Claude D'ESPLAS: décès d'un écrivain ariégeois original
Récemment, est décédé à l’âge de 75 ans un écrivain ariégeois dont la verve espitolaire et naturelle n'avait d'égale que son originalité. Il s'appelait Claude Dupuy mais il publiait sous le pseudonyme Claude d'Esplas.
L'explication coulait de source: il était originaire d'Esplas-de-Sérou, une commune aux 35 hameaux perchée dans la haute vallée de l'Arize, qu'il chérissait d'autant plus dans son coeur et dans son âme qu'il l'avait quittée très tôt pour La Tour du Crieu d'abord, pour Paris ensuite.
Claude Dupuy était professeur agrégé d'anglais au Lycée Janson de Sailly et son épouse Rosette avait occupé des fonctions importantes dans la compagnie aérienne UTA (aujourd'hui avalée par Air France) et qui est toujours férue d'art pictural dont elle organise de nombreuses expositions.
Leur appartement proche du Parc des Princes à Paris était d'ailleurs un estimable lieu de culture aux multiples facettes. Claude d'Esplas était l'auteur de plusieurs ouvrages dont les titres étaient tout un programme (lire ci-dessous).
Partez pas comme ça, grand-père ? Le livre retrace une partie de la guerre de 14 et l'auteur suggère de le lire en écoutant «Sambre et Meuse» et «Le rêve passe» mais aussi les premières mesures de la Marseillaise pour souligner les paroles de Clemenceau (sic).
Les Merlufleaux ou la Dictée d'Amboise ? Un tableau champêtre ainsi commenté par une lectrice ariégeoise: «une plume décapante, des réflexions présentées par un regard narquois, avec une certaine dérision. Quel humour, quelle ironie et quel talent de narrateur !»
Le défunt était également un parfait spécialiste de langue, littérature et musique du Pays d'oc et metteur en scène d'opéra. A ce sujet, l'une des idées étonnantes de Claude Dupuy avait défrayé la chronique il y a un quart de siècle.
C'est lui en effet qui avait organisé un spectacle de musique de Wagner au château de Montségur, auquel avait assisté un nombreux public monté à pied. Le piano, lui, avait été acheminé par hélicoptère et la photo de l'hélitreuillage avait fait à l'époque la Une de la Dépêche du Midi.
Lors de ses vacances, il avait longtemps habité une belle maison dans le village d'Eychenat à Esplas mais il se réclamait citoyen de Toch, autre hameau situé sur la route qui mène dans la vallée de l'Arize, puis à La Bastide de Sérou, puis à la ville.
De sa voix douce, il aimait évoquer la douceur de ces lieux d'altitude d'où était également originaire le sénateur Jean Nayrou qui était son proche cousin et qu'il aimait beaucoup. D'ailleurs, ses cendres vont prochainement être déposées dans le petit carré du cimetière d'Esplas où sont placées depuis 25 ans déjà celles du parlementaire ariégeois dont le souvenir reste toujours aussi vivace dans le département.
Claude d'Esplas, écrivain d'Ariège s'en est allé mais son empreinte demeurera dans l'esprit de ceux qui ont côtoyé cet homme de grande culture.
- SES OUVRAGES - Partez pas comme ça, grand-père! ( 1968, Éditions Jérôme Martineau, Paris ), Tristan et Iseut ( 1994, IMA-Press en français, anglais et allemand ), La leçon de de musique ( ADG Paris ), Gabriel Fauré, Musicien d'Ariège ( ADG Paris ), Les Merlufleaux (2001), Le Petit Train d'Auteuil et le Parcellaire (2003), ces derniers trois livres publiés aux Editions Soubie /
- D'AUTRES OEUVRES, MISES EN SCENE D'OPERAS ET DIVERS ESSAIS - Carnets lyriques - La Canso de Gasto Febus à Frédéric Mistral - Koïné lyrique ou Voix du peuple ? - Miréio 80 ou le Pari de Maillane - Lettres Carrées à la Maison Ronde et à quelques octogones - Les Héroïnes de Giuseppe Verdi - Robert Schumann et le piano lyrique - Giacomo Puccini d'Ouest en est - Wolgang Amadeus Mozart : cosi non fan Tutte - Vincenzo Bellini : Norma ou la Guerre des Gaules - Georges Bizet : Carmen d'en France - Carnets de poche
Par email, Henri Nayrou Crédit photo: Association ADG Paris |