Alerte à la trichine sur des sangliers ariégeois
Depuis trois ans, la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège organise, avec le laboratoire vétérinaire départemental de l'Ariège, un suivi sanitaire sur les sangliers et plus précisément sur la recherche d'un type particulier de parasite: la trichine.
Jusqu'à présent, aucun prélèvement ne s'était révélé positif sur plus de 200 échantillons analysés. Mais, samedi 15 décembre, un sanglier abattu dans la proximité d’Andorre a été trouvé positif.
Le laboratoire central de santé publique de l'Andorre réalise également des dépistages. En 2005, 12% des sangliers testés se sont révélés positifs (14/117), en 2006, 21% (24/115) et en 2007, en octobre, 12% (12/101).
Cette affection est relativement rare en France. En 2006, 3 épidémies totalisant 12 cas liées à la consommation de viande de sanglier ont été rapportées: une dans l’Aude et deux dans le Var.
La trichine est un petit vers qui se niche dans les muscles.
Le sanglier ne présente pas de symptômes particuliers. En revanche, quand l'homme consomme de la viande contaminée insuffisamment cuite, il contracte la trichinellose: diarrhée, fièvre, maux de tête, œdème de la face, fortes douleurs musculaires qui apparaissent dans les 10 jours suivants la consommation.
La guérison est lente (plusieurs semaines) avec un risque important de séquelles. Le décès est possible en cas de contamination forte, dans 1% des cas.
En cas de doute, pour les consommateurs, il est possible de prendre un traitement "préventif" à base d'anthelminthique (albendazole – spécialité Zentel), au plus tôt (dans les 48 heures suivant la consommation), avant que les parasites aient pu pénétrer dans l'organisme.
Le médecin traitant doit être contacté au plus tôt pour mettre en place ce traitement.
La trichine est détruite par la chaleur, à condition que la cuisson soit suffisamment longue et forte (viande grisée à cœur).
La congélation n'est pas efficace à 100% et ne peut donc pas suffire; en effet, des souches résistantes ont été isolées, sur des animaux vivants en altitude. La préparation de jambon, de saucisson … doit être proscrite.
Il est possible, à coup sûr, de savoir si un sanglier est contaminé ou sain, grâce à une analyse de laboratoire. La langue entière doit être acheminée au laboratoire vétérinaire départemental de l'Ariège.
Les résultats sont disponibles le soir même si les prélèvements sont reçus au laboratoire avant midi, les lundi, mercredi et vendredi.
Cette recherche est obligatoire lorsque le chasseur cède la viande de sanglier, à titre gratuit ou non, à des restaurateurs ou à des détaillants locaux. Elle est désormais fortement conseillée pour tous les cas de consommation directe par les chasseurs.
Pour éviter d'entretenir le cycle des trichines, les morceaux de viande ne doivent pas être jetés ou donnés à manger aux animaux domestiques ou aux porcs, qui risquent, à leur tour, d'être malades et de constituer une source de contamination ultérieure pour l'homme.
Les abattoirs du département doivent être contactés pour une élimination de ces viandes.
Pour toute information, vous pouvez contacter: Pour les questions portant sur la maladie, la DDASS – 05 34 09 36 36
Pour faire analyser les sangliers tués par acte de chasse: La fédération départementale de chasse: 05 61 65 04 02 – 06 83 45 66 32 – 06 87 76 16 25 Le laboratoire vétérinaire départemental: 05 61 65 07 21 Pour les questions portant sur la contamination des animaux, la DDSV 05 61 02 16 00
Pour l'élimination des viandes, les services vétérinaires en abattoir (tôt le matin): Lavelanet : 05 61 64 72 86 Lorp : 05 34 14 03 65 Pamiers : 05 61 67 56 74
Source: Préfecture de l'Ariège Crédit photo: Martina Berg |