Le Président du Conseil Général communique: «en moins de dix ans, les effectifs sociaux du Département ont augmenté de 15%»
Le vendredi 4 juillet 2008, les personnels sociaux du Conseil Général de l’Ariège se sont déclarés en grève à la Direction Territoriale du Couserans.
L’exercice de ce droit leur est largement reconnu, mais son abus peut produire des résultats inverses à celui recherché, c’est-à-dire la désapprobation plutôt que l’adhésion. Car, manifestement, la principale préoccupation des personnels en grève a bien été de trouver un motif à ce mouvement.
Si je m’en tiens aux faits et à la demande exprimée par ces mêmes personnels quelques jours plus tôt, il s’agissait de pourvoir au remplacement de deux assistantes sociales dont les postes étaient vacants depuis le 15 Mai 2008 pour l’un et le 1er Juin 2008 pour l’autre ; sur un effectif total de neuf assistantes sociales pour les Centres de Saint-Lizier et de Saint-Girons.
Le 1er juillet, les deux remplaçantes recrutées étaient présentes. Comme le préavis était lancé, il fallait bien trouver d’autres arguments. Alors, pêle-mêle ont été évoqués un manque de moyens humains, l’absence de dialogue social, ou encore l’insalubrité des locaux professionnels.
Sur les moyens humains, il est toujours possible de dire qu’il n’y a pas assez d’agents publics départementaux. C’est oublier que ces agents sont payés par les contribuables ariégeois et qu’il y a une limite au poids des impôts locaux, surtout pour un département comme le nôtre.
Par ailleurs, si des efforts doivent être faits, vaut-il mieux les faire en recrutant des personnels supplémentaires ou en augmentant l’effort de solidarité et le soutien à l’activité économique des zones en difficulté?
C’est plutôt dans cette dernière direction que le Conseil Général s’est orienté. A titre d’exemple, pour le Couserans, vaut-il mieux aider la reprise d’une unité comme les Papeteries de LEDAR avec ses 100 emplois, ou recruter un ou deux agents supplémentaires pour visiter les 100 familles qui seront dans la difficulté?
Entre ces deux solutions, j’aurai vite fait mon choix. Ceci d’autant plus que le discours du Conseil Général de l’Ariège n’est pas celui de l’Etat en matière de fonction publique, un Etat qui réduit massivement ses effectifs, ce que le Conseil Général de l’Ariège, avec l’ensemble des élus socialistes, dénoncent régulièrement.
Pour le Département de l’Ariège, au contraire, depuis 1999, 24 postes nouveaux ont été ajoutés aux effectifs dans ce domaine dont une grande partie pour la prévention et l’enfance. Près de 15% de moyens humains en plus. Qui peut en dire autant?
Les syndicats CGT et SUD veulent plus et toujours plus. C’est leur conception du dialogue social, repousser toujours plus loin les exigences et surtout ne jamais reconnaître les avancées réalisées sur les conditions de travail.
Un jour «surfer» sur le «gagner plus», le lendemain sur le «toujours plus nombreux»
Sur ce point effectivement, nous ne partageons pas du tout le même point de vue sur la notion de dialogue social, voire même sur celle de service public.
Ainsi, par exemple, la continuité et la qualité du service public auxquelles ils font souvent référence, s’accommodent mal d’une grève sans motif, d’une demande d’aménagement horaire quand il fait chaud à l’extérieur ou de congés spéciaux pour cause de gêne liée au passage du Tour de France.
Enfin, en ce qui concerne «l’insalubrité des locaux», j’invite les Ariégeoises et les Ariégeois à visiter la Direction Territoriale du Couserans. Cela vaudra mieux que n’importe quel discours.
Par email, Augustin Bonrepaux, Président du Conseil Général de l'Ariège Photo: ©AriegeNews (archives) |