Chantiers arrêtés, factures en instances, loyers impayés, investisseurs au bord de la faillite.
Telle est l’image désolante que semble donner l’ensemble touristique Aulus-les-Bains / Guzet-Neige, à quelques semaines de la saison d’hiver, censé redonner vie à ce domaine phare du tourisme couserannais.
Reprenons. En arrivant à la station de Guzet, on tombe inévitablement sur le chantier qui a investi depuis bientôt deux ans le parking de la station et on constate que cela fait déjà quelques semaines que la construction, pourtant bien avancée, semble abandonnée.
Et on se dit qu’il a été abandonné par ces entreprises qui n’ont pas été payées, à l’image de cet entrepreneur de maçonnerie à qui l’on devrait près d’un million d’euros, tout comme cette entreprise de plomberie qui désespère de toucher les quelques deux cent mille euros de travaux en cours, en passant par ce couvreur, lui aussi couserannais, qui attend les trente mille euros de facture toujours en instance de paiement.
Restent ceux qui ont mis leurs appartements en location, via une société de gestion, et qui ne voient pas l’ombre d’un loyer «alléger» leur découvert bancaire, incapables d’assurer le remboursement des emprunts contractés pour cet investissement locatif et défiscalisé, réputé sans risque.
Qu’en est-il exactement de ces faits et rumeurs qui pourrissent un climat couserannais déjà passablement dégradé par la faillite des papeteries de Lédar?
Au départ, Guzet Neige est une station de ski en grande difficulté suite au départ provoqué de son promoteur, Adrien Pippi. Quelques saisons de mauvais enneigement, ajoutées à une gestion que l’on qualifiera d’hasardeuse, font que la station est à deux doigts de fermer.
Nous sommes dans les années 2000 et le Conseil Général, qui porte Guzet Neige à bout de bras, cherche désespérément des fonds et un repreneur.
Arrive, par l’intermédiaire de Bruno Lavielle, infatigable promoteur de l’Ariège et du Couserans, Alain Lapujade qui investit dans la station de ski de Guzet, et qui se voit également confier, dans la foulée, dès le 8 juin 2005, la gestion de la station thermale toute proche d’Aulus les Bains.
La gestion de cet important parc immobilier est confiée à une filiale de Simbiosis: Simbiosis Hôtels et Resorts, qui attire de nombreux investisseurs privés, séduits par des promesses de défiscalisation et de placement immobilier «tranquille»
Tout va bien pendant un peu plus de deux ans: les propriétaires qui ont investi entre cent vingt mille et deux cent vingt mille euros voient les loyers couvrir sans problème les annuités d’emprunts.
Pourtant, début 2008, tout s’arrête, et la société gestionnaire ne reverse plus aucun loyer aux propriétaires.
Une gestion qualifiée de douteuse par certains propriétaires associée à deux années calamiteuses en matière d’enneigement ont eu raison de ces gestionnaires aujourd’hui proches de la faillite… tout comme d’ailleurs certains propriétaires «imprudents» qui doivent vendre leur patrimoine privé pour payer les emprunts.
L’actualité récente nous montre que ce phénomène n’est pas propre à la France, ni à l’Ariège…
Côté travaux, Alain Lapujade ne nie pas qu’ils sont actuellement en attente, mais il explique que cela ne constitue qu’une pause due à d’importants différends avec un architecte local pour le moins coupable, selon le promoteur, outre de malversations, d’erreurs de conception générant d’importantes malfaçons dans les immeubles en cours.
D’ailleurs, cet architecte-urbaniste-promoteur, alerté, sera cette semaine en Ariège pour faire le tour, avec ses financeurs, notamment la Caisse d’Epargne, des chantiers ariégeois (Aulus les bains, Guzet Neige, Seix et Le Carla Baye), afin de faire le point et trouver les solutions les plus adaptées à chaque chantier.
«D’ailleurs, indique Alain Lapujade, les investisseurs privés, pas plus que les entreprises, n’ont de raison d’être inquiets. Les différents chantiers sont couverts par la garantie d’achèvement de travaux souscrite auprès de la Caisse d’Epargne. Tout sera terminé, et tout le monde sera payé»
Du côté des locations, on commence également à y voir un peu plus clair. Des contacts sérieux ont été noués avec la société SOMIVAL-GAUDRIOT, spécialiste reconnu de conseil et de gestion.
Alain Daval, représentant les copropriétaires, se veut optimiste: «il est clair qu’après ce passage à vide, nous trouverons, avec l’aide de tous, et en particulier du Conseil Général de l’Ariège, une solution satisfaisante»
L’horizon semble s’éclaircir donc, et les premiers flocons tombés aujourd’hui sur les reliefs couserannais devraient apporter du baume au cœur de tous ceux qui n’ont d’autre espoir que le développement d’Aulus, Guzet et autres sites touristiques d’Ariège…
Crédit photo: Floconagile
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