Syndicat Intercommunal de l’Alse: réception de la 1ère tranche des travaux
 Depuis 20 ans, force est de constater l’abandon généralisé des berges et des lits des ruisseaux par les propriétaires.
Outre la déstabilisation des berges, il s’en suit une dégradation importante des conditions d’écoulement des eaux et la multiplication des inondations lors de violents orages.
En accord avec l’article 31 de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 et suite à l’étude «Rivière Ariège» réalisée en 1997, le Conseil Général de l’Ariège conscient de l’importance de ce patrimoine commun que constituent ces cours d’eau, a pris la maîtrise d’ouvrage pour la mise en œuvre d’une gestion globale, concertée et pérenne de la rivière Ariège et de ses affluents.
Dans ce cadre en partenariat avec le Conseil Régional de Midi-Pyrénées et l’Agence de l’Eau Adour Garonne, le Conseil Général de l’Ariège a favorisé et accompagné les regroupements intercommunaux de type Syndicats pour gérer la restauration et la gestion des sections d’écoulement.
Ces syndicats sont habilités à entreprendre l’étude, l’exécution et l’exploitation de tous travaux, ouvrages ou installations présentant un caractère d’intérêt général dans le cadre du schéma d’aménagement et de gestion de l’eau.
C’est dans ce cadre qu’une négociation entre les syndicats du SIAL pour la vallée de l’Alses (communes de Foix, Arabaux, Pradières et l’Herm) et du SIRAS pour la vallée du Scios (communes de Montgailhard, Soula, Celles, Saint-Paul de Jarrat) et les communes regroupées de l’Ariège a abouti au recrutement en commun au mois de septembre 2007 d’un technicien de rivière, Stéphane Cabanac.
Celui-ci, accompagné de Danièle Delavergne, adjointe à l’environnement à la mairie de Foix et présidente du Syndicat Intercommunal de l’Alse, Francis Hébraud, élu à Foix, Nicole Juan-Daguet, élue à la commune d’Arrabaux et M. Ichbard, responsable de la Société SATF, ont reçu vendredi 14 mars, la première tranche de travaux réalisés sur l’Alse par le SIAL.
Précédemment ces travaux avaient été déclarés d’intérêt général par arrêté préfectoral du 6 novembre 2007 car il s’agit de prévenir les inondations en maintenant la capacité d’écoulement des rivières.
En effet selon la loi en vigueur du 2 février 1995, relative au renforcement de la protection de l’environnement, le propriétaire riverain est tenu notamment à l’entretien de la rive par l’élagage et recépage de la végétation arborée et l’enlèvement des débris, flottants ou non, afin de maintenir l’écoulement naturel des eaux, d’assurer la bonne tenue des berges.
Selon l’article 211-7 du Code de l’environnement (loi sur l’eau n°92-3 du 3 janvier 1992), les collectivités territoriales sont habilitées à entreprendre l’étude, l’exécution et l’exploitation de tous les travaux, ouvrages ou installations présentant un caractère d’intérêt général ou d’urgence, dans le cadre du schéma d’aménagement et de gestion des eaux et visant:
- l’entretien et l’aménagement d’un cour d’eau non domanial, y compris les accès à ce cours d’eau - la maîtrise des eaux pluviales et du ruissellement - la défense contre les inondations - la protection et la restauration des sites, des écosystèmes aquatiques et des zones humides ainsi que des formations boisées riveraines
Avant de commencer son intervention sur l’Alse, le syndicat a organisé plusieurs réunions publiques alors qu’un courrier d’explication des travaux, accompagné d’un formulaire concernant les travaux et la récupération du bois avait été envoyé en décembre à chacun des riverains (ils sont une cinquantaine sur ce tronçon de ruisseau).
Les travaux ont été exécutés entre le 5 février et le 14 mars 2008 par une équipe de trois personnes de la Société Ariégeoise de Travaux Forestiers (SATF) pour un montant de 10.476 € HT.
Trois tranches sont prévues sur cet affluent de l’Ariège et comme le précise M. Ichbard, le responsable de la SATF*, formée pour intervenir en milieu naturel «le cahier des charges impose le total respect de l’environnement avec l’utilisation de produits phyto conformes, il convient de ne pas blesser les arbres, si cela arrive nous devons les réhabiliter…
Nous remontons les déchets et réalisons le tri sélectif (ferrailles, plastiques, pneus, batteries…) dans le cadre de la valorisation des berges, il convient de garder des espèces adaptées, de conserver un buisson sur deux afin que les zones ensoleillées succèdent aux zones plus ombragées»
La première tranche de travaux de restauration de la ripisylve (végétation qui pousse sur les rives) s’est déroulée entre le pont du «barbié» sur la commune d’Arrabaux jusqu’à sa confluence avec l’Ariège en aval de la centrale hydroélectrique de Labarre à Foix, soit 3 492m de rivière.
Christophe Cabanac de préciser: «les arbres sous-cavés, fortement penchés, contournés, morts ou dépérissants, ont été quasi systématiquement abattus et enlevés car ils posent ou vont poser des problèmes.
Le bois est coupé de manière régulière (1m) pour que les riverains puissent le charger et l’utiliser. Les responsables de la fédération de la pêche ont travaillé avec nous sur ce projet et nous avons pris en considération leurs remarques.
Le lit de l’Alse était trop refermé par la végétation, notamment les buis et il n’y avait plus de vie piscicole… tant et si bien qu’à présent suite à ces travaux, l’association Migado réalise des études pour réintroduire le saumon dans l’Alse !»
Une deuxième tranche de travaux est prévue pour l’automne (sous réserve de financement), il est prévu de remonter aux sources de l’Alse, au-dessus de l’Herm…
En attendant, Christophe Cabanac va intervenir dans le milieu scolaire les 3, 4 et 7 avril où il accueillera au lycée professionnel Jean Durroux des classes de cours élémentaire, cours moyen, collège et lycée, afin de les sensibiliser en tant que consommateurs aux problèmes environnementaux… c’est aussi cela le travail d’un technicien rivière.
* la SATF possède une expérience d’une dizaine d’années et travaille également dans les départements limitrophes (Aude, Haute-Garonne)
Photos: ©AriegeNews 2008 |