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Agriculture & Environnement |
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Le comptage du cerf au brame a débuté dans le département
C’est avec un peu de retard cette année qu’a commencé la saison des amours du cerf élaphe, le cervidé le plus répandu dans les forêts ariégeoises.
Depuis une quinzaine de jours, un râle puissant s’élève des sous-bois à la tombée de la nuit ou au petit matin… C’est le brame du cerf, conséquence de l’excitation de cet animal en rut, qui avec ce cri rauque attire les femelles et délimite son territoire de reproduction.
Cri de défi et de puissance, cri de triomphe parfois après un combat victorieux, manifestation de désir et de séduction, destiné à la fois à rapprocher les biches de sa harde et à éloigner les mâles concurrents.
Le cerf parcourt la forêt. En quelques semaines, il peut attirer dans sa harde la vingtaine de biches qu’il va saillir.
Pour délimiter son territoire, il frotte le front et les bois sur les troncs pour laisser une trace odorante.
C’est également un moyen de dissuasion face aux éventuels concurrents car les cerfs les moins vigoureux passeront leur chemin, seuls les animaux de niveau comparable vont vouloir s’affronter et en arriveront au combat, bois contre bois.
Cette saison du brame dure un mois, de la mi-septembre à la mi-octobre… Les méthodes de suivi réalisées par l’ONF permettent de suivre l’évolution des populations et de maîtriser le développement des effectifs.
Les comptages se réalisent au printemps au phare (on peut voir les jeunes de l’année) et à l’automne au brame.
Mardi soir, Didier Icre, responsable de l’unité territoriale du Consulat a donné rendez-vous à six collaborateurs et à autant de chasseurs pour constituer des équipes mixtes de deux (un chasseur, un forestier) qui se partageront un circuit prédéterminé du col des Marrous à Montoulieu sur la zone du Consulat de Foix.
«C’est un circuit identique depuis 12 ans, explique Didier Icre, il permet de comparer les résultats d’une année sur l’autre.
Il s’agit de la gestion générale d’un espace forestier, la population de cerfs doit être la plus équilibrée possible, nous faisons par la suite des propositions pour le prélèvement du gibier et c’est pour cette raison que nous travaillons avec les associations de chasse locataires des domaniaux»
Nous suivons l’équipe constituée par Jean-Marc Lafitte, chasseur à Montgailhard et Philippe Lagarde, forestier qui réalise depuis une dizaine d’année le comptage des populations de cervidés.
«Je suis de Vicdessos donc plus accoutumé à voir des izards que des cerfs mais avec la pratique, on y arrive bien… cette méthode de comptage permet de suivre l’évolution des populations et de maîtriser le développement des effectifs.
Ces comptages se font par points d’écoute, nous répertorions l’heure et la direction du brame depuis des postes répartis sur le terrain… le nombre des cerfs est estimé par recoupement des observations»
Au début de la soirée la brume enveloppe la forêt, de nos postes d’observation nous sommes à l’affût du moindre bruit … puis «ça pioule d’un coup» les cerfs se répondent avec plus ou moins d’intensité, certains sont à quelques dizaines de mètres à peine.
L’obscurité se fait, nous changeons de point d’écoute, le brame rauque dans la nuit est encore plus impressionnant.
Seul le hululement d’une chouette hulotte interrompt le silence pesant, nous sommes tous en alerte, à l’affût du moindre bruit. Nous quitterons notre équipe bien avant minuit et le ralliement prévu avec pour les participants à cette séance de comptage.
Nous aurons entendu près d’une dizaine de mâles et croisé un spectacle attendrissant sur le chemin du retour: celui d’une biche et d’un jeune de l’année.
Retour à la Maison Forestière du Val d’Ariège à Tarascon où nous retrouvons jeudi Didier Icre pour réaliser le point du comptage de l’avant-veille.
«Depuis quinze ans nous dénombrons entre 40 et 60 individus, nous sommes en phase de stabilisation, il y a corrélation des courbes. Par contre nous observons sur le massif du Consulat un déplacement des populations vers l’Est: Montoulieu, Saurat, jusque dans les massifs de montagne, la vallée du Vicdessos, le massif de Tabe…
Le cerf colonise des territoires où il n’est pas tout à fait à sa place, habituellement peuplées par les isards … nous devons engager une réflexion en terme de régulation. Du point de vue sanitaire la population est saine…
Les cerfs sont des herbivores mais ils consomment également des ligneux, de jeunes pousses forestières, si la population est trop importante elle pourrait mettre en danger l’équilibre silvo-cynégétique, c’est à nous à veiller à la forêt pour la transmettre à nos enfants»
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 05/10/2007 |
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