de premier magistrat de la capitale du Couserans, est qu’il lui est reproché, à tort ou à raison, de ne pas assurer le service après vente de ses projets.
Il est à l’origine des seules réalisations économiques du Saint Gironnais (Palétès, Les Myrtilles, le Camping d’Audinac,…), mais on lui reproche d’avoir en même temps creusé le déficit de la commune.
Pour avoir quelque chance de l’emporter, il paraît indispensable qu’il dégotte un alter ego, ayant d’incontestables qualités de gestionnaire capable de cadrer, financièrement et matériellement, son programme.
Un tel tandem serait-il le plus à même de relancer l’économie Couserannaise? Et cet oiseau rare existe-t-il? Et s’il existe, se lancera-t-il dans la bataille?
Entre des deux, le Docteur René Cabau, ancien adjoint aux finances de la municipalité actuelle, entré en dissidence au bout de quelques mois, ne supportant de toute évidence plus le caractère autocratique du maire (qui cumule les fonctions de maire, de responsable des finances, depuis le départ du Dr Cabau, et de secrétaire général), pas plus que la dérive financière d’une municipalité qui mène la commune au bord de la faillite.
Coté positif: une personnalité incontestée à Saint Girons, une des rares qui a su, et sait encore, s’opposer au maire, libre dans ses pensées et sa parole, écouté, respecté, capable de rassembler dans une liste «sans Etiquette» les meilleurs de tous les bords (même si cette image apparaît aujourd’hui passablement galvaudée), y compris de cette société civile que tous se disputent.
Coté négatif: son âge bien sûr et, un peu comme les autres, des difficultés certaines à trouver 29 compagnons, motivés, respectant la parité homme-femme.
Enfin, la «gauche de la gauche» plus ou moins rassemblée dans le collectif EGAL 09. Coté positif: susceptible de rassembler cette mouvance de gauche, forte en Couserans, qui ne se reconnaît dans aucun parti constitué.
Coté négatif: pas de vrai leader. Certes, Hervé Soula (PC) s’il ne rejoint pas une liste de gauche (très improbable) et François paumier (Les Verts) peuvent se répartir cette tâche, mais l’alliance de la carpe et du lapin n’a jamais fait ses preuves. Difficultés d’écrire un programme crédible tant ce rassemblement, s’il existe, court le risque d’être par trop disparate.
Voilà à 6 mois des prochaines élections municipales, un premier état des lieux, étant bien entendu que toutes les tractations étant, à ce jour, toujours secrètes, les situations évoquées ci-dessus ne constituent que des hypothèses et les positions vont inévitablement évoluer…
Photos: ©AriegeNews 2007 (archives) |