EchoSanté en Couserans: comment lutter victorieusement contre la «désertification médicale ?»
 Parce que l’Ariège et peut-être plus encore le Couserans ont été les premières victimes de l’exode rural de l’immédiate après guerre, parce que cette migration vers la métropole régionale qu’est Toulouse se poursuit toujours, parce que le tissu sanitaire se distend un peu plus chaque jour, et parce qu’il serait dramatique qu’un Pays aussi beau et où il fait si bon vivre que le Pays Couserans soit victime à son tour de cette «désertification médicale» qui fait aujourd’hui la «Une» des journaux, pour toutes ces raisons donc et bien d’autres, les professionnels de santé ont créé, il y a quelques années, l’«Association des Médecins du Couserans»
Mais fédérer les médecins ne saurait être suffisant, même en leur adjoignant les autres acteurs de santé libéraux tels infirmières, kinésithérapeutes, … «Il fallait aller plus loin» Et plus loin, (ou plus près, suivant de quel coté on se place), c’est la médecine hospitalière. Alors, tous ces professionnels ont créé une structure exemplaire, probablement la première en France.
Un réseau «Ville-Hôpital» du nom d’«EchoSanté» qui met rapidement en place, outre la gestion centralisée des gardes et astreintes, une «Maison Médicale», basée à Saint Girons, centre et capitale du Couserans, qui assure la permanence médicale du bassin de vie. (voir http://www.ariegenews.com/news/news-4215.html)
L’ensemble de ce corps médical ayant pris la mesure des problématiques liées à l’âge moyen de la population, «EchoSanté» met également sur pied un «réseau dépendance» chargé de gérer ce nouveau fléau des temps modernes.
Apparaît alors la question de l’hospitalisation de toutes ces personnes qui n’ont plus leur place à l’hôpital, lequel doit se consacrer à des tâches médicales et chirurgicales plus «pointues», mais ne peuvent pas non plus rester chez elles sans une surveillance médicale rapprochée.
C’est ainsi que naît l’ H.A.D., ou Hospitalisation A Domicile, qui assure la prise en charge médicale des patients dans vingt lits médicalisés et assure le suivi, «à la maison» de ces malades dès que leur état leur permet de rejoindre leur domicile.
Cette structure HAD, a été installée en janvier 2007 dans l’ancien hôpital de Saint Girons, au cœur de la ville, actuellement résidence André Saint Paul. Unique en Midi Pyrénées, elle présente trois caractéristiques essentielles:
• Couverture territoriale: «EchoSanté» et sa branche HAD couvrent l’ensemble du Pays Couserans • Gestion intégrée: Les médecines libérale et hospitalière travaillent main dans la main, chacun se nourrissant des particularismes de l’autre • Soins polyvalents: Le patient qui, avant, pouvait dépendre de plusieurs services (gériatrie, médecine …) est désormais soigné en un même lieu pour l’ensemble de ses besoins, ce lieu pouvant être les lits HAD ou le domicile même du patient.
L’Assemblée Générale d’«EchoSanté» était au début du mois l’occasion de faire le bilan de ces différentes activités, à commencer par la plus ancienne: Le «Réseau Dépendance»
Quelques cinq années après sa mise en place, force est de constater qu’il n’y a plus grand chose à en dire tant les choses se passent bien. Le réseau est parfaitement rodé, «les inclusions progressent régulièrement depuis quatre ans», se réjouit le Docteur Richard Juan, qui ajoute «la quasi totalité des médecins participe au réseau»
Indispensable, incontournable et parfaitement intégré au paysage médical, il fait tous les jours la preuve de son utilité.
«Le réseau répond à un réel besoin qui va au delà du simple gadget de confort des acteurs de santé» conclut le Dr Juan qui ajoute «EchoSanté s’affirme comme un réseau de soins polyvalent incontournable: il inclut l’accompagnement des personnes dépendantes dans toutes les situations dans lesquelles elles pourront se retrouver: sortie d’hôpital, soins palliatifs ou hospitalisation à domicile»
C’est cette dernière fonction, la plus originale et la plus innovante, qui fait l’objet du rapport suivant.
Ici aussi, la satisfaction est totale puisque les vingt lits du service ont été occupés à 60% en moyenne en 2007, et que l’occupation actuelle dépasse les trois quarts de la capacité totale.
«Résultat remarquable en moins de deux ans d’activité, souligne Cathy Vicq, cadre de santé et responsable du service, et qui confirme la pertinence des choix qui ont été faits: permanence des soins, et moindre coût»
Et puisque l’on parle de coût, la parole est donnée à Geneviève Chartier, infirmière libérale et trésorière de l’association: «les résultats de cette première année sont très bons car la montée en charge a été très rapide, positive, régulière, et stable. En outre, la gestion de la T2A (Tarification A l’Acte) a été assurée d’une façon remarquable par le médecin coordonnateur.
Les bénéfices dégagées vont nous permettre de bien gérer l’avenir : embauche de personnel supplémentaire, achat de matériel, aménagement des locaux …» Il faut dire que les chiffres sont effectivement flatteurs: L’exercice 2007 accuse un total de produits de plus de 1 million d’euros dégageant un résultat net comptable de 374.677 euros.
C’est Jean-Louis Vicq, président de l’association, et visiblement satisfait de son fonctionnement qui conclut cette assemblée générale qui s'est tenue en présence de représentants du CHIVA, du directeur de la CPAM 09, de délégués des mutuelles, des CLIC et autres organismes liés à la santé.
«Nous avons de bons résultats parce que nous avons beaucoup travaillé. L’année 2008 va voir l’embauche d’un cadre et d’une infirmière coordonnatrice qui fera le lien avec le CHAC. Cela nous permettra d’améliorer, entre autres, les sorties d’hospitalisation. Des crédits seront également consacrés à l’amélioration de l’outil informatique»
Des propos qui ne pouvaient que réjouir Pierre-Yves Gilet Directeur du CHAC pour quelques jours encore, qui ne cesse de se réjouir des excellentes relations entre les libéraux et l’administration hospitalière, et le docteur Juan qui lui, ne cesse de déplorer le sous emploi de l’informatique au sein de l’association.
Photo: ©AriegeNews 2008 |