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Pas de Toussaint sans chrysanthèmes
Son nom signifie en grec «fleur d’or» et cette plante porte toute la magie de l’Orient où elle poussait dans l’Antiquité sous forme de buissons.
On la retrouve en Chine (500 av.J.-C) puis au Japon où elle séduit les botanistes qui grâce aux premières hybridations démultiplient ses pétales. Si bien que l’on prête à cette fleur pleine de mystères des vertus magiques: elle permet de prolonger la vie.
L’empereur lui-même n’hésite pas à consommer du vin de chrysanthème, ses feuilles agrémentent certains de ses plats, il se fait enduire de décoctions réalisées à partir de cette plante.
Enfin au XIXe siècle sous l’ère Meiji, le chrysanthème jaune, symbole de prospérité devient l’emblème de la maison impériale.
Le chrysanthème arrive en France après la Révolution et devient très vite la passion des botanistes qui essaient de le multiplier en faisant des boules qui pouvaient atteindre 30 cm de diamètre.
Fleur à la mode chez les bourgeois fortunés, il n’est donc pas étonnant de la rencontrer dans le salon d’Odette tel que nous le décrit Marcel Proust dans «Un amour de Swann»
Dès la fin de la première guerre mondiale l’ambiance n’est plus à la fête, des milliers de nouvelles tombes s’ornent peu à peu de chrysanthèmes, une des rares plantes à fleurir en automne.
Et voilà définitivement associé le chrysanthème au cimetière, en France le concept de longévité n’a pas eu de prise sur la fleur sacrée du Japon, elle est liée au rite funéraire et il s’en achète 28 millions de pots par an, la propulsant à la première place des plantes fleuries les plus vendues.
Plante souvent mal aimée à cause de cette réputation macabre, les professionnels de la commission internationale de botanique ont tenté de la re-baptiser dans les années 90 «dendrathéma» après l’avoir surnommée «marguerite d’automne» … on est loin de la poésie japonaise.
Depuis quelques années on assiste à l’instar des horticulteurs néerlandais à un regain d’intérêt pour le chrysanthème: pas moins de 10 000 variétés différentes ont été créées, des fleurs extraordinaires, des palettes de couleurs recherchées.
Nous avons rencontré une spécialiste ariégeoise du chrysanthème, Gisèle Delrieu qui a repris l’entreprise familiale il y a une vingtaine d’années à Saint-Pierre de Rivière.
Elle commande les boutures à des grossistes spécialisés qu’elle fait pousser en plein champ puis qu’elle rentre ensuite en serre au dernier moment.
«Aujourd’hui c’est en laboratoire, dans des éprouvettes que l’on invente les nouvelles variétés… la mode change pour le chrysanthème aussi.
Si dans les années 70-80 c’était la grosse boule, les années 90 ont vu l’arrivée sur le marché de la toute petite fleur et actuellement c’est plutôt les compositions avec plusieurs variétés de fleurs dans un même pot»…
Quant aux couleurs, fini le blanc et le jaune, tous les camaïeux les plus délicats sont aujourd’hui disponibles. «Après le 2 novembre, la fête des morts, nous n’avons plus le droit de vendre de chrysanthèmes, la réglementation est très stricte à ce sujet …
En France le chrysanthème est vraiment une plante mal aimée, liée au rite funéraire de la Toussaint, c’est vraiment dommage alors qu’aux Pays-Bas, cette fleur fait partie des bouquets de mariage…»
Si la fleur craint le gel, la plante n’est pas fragile et peut très bien être transplantée en pleine terre dans un jardin. Avis aux inconditionnels de cette «fleur d’or» qu’il est temps de réhabiliter.
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 01/11/2007 |
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