Mobilisation générale autour de l'usine de Lédar à Saint Girons
22/09/2008 | 15:49
Il aura fallu attendre que la situation soit quasiment désespérée  pour que l’union sacrée de tous les acteurs de ce véritable drame prenne enfin corps.

A vingt quatre heures du verdict du tribunal de commerce de Grenoble qui semble ne faire aucun doute, les réunions se multiplient, les téléphones crépitent et les courriels circulent à la vitesse du haut débit.

«Tout le monde se sent un peu coupable dans la mauvaise tournure qu’a prise cette affaire, confie un ouvrier vaguement désabusé. On a tous cru en ces repreneurs espagnols qui se sont finalement désistés sans que l’on comprenne bien quel a été leur calcul»

Et de poursuivre, véhément «nous les premiers, nous y avons cru, comme les élus locaux et nous n’avons pas préparé de plan «B», pareil pour le conseil général dont les experts se sont fait balader, sans parler de l’Etat qui s’était porté garant de la promesse de Matussière et Forest de réinvestir l’argent des centrales dans l’usine, et qui n’a pas pu contraindre l’entreprise»

Pourtant, aujourd’hui, tout cela est mis de côté, l’heure n’est pas au règlement de comptes mais bien au sauvetage de l’outil de travail.

Côté structure juridique, il semble de la SCOP tienne bien le cap, près de 80% des ouvriers se disant prêts à tenter l’aventure.

Les collectivités territoriales risquent, elles, de ne pas y trouver leur compte, dans la mesure où qui dit SCOP, dit aussi exonération de Taxe Professionnelle, et donc une manne globale annuelle de près de deux millions d'euros qui s'envole.

Mais pour sauver l'emploi, chacun est prêt à faire des sacrifices.

C’est ainsi que le conseil général, tout comme le conseil régional se sont dits prêts à mettre la main à la poche, immédiatement ou après la mise en liquidation judiciaire si la procédure ne peut pas être arrêtée, pour renflouer l’usine.

Quant à l’Etat, il se bat de son côté, via les deux préfets de l’Ariège et de l’Isère où là-bas 400 emplois sont en jeu, pour trouver des aides, peut-être du côté de l’Europe et des fonds européens de développement régional FEDER.

La première urgence étant de gagner un peu de temps pour reconstruire un projet viable, et finaliser les promesses  de financements, Vincent Ramond, secrétaire du Comité d’Entreprise, a envoyé aujourd’hui un courriel au juge-commissaire pour lui demander de surseoir à la liquidation, au moins pour quinze jours.

A l’heure où nous écrivons (19h30), aucune réponse n’est revenue de Grenoble…

Demain, mardi, deux situations peuvent se présenter.
Le tribunal accepte de remettre à plus tard son jugement, et tous les espoirs sont permis de sauver le groupe.

Ou bien le tribunal déclare l’entreprise en liquidation judiciaire. Mais même dans ce cas, comme le faisait  très justement observer le préfet Valette, tout n’est pas perdu. Avant que l’entreprise ne soit totalement démantelée, il est encore possible de présenter au liquidateur des solutions, totales ou partielles, susceptibles de sauver l’essentiel.

Incontestablement, la mobilisation des élus, des institutions et de l’Etat remet un peu de baume au cœur d’ouvriers fatigués mais confiants.

NDLR: mardi 23 septembre 2008 (15h48) le tribunal de commerce a refusé d'accorder un délai supplémentaire de 15 jours et a prononcé la liquidation de l'entreprise.

Photo: ©AriegeNews 2008
actualites Ariege
auteur: Bernard Pastourel | publié le: 22/09/2008 | 15:49 | Lu: 12267 fois