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19/10/2007 imprimer envoyer à un ami commentaires(0)
Carnet de voyage d'une jeune Ariégeoise au Chili: Jours d´affluence dans un coin de montagne

 Depuis une semaine, dans tout Arica, on entend au hasard des conversations, des bruits de trottoirs et des mots qui virevoltent au gré du vent d’octobre que quelque chose se prépare.

Dans un tout petit village, à l’intérieur des terres, on célèbre bientôt une fête religieuse.
Et Las Peñas a sa réputation, et attire du monde.

Et pourtant, c’est une fête qui se mérite car il faut grimper jusqu’au village à la force des mollets.
Au beau milieu de la nuit, tous les partants se sont donnés rendez-vous sur une petite place d’Arica.

De là, chaque quart d’heure, partent les bus pour Las Peñas.
Et ils ne désemplissent pas.

Après deux heures de trajet, on émerge d’un demi sommeil.
En descendant, il fait encore nuit noire et le froid vif se charge de réveiller les somnolents. On se faufile entre le va et vient des bus qui, à peine arrivés, font le chemin inverse pour acheminer les suivants.

Les premières centaines de mètres de la piste que prennent les marcheurs sont bordés de baraques abritant des restaurants ou vendant bouteilles d’eau et nourriture hors de prix.

Le ciel est parsemé d’étoiles et en levant le nez vers le sentier, on voit, comme un reflet, les dizaines de points lumineux des lampes de ceux qui se sont déjà mis en route.

La vallée qui mène jusqu’au village est un rare coin de verdure dans ce paysage de roche et de sable grâce au ruisseau qui la serpente. Et de fait, ce ne sont pas les ponts qui manquent sur le chemin.

Et qui sont autant d’occasions de se mouiller les pieds, étant donné l’état précaire des bouts de bois posés en travers du cours d’eau et l’affluence qui oblige parfois à attendre son tour pour pouvoir traverser.

Le jour pointe quand on arrive en vue du village.
Il est tôt mais le lieu est déjà fort animé.

Entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, ceux qui cherchent un endroit pour poser la tente et ceux qui débachent leurs stands de «bondieuseries» à tous les prix, l’endroit ne manque pas de vie.

Déjà on entend les cuivres et les tambours qui rythment le pas des danseurs sur la petite place du village.
En attendant la fin de la danse, un autre groupe aux costumes colorés peaufine le maquillage des jeunes filles et ajuste les chapeaux de garcons.

Sans interruption et toute la journée, danseurs et musiciens s’en donneront à voir et à entendre pour célébrer la Vierge de Las Peñas.

Mais, un peu à l’écart de la place, il est un autre lieu d’affluence. Depuis que les premières lueurs du jour qui ont inondé le vallon, les fidèles font la queue pour pouvoir entrer dans la chapelle où trône la statue de la Madone protectrice du village.

Certains attendront plusieurs heures pour pouvoir pénétrer dans l’église.
La journée festive passe ainsi, entre représentations de danses, baignades dans l’eau rafraîchissante du ruisseau, et sieste buccolique sous un des rares coins d’ombre.

A l’heure de prendre le chemin du retour, il y a ceux qui optent pour une nouvelle marche de nuit pour éviter la chaleur épuisante, et ceux qui cheminent avec le soleil pour pouvoir profiter du paysage.
Par chance, le vent s’est levé et rafraichit les marcheurs, qui peuvent de fait apprécier le paysage.

Après avoir passé les impressionnantes falaises, le tronçon de chemin qui semble creusé dans la paroi en forme d’escargot, s’être rafraîchi les pieds dans le ruisseau, observé un arc en ciel autour du cercle solaire avec curiosité pour les uns, et avec la crainte superticieuse d’un tremblement de terre pour les autres, on arrive enfin au point de départ des bus qui font route vers Arica.
Comme à l’aller, et comme chaque jour et nuit tout le temps que durera la fête, là haut, dans la montagne, les bus ne désempliront pas. Certains viennent pour la Vierge, d’autres pour la fête, d’autres pour la beauté du lieu...

Mais qui viendra la semaine prochaine, jusqu’à ce village de quelques âmes, quand il n’y aura plus que le bruit du vent chargé de sable pour rompre le silence dans toute la vallée?

Photos: ©AriegeNews 2007 - Fanny Napolier

Fanny Napolier est une jeune Ariégeoise en stage au Chili pour venir en aide aux enfants des rues. Pendant 5 mois elle portera son regard sur d'autres montagnes.
Retrouvez chaque semaine ses aventures au travers de son carnet de voyage.
actualites Ariege   publié le: 19/10/2007
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