Le Tour de France traverse l'Ariège
 8 heures: descente du Col del Bouich. Col plus symbolique que réel, qui culmine à 599 mètres, altitude ridicule pour un col pyrénéen, mais dont la force réside dans la coupure historique qu'il marque, de façon indélébile, sur tous les fronts: climatique, économique, linguistique et culturel entre l'Occitanie «languedocienne» et l'Occitanie «gasconne»
Le plus étonnant en cette heure matinale n'est pas le nombre de véhicules, camping-cars de toutes sortes et de toutes nationalités, stationnés le long de la route (nous en avons dénombré près de 150, soit le double des places de parking disponibles), mais le fait que la plupart des spectateurs sont déjà installés pour voir passer des coureurs qui ne franchiront le col qu'aux alentours de… 16 heures!
14 heures: La ville de Foix semble morte. Plus aucune voiture ne circule dans des rues débarrassées même de tout véhicule en stationnement. Plus aucun bruit de moteur ou odeur de gaz d'échappement. La ville serait devenue la première ville «écolo» d'Europe?
On entend même le chant des oiseaux… jusqu'à l'arrivée sur les Allées de Villote où est située la ligne d'arrivée.
Ouf, la vie a repris ses droits: foule bigarrée, poids lourds, semi-remorques et bus entassés, hurlements des speakers et autres bateleurs vantant et vendant moult souvenirs et colifichets à l'effigie des nombreux sponsors.
Ici, la palme revient incontestablement au sponsor du maillot jaune dont les casquettes de la même couleur protègent quelques centaines de spectateurs d'un soleil inespéré dardant des rayons brûlants pour la plus grande joie des cafetiers.
15 heures 30: Premier passage dans la cité comtale qui en comptera deux, chose exceptionnelle. Mais l'Ariège n'est-il pas un département exceptionnel?
Curieusement, il y a relativement peu de monde sur le Pont de Saint Girons qui offre pourtant l'avantage de voir passer, en tête et avec une bonne centaine de secondes d'avance, Amaël Moinard, un français, qui plus est normand d'origine mais installé à Toulouse, la grande soeur, sur fond d'un château de Gaston Phebus animé par des chevaliers en armes.
Mais les amateurs ont préféré, de toute évidence, préserver leurs places sur la ligne d'arrivée.
16 heures 30: Sprint final qui désignera le vainqueur. Le petit français a été absorbé par le peloton des ses poursuivants. C'est finalement Kurt-Asle Arvesen, champion de Norvège qui règle ce sprint de quelques (certains disent même d'un seul) centimètres.
17 heures: Remise des trophées, et distribution des maillots jaune, vert, à pois rouge, blanc... il y en a pour tous les goûts et pour toutes les disciplines.
L’Australien Cadel Evans, qui comptait encore un quart d’heure de retard sur la tête de la course à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, conserve avec le retour du peloton sur la dernière partie du parcours, son maillot jaune.
18 heures: Fin du spectacle. Les «roads» plient les kilomètres de câbles qui avaient envahi les Allées de Villote.
18 heures 15: Le Col del Bouich a retrouvé sa sérénité. Seuls témoins de l'affluence de cette journée particulière: les centaines de sacs poubelles, remplis à ras bord qui permettront au paysage de ne souffrir d'aucun dégât collatéral suite au passage du Tour.
21 heures: Les allées de Villote sont totalement dégagées, et la ville retrouve son calme. Le Tour est parti et n'a laissé de traces que dans le souvenir plus ou moins émerveillé des grands enfants que nous sommes restés.
22 heures: Le bruit court en ville que les officiels et autres V.I.P. dînent, aux chandelles, sur les terrasses du château.
Une belle journée, une course passionnante, malheureusement ternie, lors de l'arrivée, par un accident comme on pensait qu'il n'en arrivait que sur feu le Paris Dakar: la voiture d'un directeur sportif a percuté, pour une raison qui reste encore à élucider, une barrière de sécurité, blessant grièvement les spectateurs qui se trouvaient derrière.
En particulier, quatre personnes, dont une femme et un enfant ont du être hospitalisés au CHIVA, victimes de fractures diverses.
Photos: ©AriegeNews 2008 |