Assemblée générale de l'Aspap: mobilisation et communication à l'ordre du jour
23/02/2009 | 13:33
La salle de conférence des Forges de Pyrène à Montgailhard n’était pas assez vaste pour accueillir le public, adhérent et sympathisant, venu nombreux assister à l’Assemblée Générale de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées (Aspap).

Le bureau, réuni au complet, a égrainé l’actualité de l’année écoulée. Tout d’abord, Gérard Dubuc, co-président de l’association a rappelé le refus de l’Aspap de siéger au Groupe National Ours (GNO: groupe de travail lancé par le ministre pour gérer et prolonger le plan-ours) qui a pris le «tour d’une fronde pyrénéenne où aucun élu n’a siégé.

En 2008 nous avons obligé l’Etat à revoir sa copie. Nos arguments et le front pyrénéen de refus du groupe-ours l’ont conduit à réfléchir, suspendant sous notre pression toute introduction en 2008, comme en 2007. Aujourd’hui notre rapport sur les mensonges de l’Etat met en cause gravement l’administration de l’ours. L’Etat fléchira-t-il en 2009 ?
»

Le maire de St-Lary a ensuite lu un message envoyé par Henri Nayrou, député de l’Ariège et président de l’Anem, renouvelant son soutien à l’Aspap: «je suis contre la réintroduction des ours quels que soient les bouleversements et les tendances de l’opinion publique […] Ce ne sont pas les ours qui vont modifier la biodiversité.

L’élevage de montagne souffre beaucoup, la présence du prédateur n’arrange pas les choses […] il vaudrait mieux penser à la prime à l’herbe ou garantir l’ICHN(indemnités compensatoires de handicaps naturels) […] privilégier l’homme à l’espèce ursine […] face aux problèmes économiques cette réintroduction gadget parait bien dérisoire […] la bataille devant l’opinion publique doit être gagnée
»

Philippe Lacube, porte-parole de l’Aspap a remercié  François Toulis, président de la Chambre d’agriculture présent dans la salle, qui avait refusé de siéger à la préfecture de Région dans cette commission du groupe national ours… en paraissant plus réservé par la position de l’Anem: «on peut regretter que les représentants de l’Anem soit restés et aient siégé»

Le plan de renforcement des plantigrades arrive à son terme en 2009, Nathalie Kosciusko-Morizet est partie sans avoir obtenu l’acceptation sociale à sa poursuite.

Pour Philippe Lacube «Chantal Jouanno qui lui succède et que j’ai rencontré alors qu’elle n’était encore que conseillère à l’environnement de Nicolas Sarkozy parait être davantage à l’écoute […] elle m’a fait bonne impression»

Quant au GNO impulsé par le gouvernement: «nous n’en attendions rien et cela aurait été une erreur de notre part d’y siéger. Nous y étions minoritaires et le GNO n’avait pas d’autre objectif que d’arrêter les modalités d’application du plan ours […] c’était cadré d’avance, les alpins se sont fait piéger avec le plan loup, on n’allait pas se foire flouer avec ce GNO»

Hervé Peloffi, membre du conseil d’administration de l’Aspap a pris la parole pour évoquer le succès des Pastoralies qui ont accueilli le 8 août 2008 plus de 5000 personnes sur le plateau de Beille.

Pour Hélène Huez, secrétaire de l’association «il faut maintenant communiquer […] il y a trois ans quand nous avons créée l’Aspap nous avons fait un effort pour passer au-dessus de nos différences, faire front commun face à une figure imposée.

Certains ont pensé que l’on n’existait plus, que l’on pouvait s’approprier notre territoire […] il faut communiquer pour montrer que l’on existe, que la montagne est vivante, montrer la réalité du travail réalisé dans la montagne […] c’est pour cette raison que l’on relance les Pastoralies
»

Bruno Besche-Commenge a rappelé que selon un sondage de l’IFOP, l’Ariège avec 71% vient en tête de ceux qui disent non à la réintroduction, «un front commun contre le plantigrade existe déjà de part et d’autre les Pyrénées.

Nous avons organisé une manifestation commune d’abord avec les Asturies puis en Val d’Aran, une motion à été adoptée pour une charte des Pyrénées afin de s’opposer au grand prédateur […] La bataille contre l’incompréhension doit être gagnée
»

Claude Carrière, vice-président de l’Aspap a évoqué les prédations de l’année et les indemnisations: 128 dossiers contre 138 en 2007: «on nous dit qu’en 2008 c’est mieux qu’en 2007 mais de nombreux éleveurs n’ont pas déclaré les dégâts […] cela fausse les statistiques.

Les indemnisations s’élèvent à 74 000€ en 2007 contre 58 000€ en 2008 (alors que le plan ours coûte 2M€ par an), on remarque qu’il est de plus en plus facile de faire passer les dossiers en commission technique […] ainsi en indemnisant les éleveurs, on achète leur silence […] à tous ceux qui sont harcelés, ne quittez pas le territoire par respect pour nos ancêtres! Restons solidaires, l’Ariège est notre pays
»

La position de la fédération des chasseurs de l’Ariège a été évoquée lors de cette assemblée générale: «autant dans les Pyrénées Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales les fédérations sont solidaires avec nous, ce n’est le cas ni en Haute-Garonne, ni en Ariège où l’ours ne constitue pas un problème, d’après les responsables de la fédération des chasseurs de l’Ariège»

Le volet statutaire de l’association a mis au jour un certain équilibre budgétaire avec un solde de 3 800€.

Au niveau du bureau, Claude Carrière récemment nommé à la tête de la fédération pastorale a décidé d’arrêter la vice-présidence de l’Aspap, remplacé par le jeune Rémi Denjean de Montégut-Plantaurel. Le nouveau bureau se compose au niveau des co-présidents d’Olivier Ralu, Gérard Dubuc, Rémi Denjean, la secrétaire est toujours Hélène Huez et le trésorier André Quaranta.

Les perspectives pour 2009 s’orientent sur «l’action de terrain, encore et toujours, c’est là que se fait l’histoire, ajoute Olivier Ralu. Il faut maintenir la pression et communiquer sur ce qui se fait sur le terrain, tout en continuant le travail de fonds sur tous les dossiers en relation avec l’Espagne»

Enfin la réunion s’est terminée par la passation du flambeau des Pastoralies de Beille 2008 à Guzet 2009. Alain Naudy, maire d’Orlu à Alain Servat, maire d’Ustou et Alban Sentenac à Myriam Denamiel du Salat d’Ustou.

La soirée s’est achevée par un copieux buffet montagnard et un bal traditionnel animé par Pascal Respaud et les Biroussans.

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
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publié le: 23/02/2009 | 13:33 | Lu: 14948 fois