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05/12/2007 imprimer envoyer à un ami commentaires(0)
Jean-Marc Pastor, sénateur du Tarn invité par le PS Ariégeois

 La section locale du PS s’est réunie samedi à Saint-Paul de Jarrat afin de ratifier les votes, désignant officiellement ses candidats aux prochaines élections cantonales (seuls les cantons de Foix Rural et Massat ont par dérogation la possibilité de désigner leurs candidats plus tard). 

Vote également pour désigner le candidat PS aux prochaines sénatoriales.
Pas de surprises, Jean Pierre Bel, le sénateur sortant est reconduit à l’unanimité avec sa suppléante, Myriam Llorp.

«C’est une marque de confiance qui me touche profondément a-t-il ajouté. Je viens d’annoncer publiquement que je ne me représenterais pas à la mairie de Lavelanet car on ne peut pas continuer à afficher des principes sans jamais se les appliquer à soi-même…

Je suis contre le cumul des mandats. Il est vrai que pour ma part, je n’ai eu aucune difficulté à transmettre le relais, mon équipe est soudée, c’est tout naturellement que j’ai désigné Marc Sanchez à la tête de la liste socialiste pour les prochaines municipales
»

Après avoir entériné ces décisions, les militants de la section accueillaient Jean-Marc Pastor, sénateur du Tarn, spécialisé en développement rural qui devait évoquer ce sujet lors d’une conférence, entouré d’Augustin Bonrepaux pour le volet fiances publiques et Henri Nayrou.

«Un thème sujet à réflexion dans le débat interne du PS comme l’expliquait Marc Carballido, premier secrétaire départemental. Jean-Marc Pastor a effectué en 2006 une mission sur ce sujet dans plusieurs pays européens,  la question de la ruralité sous l’angle du développement du territoire rural, c’est un sujet de réflexion interne pour tous les conseillers généraux, cela permet aux candidats aux prochaines élections cantonales de se mettre en jambes !»

C’est avec un plaisir affiché que le sénateur du Tarn, un département voisin géographiquement, proche à bien des égards mais pourtant si méconnu des ariégeois, a pris la parole pour évoquer ruralité et agriculture.

«La ruralité a été obligée d’évoluer, depuis 50 ans se pose la question du soutien financier : d’abord soutien au prix proposé par l’Europe de l’après guerre (plus on produit plus on gagne), ensuite ce soutien a basculé sur l’homme…

Galvani a enclenché la mécanique avec le CTE, une agriculture où l’on se préoccupait plus de l’environnement que de la rentabilité. Il y a eu à ce moment là une importante modification dans  la vie  des agriculteurs et dans la ruralité. Avec le changement de gouvernement, la mécanique productiviste a occasionné un malaise dans la ruralité
»

Jean-Marc Pastor a mené en 1996 un voyage d’étude sur le thème de la ruralité avec un groupe de parlementaires.

«En Finlande, 4% de la population appartient au monde rural et l’orientation vers la ruralité constitue un choix politique: c’est d’ailleurs le 2e pilier de la politique de Bruxelles, c’est-à-dire celle du soutien aux activités rurales (contrairement au 1er pilier qui se définit comme un financement au prix) que s’oriente cette politique (l’enveloppe financière pour la ruralité a été multipliée par 2,5 par rapport à la France).

Cette aide se concrétise par un soutien au service (service public ou service privé d’utilité publique) puisque la Finlande bascule cette aide financière à l’ensemble des services.

En Ecosse c’est une agence de développement régional qui présente les programmes de développement ruraux, essentiellement basés sur l’environnement. Si un éleveur décide de s’installer sur un territoire vierge (pas d’eau ni d’électricité), c’est son choix… les collectivités ni l’Etat n’interviennent pas pour lui apporter les services de première nécessité.

En Allemagne, c’est au niveau national et fédéral que cela se décide… la notion de ruralité n’est pas définie dans la langue allemande, on parle seulement d’agriculture et d’environnement (il n’y a qu’en Bavière où l’on soutient les villages).

L’Allemagne fonctionne en parfaite adéquation avec Bruxelles et ses fonctionnaires.

