L'Art Contemporain en héritage
10/04/2006 | 11:07

 La vitalité d’un pays ne se mesure pas seulement en terme de PIB, de taux de TVA ou de structures d’accueil pour les touristes.

La richesse de l’Andorre c’est aussi son histoire séculaire, son patrimoine naturel et architectural mais également sa volonté de construire un héritage pour le futur. Et comme pour jalonner ce cheminement en direction de l’avenir vers lequel se tourne résolument la Principauté, les autorités s’engagent désormais à développer la création contemporaine au même titre que les particuliers, galeries ou mécènes qui n’hésitent pas à mettre en avant les jeunes talents.

Ainsi dès 1991, la célébration du Symposium de la Sculpture sur le thème «Monument de l’Homme, Monument de la Nature» a permis de réaliser l’installation sur sept paroisses du pays, des miradors dominant les vallées avec plusieurs sculptures monumentales qui sont autant de témoignage de la complémentarité de l‘art et de la nature.

Denis Oppenheim au Col de la Botella, en descendant vers la combe de Seturia nous surprend avec une création de 13m de diamètre en équilibre précaire:
demi sphère armillaire, instrument de mesure ou tasse de thé en équilibre, on peut tout imaginer dans un tel paysage.

 Le sculpteur mexicain Jorge Dubon a installé sur le rocher de Quer au Col d’Ordino ses «Structures autorégénérantes», véritables totems travaillés dans le tronc de bolondo, un arbre d’essence tropicale venu d’Afrique. Cette installation défie les intempéries et dessine des lignes dynamiques qui s’opposent à la force de gravité.

L’Italien Mauro Staccioli a élevé un anneau d’acier de douze mètres de diamètre, sur le point de rouler sur le versant, comme un défi de cette forme parfaite aux lois de la nature mais surtout un clin d’œil à une ancienne légende andorrane, celle du mythique anneau de Fontargent que Charlemagne aurait laissé au sommet de ce Pic.

L’étrange structure de l’Irlandais Michael Warren, le robot futuriste du Belge Van Hoeydonck, la curieuse structure linéaire du Vénézuélien Carlos Cruz-Diez, le torrent transformé en bestiaire fantastique du Suédois Erik Dietman ou le jardin oriental du Japonais Toshimitsu Imaï, scandent le territoire andorran.

Ces réalisations privilégiant les matériaux traditionnels, pierre, bois, fer constituent un véritable dialogue avec le paysage, renouant avec un primitivisme de rigueur, ajoutant une touche d’humour dans un environnement minéral.

Notons aussi la commande réalisée pour le parc de sculpture de Caldéa destinée à la réalisation d’un espace de jeu pour les enfants.
Ces structures ludiques sont des œuvres signées par des artistes internationaux parmi lesquels les Français Pierre Beys et Jean Suzanne, l’Espagnol Angel Camino ou le Suisse Lorenzo Cambin.
Entre squelettes de dinosaures à escalader, faux labyrinthe ou serpent monstrueux, toutes ces installations familiarisent les plus jeunes à l’art contemporain.

 Depuis 1993, date de l’adoption de la constitution, une politique pour la création contemporaine a été mise en place, permettant de développer les initiatives en faveur de la création:
des ateliers, véritables laboratoires de recherche, pour les jeunes artistes andorrans sont mis en place depuis 1994.
L’admission se fait sur dossier par un jury international et à la fin du séjour, le ministère organise une exposition et publie un catalogue.

Cette action a encouragé l’expression artistique de nombreux créateurs andorrans comme Héléna Guardia (travail sur l’espace et le corps) ou Vicens Casassas (recherche mêlant sculpture et photographie) qui se voient moins attirés par les métropoles culturelles telles que Toulouse ou Barcelone.

Enfin depuis 1997, la Salle d’Exposition du Gouvernement de l’Andorre accueille chaque année de nombreuses manifestations autour de l’art contemporain avec notamment la Mostra, drainant un public espagnol et français. 

Face à l’éclosion de jeunes talents la Principauté doit mettre en avant la création contemporaine au même titre que la culture traditionnelle.
N’oublions pas que neuf millions de touristes viennent chaque année en Andorre et tous ne sont pas là pour faire les boutiques ou dévaler les pistes enneigées.
Après les chemins de l’art roman, l’itinéraire du fer, pourquoi pas celui de l’art contemporain ?

Renseignements:
Office de Tourisme de la Principauté d’Andorre
26, av de l’Opéra 75001 Paris tél : 01 42 61 50 55
www.andorre.fr

Crédit photos: Ministère du Tourisme Andorre

actualites Andorre
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 10/04/2006 | Lu: 4990 fois