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    Arts    
30/01/2008 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
L'association Intervalle présente «Conversations avec des peintures», une exposition d�Elisabeth Krotoff à l'Estive de Foix

 Elizabeth Krotoff, un nom venu de l’Est, le nom d’une famille d’émigrants russes de 1850, une famille d’artistes aventuriers, audacieux, avides et curieux du goût de l’occident et du «bon goût français»

Elizabeth porte en elle cet héritage d’ouverture au monde qui lui fait faire parfois à rebours le chemin de ses origines, vers l’Allemagne, la Turquie, la Lituanie, vers l’Est… L’artiste s’est posée et travaille en Languedoc, au rythme du Sud, dans l’arrière pays Héraultais.

De la petite maison du hameau des Embruscalles, sous la crête de Taillade à celle plus récemment construite de Sauviac, nous sommes en garrigue: pierraille grise, oliviers buissons épineux et chênes verts, senteur du thym, de la sauge, du romarin, et celle, plus rare, des pistachiers térébenthes…

L’Atelier est aux garrigues de Claret avec pour horizon les collines du Causse et pas si loin du Pic Saint-Loup et l’Hortus.

Les chemins qui partent d’ici mènent à la route de Montpellier mais aussi au Lac et vers les collines aux oliveraies millénaires ; ils sont bordés au printemps de ces petits iris sauvages et éphémères qui ne survivent pas aux premières ardeurs de l’été.

Elizabeth Krotoff vit et travaille ici depuis quelques années.
Pour dire son rapport au monde en mutation il fallait, afin de se départir du siècle de Matisse et de Picasso, en passer à des installations les plus conceptuelles et quelques créations «hors cadre»

Cela nous valut, dès les années 80, de mémorables investissements ludiques de l’espace: les fétiches, les chapeaux, Tarzan, les singes, les poissons, Mélusine, le tout sur fond de transe amazonienne (2)!

Mais il a bien fallu aussi se rendre à l’évidence que le désir était à la peinture, viscéralement à la peinture, et que le châssis pour limite en valait bien d’autres… Le plus souvent notre artiste choisit de grands formats carrés ou figures.

Elle y évolue aussi librement qu’on puisse aller dans l’imaginaire…
D’une mémoire, qui de toute façons s’imposerait inconsciemment à quiconque en refuserait la prison, d’une mémoire constitutive de l’être, indélébile comme le pictogramme d’un tatouage, Elisabeth Krotoff se saisit pour inscrire, au jour le jour, les instants traversés, les choses et les êtres rencontrés…

Elle peint, depuis toujours et sa peinture au fil des jours essaye d’inscrire dans le réel les traces de ce qu’elle perçoit au passage…Ainsi comme en un journal intime, fait-elle son autoportrait et l’œuvre peint de l’artiste énonce probablement  sur elle-même autant quelle pourrait en dire…

Car lorsque les mots viennent à manquer et qu’on est au monde avec une si vive perception du réel, l’art, ici celui de peindre, devient une nécessité, comme celle de respirer. L’artiste sait bien que c’est vanité que de prétendre fixer ces chers et fugaces instants, mais il s’emploie au gré de sa fonction symbolique (3) et cela génère tout de même quelques tableaux au goût d’éternité…

Elisabeth dit: «parfois un simple dessin griffonné dans le train pour passer le temps sommeille pendant des années et réapparaît tout à coup, s’imposant avec évidence»

Ainsi va notre artiste, avec une originalité qui tient à l’extrême précision sensible de son histoire, singulière… «Les inventaires», par exemple sont de petits rouleaux de papier japon qu’Elisabeth promène avec elle et sur lesquels comme le photographe aux aguets de l’instantané, elle dessine le journal de ses rencontres avec le paysage, les êtres et les choses.

Tantôt ce sera une promenade au fil de l’eau, une silhouette, ou les étranges ustensiles de cuivre entrevus dans une cuisine de campagne: chaudron de sorcières, chinois du diable et autres moulinettes…

Aux grands formats l’écriture de l’artiste se veut également «pictographique» c’est çà dire une écriture qui traduit les idées par des scènes figurées, des images symboliques, des icônes, les objets du quotidien et les objets de sa mémoire.

Ainsi surgissent à foison les animaux d’un fabuleux bestiaire: les singes, les poissons, les lapins, le loup, le chien qui dort, le poulet (rôti !), l’âne, le lézard et le rat, l’ours aussi…

Puis les ustensiles familiers indispensables: la clé, le bol, l’écumoire et le dé à coudre, tout ce curieux inventaire «à la Prévert» pourrait-on dire.
Et puis le Diable parfois et l’androgyne et les personnages tel ce visage inconnu au regard plus que malicieux, mystérieusement souriant.

Enigmatiques, les personnages délibèrent énigmatiques et, débarrassés des anecdotes, confrontés, au fond, à la seule énigme d’être. Enfin cette récurrente image de la main et de l’index qui montrent le chemin, peut-être celui du «Weigweiser» (4) du Voyage d’hiver de Schubert, «le chemin d’où nul n’est jamais revenu»…

Toutes images chères à l’artiste et constituant son propre langage à la rencontre du langage de cet autre qui regarde sa peinture…

Quand à sa peinture, elle se veut solide, campée sur châssis, dans un cadre et des dimensions qui lui évitent le risque de dissolution. Elle est décidée, dense, tendue, solide mélange de pigments rares et d’un secret médium qui lui confère une matité plus difficile à obtenir avec des peintures acryliques.

Le dessin est soutenu de pigment noir comme celui des fusains, comme le khôl au maquillage des femmes du Maghreb. Longtemps au noir et aux gris d’ailleurs, la peinture d’Elizabeth Krotoff fait plus de place aujourd’hui à la couleur sur laquelle les passages successifs ajoutent de belles transparences.

L’artiste nous confie «laver» parfois sa peinture ce qui peut faire apparaître, avec d’heureuses surprises, l’archéologie du tableau. Un peu comme l’érosion des fleuves révèle de secrètes et anciennes richesses.

Les pigments de vermillon ou d’incarnat, d’outremer, de cobalt, de vert émeraude et de turquoise le disputent à des teintes plus douces, les gris, le rose. Mais toujours la même tension et la même densité et le noir en trace mnésique, récurrent.

Cet enrichissement de la couleur paraît concomitant de ces récents dialogues  imaginaires que le peintre entretient avec l’histoire de la peinture, avec Botticelli, le Titien, Manet et nos contemporains.

De ces dialogues ont surgi ce que l’artiste appelle «les tableaux des conversations», où s’établissent des correspondances symboliques et chromatiques entre l’écriture du peintre et celle de ses semblables. On assiste en cette série à une éclosion de couleurs ressurgies elles aussi probablement d’une mémoire obligée.
Henri Michel Morat

«Conversations avec des peintures» est le titre de l'exposition qu'Intervalle a organisé en collaboration avec l'Estive, Scène nationale de Foix.
Cette exposition présente des oeuvres d'Elisabeth Krotoff jusqu'au 22 février 2008

Association Intervalle - Place de l’église 09190 Saint-Lizier

2. Transe amazonienne, exposition Bernard Fabvre et Elisabeth Krotoff ARPAC, 34170 Castelnau le Lez 1983.
3. « La fonction symbolique est le pouvoir de trouver à un objet une représentation et à sa représentation un signe» - Henri Wallon 1879-1962,  De l’acte de la pensée, troisième partie, chap. 1, Flammarion.
4. «Der Weigweiser» Le poteau indicateur. Lied du Winterreise de Franz Schubert.
actualites Ariege   publié le: 30/01/2008
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