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Les opposants historiques à la décharge de Berbiac tournent une page�
Communiqué de presse:
Depuis la fin de l’année 2006, le Conseil général pilote la révision du Plan départemental d’élimination des déchets.
Il a demandé en janvier 2007 aux collectivités locales compétentes en matière de traitement des déchets de faire acte de candidature, en proposant à la fois une filière de traitement des déchets et un site.
La Communauté de communes de Mirepoix, avec les communes de Mirepoix et de Manses, se sont portées candidates pour l’incinération parce que nous ne voulions pas courir le risque de l’enfouissement ad vitam aeternam des déchets de l’Ariège à Berbiac.
Nous préférons un procédé industriel qui les détruise en produisant de l’énergie et des mâchefers pour les travaux publics (comme cela se fait pour 50% du total des ordures ménagères en France).
Seule une autre collectivité locale, le Smectom, a proposé l’étude de trois solutions: l’incinération, le compostage et la méthanisation (ces deux dernières nécessitent le recours à l’enfouissement de l’immense majorité des ordures).
Ces trois solutions étaient bien sûr proposées par le Smectom sur Manses…Nous avons organisé à Mirepoix une grande réunion d’information sur l’incinération, le 5 mai dernier, pour expliquer aux élus et à la population l’intérêt de ce procédé et pourquoi nous le préférons à tous les procédés qui ont recours massivement à l’enfouissement.
Pour sa part le Conseil général a organisé trois réunions territoriales pour présenter les trois solutions. Nous n'avons pas complètement approuvé le fond et la forme de cette communication, mais nous avons noté que par trois fois le Président du Conseil général a affirmé que le choix du site n’était pas fait et que le département disposait de deux terrains, au Vernet et à Manses.
Donc, en théorie, le choix de la filière et du site seraient encore ouverts. La consultation des élus se termine, le Conseil général doit boucler la révision du Plan départemental avant la fin de l’année. Sur Berbiac, cet été encore, des départs d’incendies -heureusement maîtrisés à temps- suscitent notre inquiétude… Telle est la situation aujourd’hui.
Il n’est pas inutile de rappeler que, depuis 1998, nous, les «opposants historiques à la décharge de Manses», c’est à dire la municipalité et les habitants de Manses, de Mirepoix, et les comités de défense, avons mené un combat contre cette décision imposée par l’État et le Smectom, d’enfouir à Berbiac toutes les ordures ménagères brutes de l’Ariège.
Nous l’avons fait parce que cette décision était injuste, imposée dans l’urgence, parce que les travaux conduits dans la précipitation n’ont pas respecté les prescriptions techniques, et surtout parce qu’on nous a imposé ce «diktat» sans la moindre concertation. Parallèlement à ce combat loyal et légitime sur le terrain, nous avons mené un combat devant la justice.
Notre objectif a été d’abord de stopper l’enfouissement des déchets à Manses, de trouver une solution alternative, et ensuite d’obtenir une juste indemnisation des riverains pour les contraintes et des nuisances occasionnées par la présence de cette installation.
Mais nous nous sommes heurtés aux notions «d’urgence sanitaire, de salubrité publique» et au motif qu’il n’y aurait pas dans le département un autre site plus favorable et surtout mieux disposé à accueillir les déchets…
Parallèlement, nous avons dénoncé année après année auprès des médias tous les dysfonctionnements de l’installation: la non étanchéité de la géo membrane, les risques de pollution, les incendies, les goélands, les accidents routiers, et bien sûr les odeurs…
De la même manière, nous avons alimenté les débats dans la CLIS (Commission locale d’Information et de Surveillance qui se réunit une fois par an).
Toutes ces actions y compris les actions juridiques n’ont pas été majoritairement couronnées de succès mais elles ont, à coup sûr, contribué à faire pression sur l’autorité administrative et sur l’exploitant et elles ont obligé ce dernier à améliorer son exploitation au fil des ans.
Les affaires juridiques sont encore en cours et seront jugées le 18 septembre prochain devant la Cour d’Appel Administrative de Bordeaux. C’est le moment de faire un bilan entre collectivités, associations et particuliers qui, depuis dix ans, se battent pour défendre leur santé et leur environnement. Ce bilan est en partie positif.
Si nous n’avons pas pu faire fermer le site malgré une forte contestation des arrêtés préfectoraux qui président à son exploitation, nous avons au moins réussi à minimiser les dysfonctionnements les plus graves: une meilleure prévention des incendies, la question des goélands est en cours de traitement, le suivi des odeurs est engagé, l’alvéole en exploitation doit être recouverte les week-ends, etc.
