Tarascon sur Ariège: exercice d�évacuation au collège du Sarbarthès
On dénombre dans le département de l’Ariège cinq barrages (dont 4 gérés par EDF) soumis au Plan Particulier d’Intervention (PPI) «grands barrages»
La loi du 13 août 2004 relative à la modernisation de la sécurité civile, prévoit que les aménagements hydrauliques qui comportent à la fois un réservoir d’une capacité supérieure ou égale à 15 millions de m³ et un barrage d’une hauteur d’au moins 20 mètres doivent faire l’objet d’un «PPI grand barrage»
L’objectif d’une telle mesure est de permettre l’évacuation des populations concernées, dès lors que des anomalies constatées par le gestionnaire du barrage le justifient, mais avant la rupture de celui-ci. A cette fin le PPI définit trois niveaux d’alerte: l’état de vigilance renforcée, l’état de préoccupations sérieuses, l’état de péril imminent.
Bien que les risques d’accident sont extrêmement faibles (probabilité de 1 pour 100 000 dans le monde) les pouvoirs publics, en liaison avec l’exploitant, doivent être prêts à toute éventualité et réalisent de manière régulière des exercices visant à mobiliser les moyens mis en place pour la protection des populations.
Après l’exercice réalisé en octobre 2007 au barrage du Soulcem, la préfecture de l’Ariège, en relation avec les services concernés*, a imaginé un scénario catastrophe autour du barrage de Naguilhes (51m, 43 millions de m3 stockés sur une superficie de 93 ha au dessus de la vallée d’Orlu) et du collège du Sabarthès à Tarascon pour l’évacuation des élèves et du personnel.
«Cet exercice, le premier de ce type réalisé au collège, est prévu dans notre plan opérationnel de gestion de crise, le fameux PPMS du collège que nous avons mis en place l’an passé, explique Martine Marty, principal de l’établissement.
Chaque personne a un poste précis et nous suivons un protocole rôdé, sachant que nous n’avons qu’une demi-heure pour nous mettre à l’abri»
La coordination de cet exercice a été effectuée en relation avec Jean-Michel Galy, agent d’entretien mais surtout «M. Sécurité» du collège. Jeudi matin, peu avant l’exercice, Patrick Antoniutti, du centre de secours de Tarascon et Alain Flamant, conseiller pédagogique EPS sur Foix Rural, sont venus en observateurs assister aux opérations et relever d’éventuels dysfonctionnements.
Dès que la sirène retentit, l’alerte est donnée, les élèves se rassemblent de manière ordonnée dans la cours (3 minutes leur auront été nécessaires), presque simultanément les agents font le tour des classes pour voir si personne ne manque à l’appel puis les colonnes se dispersent dans le calme vers la sortie.
Les 365 élèves et les enseignants empruntent ensuite l’itinéraire déterminé jusqu’aux hauteurs du Foirail où se tient le point de rassemblement. Cette évacuation aura duré 17 minutes.
«L’an prochain nous mettront en place un exercice de mise en situation confinement», ajoute la responsable du collège.
Côté préfecture, une cellule de crise gère les opérations en temps réel.
«Cet exercice doit valider le PPI mené sous l’autorité du préfet et préparé par les services de la protection civile avec l’assistance de l’exploitant, à partir de l’étude de dangers, explique Véronique Castro directrice des services de la Préfecture.
Dans la réalité le rôle du maire est très important, il met en place un plan communal de sauvegarde, alerte la population, met en place le plan d’évacuation des personnes.
L’intérêt de cet exercice de vigilance renforcée est de pouvoir tous travailler ensemble de mettre les expertises de chacun en commun car le relationnel est très important même dans un cas de gestion de crise»
Pour EDF l’exploitant de l’ouvrage, la priorité demeure la sécurité des populations et la sûreté des barrages qui sont surveillés toute l’année.
*la DRIRE, le CODIS, la Gendarmerie, la DDEA, EDF, l’Armée, l’Education Nationale
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |