Un 31 décembre au service des Urgences du CHIVA
05/01/2009 | 12:33
Alors que l’hôpital public est au cœur d’une nouvelle polémique suite au décès d’un patient pris en charge par le SAMU et décédé faute d’avoir été accepté à temps en service de réanimation, nous avons visité le services des urgences du Centre Hospitalier du Val d’Ariège… un 31 décembre. 

Quelques heures avant le réveillon de la Saint-Sylvestre.

Pour Patrick Guillotin, médecin urgentiste: «Il s’agit d’un jour comme un autre, il y a peut être des problèmes d’alcoolisation plus importants mais globalement depuis plusieurs années on assiste à une baisse de l’accidentologie…

Quant à notre organisation que ce soit à l’Unité d’Hospitalisation de Courte Durée (UHCD), au service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) où un médecin urgentiste du CHIVA s’occupe de la régularisation au 15, au Centre Hospitalier du Pays d’Olmes où un médecin urgentiste est présent 24h sur 24…

Nous jouons tous la complémentarité, que ce soit avec le personnel médical, paramédical et les internes car notre force repose sur la structuration. Il faut pouvoir répondre le plus rapidement possible à tous les cas de figure, d’où l’importance d’avoir une équipe soudée
»

Le service des Urgences dispose de 8 boxes et 2 salles de consultation en médecine générale ainsi qu’une chambre carcérale dédiée aux détenus de la maison d’arrêt qui auraient besoin de soins.

«Dans le plan Hôpital 2012, il est envisagé de reconstruire les urgences du CHIVA, indique Gérard Garnier, directeur des soins. Avec ses 30.000 visites par an, il faut agrandir l’UHCD. La décision est prise et elle devrait être entérinée d’ici à juillet 2009»

« Les patients sont ici de passage, ils sont pris en charge dès leur entrée par l’infirmière d’accueil et d’orientation (IAO), explique le Dr Guillotin, et orientés selon les pathologies…

Certaines pathologies ne peuvent être traitées sur place, nous les envoyons au CHU de Toulouse ou comme ce patient développant des syndromes coronariens aigus à la clinique Pasteur…Jamais, personne n’a attendu 24h sur un brancard dans un couloir des Urgences du CHIVA !
»

Les équipes sont constituées de professionnels de santé qui suivent régulièrement des formations, le service accueille aussi des Internes du CHU, un service social prend en charge les plus démunis et une infirmière du Centre Hospitalier Ariège-Couserans est présente 24h sur 24 pour la prise en charge des pathologies psychiatriques (en relation avec un psychiatre de garde)…

«Chaque maillon est indispensable au bon fonctionnement du service, précise Gérard Garnier, il n’y a pas de sectorisation à la différence du CHU, ce qui constitue la singularité de notre travail et son intérêt»

Les médecins urgentistes peuvent également être mobilisés à tout moment pour faire du secours en montagne.

«Quand cela arrive, c’est un médecin en moins dans notre service et cela peut durer des heures… de plus nous sommes tenus à assurer des gardes de secours en montagne, 15 jours en hiver et deux mois en été»

Aujourd’hui, les Urgences du CHIVA souhaitent mettre en place «un service après-vente»

«Nous ne sommes pas là seulement pour suturer ou faire un plâtre, commente le Dr Guillotin, nous souhaitons revoir nos patients…»

Quant aux problèmes d’engorgement des Urgences que l’on peut rencontrer dans certaines régions: «il s’agit là du principe de la permanence des soins, poursuit l’urgentiste. Le développement des services d’Urgences a peut-être favorisé le retrait des gardes des médecins généralistes»

Force est de constater que dans le département de l’Ariège, département rural par définition, les Urgences permettent aussi de palier l’absence de médecins généralistes …

Les maisons médicalisées devraient à terme constituer une alternative à cette désertification médicale.

A l’accueil, Christine Calero, Marie-Hélène Eychenne et Ségolène Forté ont un poste essentiel, il faut rassurer, calmer tout en gérant le volet administratif.

«Souvent il y a des tensions, on ne vient pas aux Urgences par plaisir, les patients souffrent, les  accompagnants sont paniqués… nous devons gérer beaucoup de stress !»

Face aux récentes polémiques dont s’est fait écho la presse nationale sur l’organisation du système des soins français, les professionnels du CHIVA gardent une certaine sérénité…

«Nous ne sommes jamais à l’abri d’une erreur humaine mais régulation, anticipation et structuration restent les maîtres mots dans l’organisation de notre service»

Et comme l’a rappelé Roselyne Bachelot, ministre de la santé: «L'hôpital ne souffre pas d'un manque de moyens. Notre pays a les dépenses de santé par tête d'habitant parmi les plus élevées du monde» mettant en  avant l'augmentation de 3,2 % de l'enveloppe budgétaire de l'hôpital dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, adoptée en décembre, mais aussi les 7 500 places nouvelles et les 5 200 embauches réalisées de 2003 à 2007.

La réforme de l’hôpital demeure une des priorités du Président de la République pour l’année 2009.

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 05/01/2009 | Lu: 18248 fois