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Le Fossat: 5e jour de grève aux établissements Cottes
La boulangerie industrielle Cottes SA a intègre depuis 2004, le groupe alimentaire belge Vandemootele qui se concentre sur trois segments: les produits à base de soja, les produits de boulangerie surgelés et les margarines et graisses.
«Le Groupe Vandemoortele fondé en 1899, compte aujourd’hui 3400 salariés dans 12 pays européens. En 2006 il a réalisé un chiffre d’affaires de 867 millions d’euros, soit une progression de 3% et un bénéfice net de 32 millions d'euros.
Le Groupe a réalisé une centaine de recrutements en 2007, investi dans de nouvelles lignes de production (investissement de plus de 70M€ ) et Jean Vandemoortele d’afficher son ambition de réaliser un chiffre d'affaires de 925 millions d'euros: «Nous respectons parfaitement le planning. Nous avons en effet réalisé un bon premier trimestre en 2007 avec une croissance de 9%» Source: Groupe Vandemoortele
Depuis lundi 4 février 90% du personnel de l’usine Cottes SA à le Fossat est en grève.
Les revendications sont simples, les salariés demandent le 13ème mois. «C’est une demande faite sur des négociations salariales depuis un an et qui existe dans d’autres usines du groupe» précise Paul Cuenca, salarié du site ariégeois.
«Malgré la demande d’ouverture de négociations depuis le début du conflit par les délégués CGT, la direction reste sourde à nos demandes aussi la production a arrêté le travail et nous avons installé un barrage filtrant devant l’usine … aujourd’hui nous demandons un médiateur pour établir le dialogue avec la direction»
Vendredi 8 février, au cinquième jour du conflit, le bras de fer se poursuit entre les salariés et la direction qui a assigné trois grévistes au tribunal pour blocage illégal de l’outil de production.
Le préfet de l’Ariège a reçu la direction vendredi matin, mais rien n’a filtré de cette rencontre avant de voir les représentants syndicaux en début d’après-midi, au moment même où les trois salariés de l’entreprise comparaissaient devant le juge des référés.
«C’est une bataille de chiffres que l’on a livré, explique Christophe Couderc, secrétaire général de l’union départementale de la CGT. L’entreprise dégage des bénéfices, la production et la productivité ont augmenté mais en sortant la partie commerciale du site ariégeois, les résultats sont faussés.
La direction aurait également invoqué une perte de profit dû au coût de la matière première et demanderait de revoir à la baisse nos revendications….Nous avons renouvelé au préfet notre souhait d’ouvrir des négociations avec la présence d’un représentant de l’Etat… un responsable de la direction du travail. Ce soir, la décision de l’assemblée générale sera souveraine»
Devant le tribunal une cinquantaine de représentants syndicaux venus de tout le département pour apporter leur soutien aux salariés de Cottes SA.
«Nous sommes à leur côté par solidarité» précisent d’une seule et même voix les délégués CGT du textile, de la sidérurgie ou du milieu hospitalier avant de s’engouffrer dans la salle d’audience pour assister au jugement.
Yves Cachet, Paul Cuenca et Philippe Cicutto sont accusés par la direction d’avoir bloqué l’entreprise. Celle-ci a mandaté lundi et mardi un huissier sur le site pour constater «l’obstruction systématique de l’entreprise»
Guy Dedieu, avocat des salariés, retrace l’évolution de cette grève votée dès le 4 février, mobilisant 110 salariés de la production (les 10 CDD et les 40 personnes de l’administration sont non grévistes), pour lui «la grève n’est un abus que quand le blocage est total, ce qui n’a pas été le cas, car il s’agissait de désorganiser la production en filtrant le passage des véhicules…
Je crains que l’on veuille faire endosser la responsabilité du mouvement de grève à des représentants syndicaux, qui en définitive ne sont après vérification que de simples salariés… il y a incertitude de la qualité des personnes assignées…
Votre juridiction, a-t-il conclu en s’adressant au président Tessier-Flohic, est compétente pour nommer un médiateur du travail qui prendra en compte les revendications des salariés»
Après délibération le président a rendu son verdict: l'entrave à la circulation des véhicules est reconnue, les forces de l’ordre vont procéder à l’évacuation, un médiateur est nommé en la personne de Claude Delpy afin de procéder à un rapprochement des parties (il a 15 jours pour y parvenir) les salariés sont condamnés à payer les frais d’huissier.
«Une justice de classe !» a-t-on entendu à la sortie du tribunal. Des salariés bien déterminés à poursuivre le mouvement puisque le vote de l’AG le soir même au Fossat était en faveur de la poursuite de la grève jusqu’à lundi.
Les deux parties espèrent que l’intervention du médiateur permettra d’entamer le dialogue et de s’asseoir autour de la table des négociations. De son côté la préfecture a demandé de la souplesse dans l’application du délibéré concernant notamment l’intervention des forces de l’ordre.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |
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publié le: 09/02/2008 |
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