Nous avons également contribué à faire prendre conscience à nombre d’Ariégeois, à nombre d’élus, de la gravité du problème des déchets et de la nécessité de faire progresser les gestes de tri, de mettre en œuvre les moyens nécessaires à la réduction des déchets, bref de prendre en compte là aussi «l’éco citoyenneté» et le «développement durable»…
Il reste cependant encore beaucoup à faire pour que le traitement des déchets à Manses soit dénué de toutes nuisances et de tout risque de pollution…
Comment répondre aux sourdes inquiétudes des riverains et des habitants de nos communes, ravivées par chaque incendie, chaque incident, par la vue des goélands, par la peur des camions qui roulent «plein pot» sur les routes étroites? Comment défendre leurs intérêts, et nos intérêts collectifs?
Nous arrivons à la conclusion que ce n’est pas le Tribunal Administratif qui le fera. Au contraire, avec le temps, plus l’exploitation se rapproche d’un fonctionnement tolérable et moins nos arguments juridiques pèseront, et la poursuite de ces procédures juridiques pèse sur le dialogue entamé lors de la révision du Plan départemental à laquelle nous avons été associés…
C’est maintenant davantage par la mobilisation positive de toutes les bonnes volontés, par la participation active à la préparation du futur, par la discussion, la concertation, la négociation pour protéger la santé et l’environnement des riverains que nous y parviendrons.
Nous voulons être associés étroitement au travail d’étude et de définition de la future installation de traitement des déchets, quelle que soit la solution retenue, la nôtre, c’est à dire l’incinération, ou l’une des deux autres, et quelle que soit son implantation, à Manses, au Vernet, ou ailleurs.
Après que le Conseil général aura choisi une filière de traitement, la phase d’étude détaillée de l’installation commencera ; nous demandons que les communes d’accueil soient associées au groupe d’étude qui pilotera ce travail. C’est par l’association à la définition du projet final que nous pourrons agir sur les décisions qui conditionneront l’avenir de notre territoire.
Nous voulons également être associés à la définition du projet transitoire.
Nous voulons garantir une meilleure sécurité à nos riverains, qu’elle soit environnementale, sanitaire, et même routière. Cela peut se faire au sein de la CLIS en mettant à sa disposition un budget, des moyens d’expertise et d’étude – indépendants de l’exploitant afin qu’il ne soit pas juge et partie – pour effectuer le suivi des données environnementales de l’installation, ou des expertises complémentaires.
Nous demanderons notamment qu’un suivi sanitaire des populations riveraines volontaires soit mis en place, comme il doit l’être pour les travailleurs du site, suivi financé par l’exploitant, et transparent pour les élus et les associations.
Nous intégrerons dans les objectifs de sécurité la question de la circulation routière car depuis dix ans les plaintes de nos riverains sur le danger et la peur occasionnés par les véhicules transportant les déchets sont quotidiennes et elles continuent malgré les nombreuses fois où nous avons attiré l’attention du SMECTOM sur ce problème.
Nous ferons ainsi de la CLIS un véritable espace d’information et de contrôle du respect des objectifs fixés par le plan, notamment en matière de sécurité sanitaire et environnementale.
Il restera évidemment à discuter aussi d’une juste indemnisation des communes d’accueil, en fonction des quantités de déchets reçues, de façon incitative à la réduction de ces quantités puisque l’objectif sera de diminuer au maximum l’enfouissement des déchets, et à envisager aussi une juste compensation des nuisances occasionnées à nos habitants par l’existence d’une telle installation à moins de 800 mètres de leurs habitations.
Il faudra évidemment parler aussi des 600.000 tonnes d’ordures qui sont déjà enfouies chez nous.
Comment parvenir à ces trois objectifs? En s’en remettant à la Justice? Ou à travers la concertation et la discussion avec le SMECTOM?
Les «opposants historiques» que nous sommes prennent une décision historique en choisissant aujourd’hui le dialogue et la concertation avec le SMECTOM.
Et pour preuve de notre volonté, nos municipalités, en accord avec les associations de défense, décident de faire cesser les procédures juridiques. Concrètement, nous prenons la décision de nous désister devant la Cour d’Appel Administrative de Bordeaux avant l’audience du 18 septembre.
Nous plaçons ainsi la balle dans le camp du SMECTOM. Nous faisons le pari sur la concertation, sur le dialogue, sur l’intelligence des élus du SMECTOM. Il leur appartient maintenant de répondre à notre volonté de négocier s’ils veulent enfin voir le terme d’un conflit dont la dimension vient de changer avec la procédure de révision du Plan départemental.
Répondre à notre volonté est pour eux l’assurance que la question des déchets en Ariège aura progressé dans la bonne direction. Nous ne serons plus des opposants, mais des partenaires constructifs et vigilants, désireux de travailler en commun pour construire une solution durable pour l’Ariège et supportable pour nous.
Laisser passer cette occasion ou refuser d’y mettre les moyens nécessaires ne conduirait qu’à rouvrir de nouveaux champs de conflits, dans un nouveau contexte, avec de nouvelles procédures possibles et à d’autres niveaux. Nous avons la certitude que ce n’est pas l’intérêt ni la volonté du SMECTOM, ni des responsables politiques ariégeois…
Par email, les opposants historiques à la déchérge de Manses |
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publié le: 15/09/2008 |
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