En Espagne, la définition de la ruralité s’applique aux villes et villages de – de 10.000 habitants, soit aujourd’hui 23% de la population et 16 provinces sur 25 sont classées rurales.

Il s’agit d’une véritable stratégie de travail de fonds déclinée au sein des communautés autonomes. L’Espagne travaille autour d’une démarche qui repose sur la démocratie participative: le GAL (groupement d’action locale), on y retrouve des représentants d’associations, de collectivités, des individus, des socio-professionnels… il y a plus de 400 associations qui maillent le territoire.

Le partenariat est important entre l’Etat, les communautés, les régions … il y a complémentarité financière, les programmes sont mis en place de façon collégiale, c’est une force pour travailler avec l’Europe… 2006 a été décrétée année de la ruralité. La notion de démocratie participative est importante, ces coopératives rurales ont la capacité à gérer les projets, à négocier directement avec Bruxelles…

En France ces projets sont portés par les collectivités locales et les contribuables.

En Autriche, il y a recherche permanente du consensus, très peu de textes de loi sur la ruralité. Les gens travaillent sur les territoires puis c’est l’Etat fédéral qui présente le programme à Bruxelles quand tout est cadré.

L’Autriche a demandé une dérogation sur l’utilisation de la jachère (10% de la SAU) pour produire du colza et de l’huile végétale. (cette dérogation a été acceptée pour trois ans) …
Les agriculteurs ont le droit de commercialiser cette huile végétale vendue à 0,75cts€.

En définitive il y a deux pays forts, avec de vrais choix politiques en direction du monde rural: la Finlande et l’Espagne/Autriche … au-delà du schéma financier, on retrouve des acteurs que l’on a su responsabiliser.

En France le 1er pilier représente 80% des aides de Bruxelles (en Autriche 34%) et le 2e représente à peine 15% … on a trop tendance à faire des opposition rural/urbain, c’est un schéma réducteur qui n’a plus lieu d’être…

L’opposition aujourd’hui se situe dans les territoires qui s’auto suffisent… la régionalisation dans les deux sens du terme…/…/ les territoires ruraux ont la possibilité d’avoir des projets, nous l’avons vu avec le pôle d’excellence rural (financement de l’investissement à hauteur de 33%) d’un manque de lisibilité remarquable.

En fait il s’agit d’une action politique pour contrer les politiques portées par des opérateurs locaux. La ruralité est faite d’innovations… Les pôles d’excellence rurale financent le béton mais pas la matière grise pour les faire fonctionner… Enfin ils sont portés à 82% par les collectivités territoriales et les autres partenaires en sont exclus.

Ce financement est prévu pour trois ans mais au terme de ce délai, ce sont les communes qui devront continuer à les faire fonctionner… c’est donc une fois de plus du saupoudrage
»

Après cet exposé passionnant sur ce qui se fait à l’extérieur, Jean-Marc Pastor s’est prêté aux questions de la salle.

Henri Nayrou, chantre de la ruralité bien avant que le thème devienne à la mode dans les salons parisiens a rapidement ajouté qu’il s’agissait bien d’un «choix politique et financier… les territoires ruraux ont des projets, une organisation est à recréer sur des idées, du concret…

Le monde rural est capable de devenir acteur de sa ruralité… dans les années à venir 7 millions de personnes sont décidées à s’installer en milieu rural, en Ariège entre les deux derniers recensements nous avons gagné 9000 habitants ….mais il faut avoir une volonté politique pour cela et être crédible
»

Enfin Augustin Bonrepaux a apporté sa contribution en s’exprimant sur le sujet: «Nous avons beaucoup de progrès à faire en matière de collectivités locales, on a commencé en 2000 avec les Pays, il faut maintenant aller plus loin.

Car si les projets échouent, ce sont les moyens qui ne suivent pas, les collectivités n’ont pas les moyens de les accompagner. Aujourd’hui il nous reste 25% d’autonomie fiscale sur nos recettes (le foncier bâti représente 40%, la TIPP n’augmente pas…

C’est en matière de fiscalité qu’on voit une grande différence entre gauche et droite… par rapport à cette situation, il faut faire des propositions : davantage d’autonomie et plus de justice fiscale
»

Photos: ©AriegeNews 2007
actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 05/12/2007
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