Les ouvriers de l’usine Fil’In à Bélesta bloquent le déménagement de leurs machines
Même si les 13 ouvriers de l’usine Fil’In savaient que leur entreprise connaissait, depuis quelques semaines, d’importantes difficultés, ils ne s’attendaient pas à voir déménager, ce matin, et probablement vers l’Italie, une partie des machines.
Pour empêcher ce départ de leur outil de travail, ils se sont immédiatement mis en grève et interposés entre l’usine et le camion de déménagement.
L’affaire commence il y a quelques semaines quand l’entreprise Michel Thierry, unique client de Fil’in avertit son sous-traitant qu’elle n’est plus en mesure de lui donner du travail.
Fil’in n’est pas la seule entreprise dans ce cas, la société Plantié et fils, à Laroque d’Olmes est dans la même situation, toutes les deux fabriquent des tissus pour véhicules automobiles.
«Mais, s’insurge Adrien Andrieu, délégué CFDT, autant nos camarades de Laroque ont pu négocier, autant, nous nous heurtons à un mur !» Un ouvrier renchérit «si nous n’avions pas fait barrage ce matin, des machines seraient déjà parties»
Claude Monteillet, responsable CFDT pour l’Ariège accuse «on ne peut pas accepter cela d’autant plus que les ouvriers n’ont même pas été avertis de la fermeture éventuelle de l’usine, et n’ont reçu aucune lettre de licenciement»
Jean Pierre Bel, maire de Lavelanet et sénateur de l’Ariège n’est pas plus tendre «dans ce pays, il y a des lois, des règles à respecter. Il semble que cela n’ait pas été le cas ici. Nous ne pouvons l’accepter»
En cette fin d’après-midi, la situation était toujours bloquée, même si Marc Sanchez, président de la communauté de communes du Pays d’Olmes tentait une dernière négociation. «Il faut trouver une solution !»
C’est aussi ce que demandent les 13 ouvriers, bien décidés à ne pas laisser partir leurs machines sans avoir négocié leur licenciement. Interrogé par nos soins, Michel Des, patron de l’entreprise Fil’in, n’a pas souhaité s’exprimer.
Nota: Face à la détermination du personnel, les négociations ont pu reprendre vendredi soir avec la direction du travail, le responsable de l'usine et les délégués du personnel. La prime de départ a dû être revue à la baisse (de 500 à 350€) mais un accord a été trouvé entre les parties. Suite à la signature du protocole d’accord, les salariés ont débloqué les machines et le travail a repris. Une réunion aura lieu dans quelques jours. Un plan de reconversion est prévu pour ces employés du textile.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |