Artigat: escroquerie au pays de Martin Guerre
 Personne n’a oublié l’histoire de Martin Guerre, immortalisée par le film de Daniel Vigne, récompensé en 1982 par quatre «César», et qui raconte l’histoire d’ Arnaud de Thil, cet usurpateur qui , au milieu du XVIème siècle se fit passer pour Martin Guerre, un paysan d’Artigat parti à la guerre quelques huit années auparavavant.
Près de quatre siècles et demi après, l’histoire semble bégayer avec une entreprise qui, surfant sur la vague des matériaux «écologiques», a (presque) réussi à se faire passer pour un honnête «fabriquant de maisons en kit en ossature bois»
En fait, Joacquim M.P., gérant de la SARL EVOLBOIS, basé précisément à Artigat, flanqué de sa compagne Nadia B. et du père de celle-ci, Guy B., ont escroqué plus de cinquante aspirants-propriétaires du Sud-Ouest en vendant, dans des conditions plus que douteuses, des maisons qui, dans le meilleur des cas souffrent de multiples malfaçons, et dans le pire des cas, n’ont jamais été terminées, et restent dans la quasi totalité des cas, inhabitables.
Suite à plusieurs plaintes de consommateurs grugés, appuyées par une enquête des services de la répression des fraudes, épaulés par la gendarmerie, sous la houlette du procureur Leroy, les trois compères, sous contrôle judiciaire, mais comparaissant libres après versement d’une caution de 15.000 euros, ont comparu le 20 mars 2007 devant le Tribunal de Grande Instance de Foix.
Les griefs sont multiples, allant, entre autres, de «faux et usage de faux», à «démarchage à domicile non conforme», en passant par «construction de maison sans contrat… ni garantie...»
Il faut dire que, outre des contrats parfaitement en marge de loi, ces «promoteurs» vendaient également les services d’entreprises «amies» notoirement incompétentes.
Condamnés à des peines allant de dix huit mois de prison dont dix sept avec sursis, et 13.000 euros d’amende pour Guy B., considéré comme le chef de la bande, à un an de prison avec sursis et 9.000 euros d’amende pour Joacquim M.P. gérant, en passant par six mois avec sursis et 5.000 euros d’amende pour sa compagne, les trois dirigeants d’Evolbois, qui, entre temps ont déposé le bilan, ont fait appel.
Il faut dire que Guy B, gérant de fait, a une telle habitude des tribunaux qu’il a été condamné, il y a peu, à 8.000 euros d’amende pour «procédure abusive» Il avait pris l’habitude, pour se dédouaner, de porter plaine contre les clients qu’il avait arnaqué !
Ils comparaissent ce mercredi 10 septembre devant la cour d’appel de Toulouse. Inutile de dire que les plaignants, dont certains se sont retrouvés ruinés suite aux «contrats» contractés avec Evolbois, attendent avec une certaine impatience le verdict de la cour.
Crédit photo: Michael Flippo |