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La brebis «Montagne Noire», une race du piémont à redécouvrir
24/02/2009 | 13:48
Comme son nom l’indique, native des contreforts du Massif Central, cette race, la «Montagne Noire», est devenue peu à peu Pyrénéennes; on la trouvait il y a quelques années encore dans le Couserans, l’Ariège, le Lauragais ou dans le Gers.

Avec le temps et les croisements avec les races locales (Tarasconnaises, Castillonnaises), les troupeaux de «Montagne Noire» se sont raréfiés.

Aujourd’hui après un recensement précis en Midi-Pyrénées, on estime ses effectifs à 1300 brebis dans 17 élevages, souvent d’ailleurs en coexistence avec d’autres races ovines locales.

L’UPRA ovine des Pyrénées-Centrales, en relation avec la Chambre d’Agriculture et l’appui du Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées, a impulsé un programme d’actions, permettant de faire l’état des lieux et proposer un plan de sauvegarde: d’abord la rédaction d’un questionnaire en direction des éleveurs facilitant leur mise en réseau, ensuite la réalisation d’un document sur la race et sa représentativité, enfin une campagne de soutien aux éleveurs désireux de la réintroduire sur le piémont.

Depuis 2006, après la reconnaissance officielle de la race par les instances compétentes, des pistes de travail ont été mises en œuvre sur le territoire avec des enregistrements précis chez les éleveurs (carnet d’agnelage, déclaration de mises bas), des pesées régulières et le typage des béliers existants pour la résistante à la tremblante.

En 2007, 12 jeunes mâles sont entrés en pépinière afin d’évaluer leur potentiel et servir de base à une diffusion du standard de la race. Aujourd’hui l’on retrouve des «Montagnes Noires» en bordure du Plantaurel et en plaine du Pays des Portes d’Ariège.

C’est sur le canton du Mas d’Azil que nous avons rencontré Patrick Respaud, éleveurs des gasconnes mais également à la tête d’un cheptel ovin de 230 «Montagnes Noires»

Sur les 110 hectares de la propriété qu’il tient en Gaec avec son père, depuis peu à la retraite mais toujours très actif, 80 hectares de prairies naturelles sont dédiés aux pacages des moutons dont l’alimentation est complétée avec des céréales produites sur site (12 hectares de blé-maïs).

Pour ce jeune agriculteur le métier est contraignant, il faut constamment surveiller les agnelages, les nourrir, les soigner, les sortir mais il ne regrette pas un instant d’avoir suivi sa vocation.

«Je ne suis pas tout seul, mon père et mon grand père me donnent un coup de main […] l’un reste sur l’exploitation, l’autre peut monter au salon de l’agriculture de Paris ou faire les foires»

Cette race, Gérard Respaud la connaissait depuis longtemps: «elle a toujours existé sur le piémont mais il y avait trop de consanguinité et de croisements dans les élevages, explique l’éleveur, c’est pour cette raison que la race s’est perdue»

Contrairement aux Tarasconnaises, race emblématique du département de l’Ariège réputée pour sa rusticité, les «Montagne Noires» ne transhument pas, elles n’ont pas de cornes ni une toison aussi fournie que leurs cousines de Haute-Ariège.

La «Montagne Noire» est reconnaissable par sa morphologie bien particulière: la couleur de la tête de ces brebis est souvent mouchetée de taches foncées, de petite taille, leur poids varie entre 50 à 60kg pour une femelle et de 70 à 80kg pour un mâle, leur silhouette ramassée, les épaules développées, le gigot arrondi, les membres courts et fins constitue des atouts supplémentaires pour les bouchers locaux qui les commercialisent en filières courtes.

Une race à redécouvrir… dans les splendides paysages de piémont ou dans nos assiettes!

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 24/02/2009 | Lu: 29166 fois