Ariège: attaques d�ours en série à Orlu, Ascou, Beille
Communiqué de l'ASPAP:
L'Ariège est déjà cette année encore à la sinistre première place des départements Pyrénéens pour le nombre d’attaques d’ours. Plus de 40 attaques ont déjà touché la quasi-totalité des vallées d’Ariège, représentant près de 80 brebis tuées ou manquantes.
L’Aspap a reconduit cette année son aide directe aux éleveurs, d’une part en rééditant «l’aide-mémoire en cas d’attaque», d’autre part en renouvelant l’opération «solidarité-expertise» qui permet à chaque éleveur d’être accompagné lors de l’expertise.
2008 voit se confirmer la présence évidente de plusieurs ours en Ariège. Après avoir pendant des années mis sur le compte de Boutxi l’essentiel des attaques, les membres de l’équipe de suivi reconnaissent en privé la présence permanente d’une dizaine d’ours au minimum en Ariège.
L'Ariège «poche à ours» des Pyrénées est inscrite noir sur blanc dans l’évaluation du plan -ours publiée en mai 2008 par le Ministère de l'Ecologie.
Lequel révèle la facture de l’ours: 1,9 million d’euros par an pour les vingt ours officiellement présents dans les Pyrénées, soit 100.000 euros pour chaque ours!
En 2007, plus d’un tiers du budget (soit environ 760.000 euros) a été consacré à l’équipe technique ours (ETO) chargée de suivre les plantigrades. Un poste en augmentation constante.
Pourtant la même équipe n’est capable aujourd’hui ni de dire où se trouve l’ours Balou introduit en 2006 ou ses congénères, ni de remplir son devoir d’information, et notamment aux éleveurs, maires, population et vacanciers.
Bien que l’Ariège n’ait rien demandé, et n’ait jamais cherché à revendiquer le mercantile titre de pays de l’Ours qui fait vendre à Arbas des casquettes et des porte-clés à l’effigie d’ours baptisés de noms ridicules, oui les ours sont de plus en plus nombreux en Ariège, les informations convergent.
Aire de répartition des attaques et des indices de présence de plus en plus vaste, observations visuelles de plus en plus fréquentes, y compris dans les zones habitées.
Balou a défrayé la chronique aux portes de Foix ce printemps ; un autre ours a été observé à Mérens, plusieurs fois d’un côté puis de l’autre de la 4 voies Toulouse/Andorre ; à Caussou, en Haute-Ariège, c’est sur la place du village un dimanche matin vers 7H00 qu’il a été observé. Le suivi a validé d’autres témoignages, à Sorgeat, Lapège, Couflens, Siguer, Aulus…
Sur le plateau de Beille en cette semaine du 14 juillet l’ours a été vu au milieu du troupeau et s’il n’a fait qu’une victime, les éleveurs du plateau en sont à leur 3ème attaque, avec pour l’une d’entre elles près de 30 brebis blessées et non reconnues imputables, ou manquantes: elles ne seront pas indemnisées.
Ascou a subi 3 attaques aux troupeaux cette même semaine du 14 juillet. A 3 reprises cet été, la bergère a pu observer l’ours sur son estive.
Troupeaux affolés en permanence, bêtes manquantes qu’il faut sans cesse regrouper au détriment de leur sécurité et de leur bonne alimentation, un été infernal de plus.
A Orlu, marquée en 2007 par un terrible dérochement causant la mort de 94 ovins, l’ours a attaqué dans la vallée, toujours cette semaine, près du village. Quel est cet ours ? Quels sont ces ours ?
Pour le savoir, l’ETO ... a décidé d’envoyer une des crottes trouvées sur place au laboratoire vétérinaire de Grenoble compétent pour un tel examen. Pour cette analyse génétique, dont le résultat sera connu ... dans 3 mois, la facture du laboratoire est à payer tout de suite par le contribuable: 1.000 € !
A la limite de l’Ariège, à Comus et Camurac, une nouvelle expertise a eu lieu hier sur 3 brebis éventrées et tuées. Les gardes audois encore plus réfractaires que ceux d’Ariège lors des expertises n’ont pas voulu se prononcer malgré des éléments accablants: griffures, plaies béantes, empreinte dans le sol.
Alors que l’équipe de suivi rode depuis des semaines dans le secteur, aucune information ne filtre. Le répondeur de l’ETO localise Balou sur la commune de Prades, depuis le 19 juin il ne l’aurait pas quittée une seconde ! Se serait-il étranglé tout à fait avec son collier ? Nous n’en croyons rien.
Nous avons bien assez de problèmes avec les ours existants, sans aller en chercher d’autres en Slovénie, ce à quoi l’Aspap s’opposera par tous les moyens.
L’augmentation de la population d’ours, et de la facture de l’ours à l’heure où les français doivent se serrer la ceinture, n’est pas l’affaire des seuls éleveurs, mais de tous les usagers de la montagne : habitants, résidents secondaires, vacanciers.
C’est ensemble qu’il nous faut défendre le droit de travailler, vivre en Ariège et profiter sereinement de tous les loisirs que nous offre la montagne: randonnée, pêche, chasse ... C’est un des thèmes principaux que nous défendrons dans le cadre grandiose du plateau de Beille pour «LES PASTORALIES, la grande fête de la montagne vivante» ... et bien décidée à le rester !
Réservez dès aujourd’hui la date du 8 août 2008, nous en reparlerons ici très bientôt et tout de suite sur www.pastoralies.fr Contact: magali boniface 06 30 29 90 86
Par email, ASPAP Photo: ©AriegeNews (archives) |