L'Hers, nouvel habitat pour la renoncule flottante
26/05/2008 | 11:08
Après l’Ariège il y a quelques mois voici un nouvel article sur la renoncule flottante.

Alors que nous abordions le sujet sur l’Ariège dans le Tarasconnais, la renoncule flottante refait son apparition dans l’Hers sur la commune de Mirepoix.

Les hypothèses expliquant cette prolifération depuis les cinq dernières années sont les mêmes que celles déjà évoquées précédemment, c’est à dire le réchauffement des eaux et le manque d’eau.

Les riverains et les pêcheurs qui connaissent bien le cours d’eau en attestent cette plante n’a cessé d’accroître son emprise depuis ces cinq dernières années.
Seuls les secteurs où les vitesses de courant sont fortes (radiers) ou ombragés sont encore épargnés.

Il est important de rappeler que ce phénomène n’est pas isolé puisque il avait été révélé par les hydrobiologistes de la fédération de pêche que cette renoncule aquatique (Ranunculus fluitans) est présente dans d’autres cours d’eau du bassin Adour Garonne, que ce soit la Garonne (amont Montréjeau, dép 31), la Truyère (Entraygues sur Truyère, dép 12), la Dordogne (Argentat, dép 19)…et sa présence est souvent corrélée à la présence de grands barrages ou encore à celle des lacs en prises directes sur les cours d’eau.

Les principaux problèmes constatés consistent en une nuisance olfactive pour les riverains à l’automne (décomposition), à des problèmes «visuels», la rivière ne paraît pas si claire, «récréatifs», cette plante peut occasionner des gênes et désagréments pour les pêcheurs et les utilisateurs d’embarcations ludiques.

L’apparition de cette plante mais surtout son expansion ne sont pas fortuites.
L’artificialisation des débits et la modification des régimes hydrologiques sont les causes probables de ce phénomène.

Aujourd’hui, la communauté scientifique possède des acquis sur l’impact des ouvrages sur les cours d’eau et sur les changements climatiques (diminution de la ressource en eau notamment).

Ces facteurs, associés aux apports de nutriments (phosphates et nitrates), expliquent probablement cette implantation «éclair» de la renoncule flottante sur l’Hers.

Le cumul des saisons sèches favorisant des débits bas et un réchauffement accru de l’eau, associé à la faible fréquence des crues majeures depuis plusieurs années, sont autant de raisons qui, d’une part, favorisent le développement de la végétation et, d’autre part, limitent «l’hydrocurage» (curage naturel du fond de la rivière par une crue) des herbiers et donc leur régulation.

Pourtant, après étude la solution est simple.
Une crue naturelle avec des vitesses d’écoulement comprises entre 1 et 2 m/s permettrait de mobiliser le fond du lit ce qui régulerait ces herbiers par arrachage du système racinaire.

Il est important de souligner que les renoncules ne sont pas des algues, ceux sont des plantes à fleurs (phanérogames) qui possèdent des qualités biologique et écologique remarquables.

Elles jouent le rôle de filtre car elles absorbent les nitrates et les phosphates (nutriments), elles abritent une diversité importante de larves d’insectes qui constituent un garde manger de premier ordre pour la faune aquatique, notamment les poissons, a qui, de plus, elles offrent des caches.

En conclusion, «l’apparition» de cette renoncule est certes une catastrophe récréative, olfactive, visuelle mais ce n’est pas une catastrophe biologique.
Avec un vrai automne/hiver et des chutes de pluies abondantes au printemps, le problème devrait être résolu.

Source: Fédération de l'Ariège de pêche et de protection du milieu aquatique
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publié le: 26/05/2008 | Lu: 11051 fois